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Repenser les Solutions d'Entreprise... (RSE)!


La déclaration du Président des Etats Unis le 24 septembre dernier en vue de relancer la pression sur « la conduite responsable des affaires », apparaît comme un avertissement, alors que les mesures de régulation vont et viennent entre la sphère publique et la sphère privée. Les Etats et l'opinion ont le sentiment que le business les laisse un peu seuls face à la criticité croissante des enjeux globaux. Dur de gouverner des entreprises sur des marchés volatils et sans visibilité mais plus dur encore de trouver des modes de gouvernance qui font consensus dans les démocraties développées dès lors qu'il faut revoir les modes de taxation, d'accès au marché et les contraintes diverses au détriment des acteurs en place...



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
La RSE devrait servir à rapprocher les points de vue. Mais cela suppose qu'elle soit plus qu'un affichage de bonne volonté, quoi ce ne soit déjà pas si mal s'il s'agit de considérer que les préoccupations de l'opinion sur le climat, les ressources, l'emploi local etc qui sont aussi les préoccupations de l'entreprise. Mais, comment prendre en charge dans la recherche, dans le marketing, dans les achats et la gestion sociale des formes de collaboration qui répondent à des façons très différentes de « puiser la ressource sans l'épuiser »... ? En fait, il se passe au travers de la RSE un phénomène qui rapproche les entreprises du reste de la société civile : les changements viennent d'en bas et non plus d'en haut. Les instances d'en haut commandent mais ne dirigent plus ; les personnes à la base réinventent leur mode relationnel et proposent des tas d'innovations qui sont aussi déstabilisantes qu'inhabituelles et à ce titre lourdes de potentialités si on les laisse vivre.. Il se réinvente dans le rapport à l'écosystème vécu de façon solidaire, dans la prise en charge de communautés perçues comme d'autres dimensions du marché et dans une appropriation des marques captée sans limites, une vie de l'entreprise qui échappe au cadre de pilotage classique et institutionnel. C'est ce qui fait que tout un chacun a une idée de ce que devrait faire Peugeot ou L'Oréal et que les entreprises ont le sentiment croissant « de ne plus s'appartenir »... Oui la réinvention du monde (cf. dernier opus d'Alain Minc qui découvre cette « réinvention de la France à la base ») est en marche dans nos entreprises et c'est ce qu'incarne le mouvement RSE qui attire tant de jeunes, comme si tout à coup il fallait ouvrir toutes les portes, toutes les fenêtres et tous les bureaux, du Board à l'atelier, pour que les uns et les autres aient envie de les franchir et de s'y installer... Qu'on cesse de parler de la RSE comme un cadre normatif, ce serait bien. Encore plus d'un cadre légal qu'elle n'a jamais été et qu'elle ne sera jamais car la liberté de produire et d'agir en société doit rester libre –dans le cadre légal – n'en déplaise aux nostalgiques du tout Etat. Si on a besoin de méthodes et d'outils pour l'accélérer, la RSE n'en reste pas moins la dernière idée puissante et créative du management pour relier l'entreprise et la société, par la transparence, le dialogue et l'innovation. Plongez-vous dans le livre passionnant de Rifkin sur le futur de cette économie collaborative et vous verrez mieux comment la RSE n'est pas une contrainte mais une liberté formidable...

Patrick d’Humières
www.institutrse.com

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Jeudi 16 Octobre 2014
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1.Posté par Youcef DRIDI le 16/10/2014 16:43 | Alerter
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Cher Monsieur D'Humières,


En effet, de plus en plus d'initiatives laissent à penser que le monde de l'entreprise cherche à se déconnecter du monde de la finance et se rapprocher davantage de la société civile. Ce rapprochement est encore timide et atomisé, mais la tendance de fond est bien là.

Nous étions jusqu’à il y a quelques décennies dans une économie dite de marché, où le capitalisme était un modèle soutenant l’esprit d’entreprise et la prise de risque :

1. Les gouvernements collectaient les taxes, en échange de la mise à disposition d’infrastructures, d’un système d’éducation et d’un système de santé
2. Les entreprises produisaient, et vendaient leurs biens et services
3. Les individus contribuaient à cette production, et achetaient ces mêmes biens et services
4. Les banques servaient de véhicule pour redistribuer la masse monétaire collectée aux entreprises, individus et gouvernements

Le vers est entré dans le fruit lorsque les gouvernements ont donné aux banques, le pouvoir d’imprimer l’argent (physique et virtuel). Cet abandon de pouvoir nous a mené là où nous en sommes aujourd’hui :

• Un marché de la dette (marché des taux d’intérêt), complètement déconnecté de l’économie réelle : $ 8 000 milliards de transactions/jour. C’est dans ce marché virtuel que l’on retrouve les subprimes, les produits dérivés et autres produits hautement spéculatifs
• Un marché des changes (Forex), où l’essentiel des transactions se fait de gré à gré, c’est à dire sans contrôle et largement soumis aux mouvements spéculatifs également. Ce marché s’élevait en 2007 à $ 3 200 milliards de transactions / jour.

A titre de comparaison, le volume du marché des actions (c’est à dire des entreprises de l’économie réelle), s’élève à $ 500 milliards/jour (échange d’actions, indices boursiers et produits dérivés compris). La crise financière de 2007 a coûté à ce jour $ 5 000 milliards, et les factures continuent à se présenter : cela ne représente qu’une ½ journée de transactions d’un marché spéculatif fictif, et une dizaine de jours de transactions de l’économie réelle.

Dans la zone euro, le PIB était en 2006 de 8 378 milliards d’euros alors que les masses monétaires étaient respectivement de 3 756 (M1), 6 728 (M2) et 7 788 milliards d’euros (M3). La vitesse de circulation a donc été de 2,23 fois M1, de 1,25 fois M2 ou de 1,08 fois M3, selon le choix de présentation d’un agrégat du plus liquide vers le moins liquide.

Dans l’économie réelle, la valeur de la vitesse de circulation a une borne inférieure nulle (la vitesse ne peut pas devenir négative) mais n’a pas de raison d’être bornée supérieurement. Elle peut être supérieure ou inférieure à 1, qui ne représente aucune signification particulière : dans l’économie réelle, lorsqu’une unité de monnaie est dépensée par un agent économique, celui-ci ne va pas forcément garder cette monnaie pour lui, mais va lui-même en dépenser tout ou partie.

Dans l’économie virtuelle (celle du marché de la dette par exemple), la vitesse de la circulation de cette monnaie fictive est essentielle à la création de profits spéculatifs : d’où la création de transactions à haute fréquence.

Pourtant, lors de crise financière, c’est l’économie réelle qui a supporté le coût intégral de la crise et qui continue de le faire, grâce à l’argent du contribuable. Comble du scandale, nos gouvernements ont emprunté aux banques de quoi les refinancer ! Et aujourd’hui on essaie de nous convaincre que nous sommes trop endettés et qu’il faut donc serrer la ceinture!

En juillet 2009, les transactions à haute fréquence généraient 73 % du volume de négociation d’actions sur les marchés des États-Unis. En juillet 2011, le temps moyen de détention d’une action américaine était estimé à 22 secondes.

Vu les interactions entre la sphère financière et la sphère réelle, l’économie réelle est de plus en plus à la merci des dysfonctionnements de l’économie financière et virtuelle. Lors d’un krach financier les pertes subies par les banques les contraignent à réduire les crédits. La restriction des crédits alloués est l’une des principales voies de transmission des crises financières à la sphère réelle, et à la récession que nous subissons depuis des années, et qui n'est pas prête de s'arrêter...

• Comment peut-on raisonnablement espérer que seule l’économie réelle puisse compenser des krachs financiers virtuels ?
• Le bon sens dans ce cas ne serait-il pas de contraindre la sphère financière de payer les factures de ses propres erreurs ?
• Ne devrions pas accroître la taille de la sphère réelle, par la participation directe de la sphère financière, sous forme d’une taxe sur les transactions à haute fréquence, hautement spéculatives ?

Merci de votre attention.

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