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Les défaillances d’entreprises au plus haut ce 3ème trimestre 2013


13 140 jugements (+ 7,6 %) dont 12 790 redressements et liquidations judiciaires (+ 7,5 %) et 350 procédures de sauvegardes (+ 11 %).



12 790 entreprises en dépôt de bilan : une situation similaire à 2009

Sur le front des redressements ou liquidations judiciaires (RJ/LJ), le deuxième trimestre 2013 avait débuté par un mauvais mois d’avril (+ 16 % par rapport à la même période en 2012) suivi de deux mois restés compliqués (+ 4 %). Ce troisième trimestre reproduit le scénario avec un mois de juillet très lourd durant lequel plus de 5 400 entreprises ont été déclarées en cessation de paiement (+ 8 %). La légère amélioration observée sur août et la stabilisation sur septembre n’ont pas permis d’inverser la tendance. Le troisième trimestre s’achève donc sur une hausse de 7,5 % du nombre de RJ/LJ par rapport à la même période 2012. 12 790 entreprises ont ainsi déposé le bilan, soit un nombre comparable à celui observé au cours de l’été 2009 (12 657).

Les sauvegardes, dispositif de prévention destiné aux entreprises qui ne sont pas en état de cessation des paiements, restent peu nombreuses et représentent moins de 3 % de l’ensemble des procédures collectives. Cependant, leur nombre augmente. Ce trimestre, 350 ouvertures de sauvegardes (+ 11,1 %) ont été accordées, un volume jamais atteint durant une période estivale depuis 2006 année quand cette nouvelle procédure a été mise en place.

Avec 90 % des défaillances, les TPE de moins de 10 salariés paient un lourd tribut ce trimestre

Les statistiques de défaillances sont tirées par les TPE de moins de 10 salariés qui concentrent plus de neuf défaillances sur dix. Les PME d’au moins 50 salariés ne sont pas épargnées ; 112 ont défailli (dont 92 RJ/LJ), chiffre au plus haut depuis 2009 qui en comptait une quarantaine de plus. Dans ces conditions, le nombre d’emplois directs menacés par une procédure collective approchent encore 53 000 (+ 5 %) mais ce sont près de 6 000 emplois qui ont été préservés par rapport à la même période 2009. La crise avait lourdement frappé l’industrie manufacturière qui perdait alors 900 sociétés au cours de l’été 2009 ; ce troisième trimestre 2013, elles sont 650.

Désormais, et depuis plusieurs mois déjà, ce sont les métiers orientés vers le particulier, affectés par la panne de la consommation, qui sont les plus fragilisés.

Le Nord-Pas-de-Calais enregistre sur trois mois une augmentation forte (+ 30 %). L’Alsace, l’Aquitaine et le Centre sont également dans le rouge (+ 16 %). Dans des volumes moindres, la Corse affiche une hausse lourde (+ 65 %). A l’inverse, la Lorraine et la Franche-Comté résistent.

Les défaillances d’entreprises au plus haut ce 3ème trimestre 2013

L’analyse de Thierry Millon, Responsable des Etudes ALTARES

« Les entreprises tournées vers le consommateur sont fortement pénalisées par la faible consommation des ménages. De nombreux acteurs économiques sont contraints de faire des parties de « cash cache » ce qui les épuise financièrement et aboutit à la cessation de paiement. La connaissance fine des partenaires est une clé indispensable permettant d’appréhender de manière optimale les relations commerciales ».

« Cinq ans après la crise financière, l’économie est toujours convalescente. La dépense de consommation des ménages, contribuant pour environ 55 % au PIB, est le moteur traditionnel de la croissance en France. Or, les ménages doivent composer avec une baisse du pouvoir d’achat et un niveau de chômage élevé, les amenant à opérer des arbitrages stricts et donc une contraction de certaines dépenses notamment dans les biens manufacturés et les services à la personne.

En conséquence, depuis un an, les difficultés rencontrées par les métiers orientés vers le consommateur se traduisent par une recrudescence des dépôts de bilan. Sur les neuf premiers mois de l’année plus de 31 000 micro entreprises de moins de 3 salariés ont été contraintes de déposer le bilan. La panne de consommation pèse sur certains commerces de détail et particulièrement dans les produits de bricolage et équipement du foyer dont le nombre de défaillances bondit de 28 % ce trimestre. Ce coup de froid fragilise en amont les grossistes tels que ceux du négoce de biens domestiques comme l’électroménager et le meuble où les défaillances s’accélèrent (+ 26 %).

L’industrie manufacturière et les services aux entreprises n’échappent pas à ce climat d’incertitude mais plus qu’une absence de marché, quoique les carnets peuvent peiner à se remplir, c’est encore souvent le manque de cash et de trésorerie nécessaire à accompagner la reprise qui font défaut aux acteurs. Outre leur manque de fonds propres, les sociétés défaillantes ce trimestre se caractérisent pour beaucoup par une exploitation très gourmande en cash.

Le poste clients, c’est-à-dire l’argent « dehors » représente 30 % du total de l’actif. Les sociétés doivent alors trouver du financement pour compenser ce chiffre d’affaires pas encore rentré. Les préteurs financiers sont sollicités mais ce recours, lorsqu’il aboutit, génère une charge financière. Le « refuge » fournisseur est donc privilégié. Si l’équilibre clients-fournisseurs est alors financièrement trouvé, la question du manque de cash reste en suspens et l’argent qui était dehors reste dehors. Dans cette partie de « cash cache », la société non seulement ne peut pas envisager d’investir mais se trouve rapidement à bout de souffle et la constatation de la cessation de paiement est l’issue attendue.

Les fournisseurs qui acceptent ce transfert du risque vers leur propre entreprise pourront être à leur tour contraints de déposer le bilan ; rappelons-le, le retard de paiement est à l’origine d’une défaillance sur quatre. C’est pourquoi dans ce contexte où les acteurs du B2C sont en première ligne, acteurs généralement de taille faible ou moyenne et donc moins visibles dans les portefeuilles clients, les fournisseurs doivent, redoubler de vigilance ; il en va de la préservation de leur cash, essentiel pour rester réactifs, agiles et croître durablement. »

ALTARES

Jeudi 17 Octobre 2013
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