Digital Finance, Cryptofinance Daily News | Innovation, Transformation


              



Sur le partage de la valeur ajoutée…


On entend depuis longtemps, et ce discours revient à la une à l’occasion de la crise, que le partage de la valeur ajoutée a évolué au détriment des salariés et en faveur des actionnaires. Le partage travail/capital se ferait de plus en plus en faveur du second. Et tous les discours d’inspiration marxiste, avouée ou non, de surenchérir sur l’exploitation des travailleurs par les méchants patrons qui s’en mettent plein les poches…



Sur le partage de la valeur ajoutée…
On oublie un acteur dans cette tragicomédie : l’Etat. Car c’est lui qui se sert en premier, et de la plus grosse part. On connaît ce chiffre : la somme des valeurs ajoutées au niveau d’un pays c’est le «PIB», et la somme des impôts, cotisations et taxes se mesure par le «taux de prélèvement obligatoire» (Etat + prestations sociales + collectivités locales) et il s’élève à 44%.

Donc le scénario est le suivant : l’Etat commence par se servir de presque la moitié des richesses crées en France, et ensuite les entreprises font ce qu’elles peuvent pour payer leurs salariés, continuer d’investir pour maintenir leur compétitivité puis, éventuellement, elles rémunèrent leurs actionnaires qui arrivent, on le voit, en fin de course.

Car les polémiques sur les «supers profits» de Total ou de quelques autres sociétés du CAC40 ne doivent pas masquer le fait que le tissu économique de la France est constitué de PME dont la rentabilité est faible. Et, toute choses égales par ailleurs, faire pencher la balance du côté des salariés au détriment des entreprises conduirait automatiquement à des licenciements et à des fermetures d’entreprises.

La solution pour augmenter le pouvoir d’achat, ainsi que la compétitivité des entreprises (qui en ont bien besoin), est donc très simple : il faut baisser les prélèvements publics. L’Etat doit moins dépenser, obliger les collectivités locales à être plus économes, et mieux gérer les prestations sociales. Et avec la crise actuelle et l’explosion de la dette publique, cela devient urgent.

Bizarrement, comme pour éviter que l’on se rende compte du poids déterminant de la dépense publique, les statistiques officielles de l’Insee sur le partage de la valeur ajoutée ne distinguent pas l’Etat en tant que tel mais mélangent maladroitement et de façon artificielle les impôts entre le capital et le travail (cf l’article de Wikipedia «Le partage de la valeur ajoutée»). Comme s’il fallait rester dans une opposition frontale entre les salariés et les patrons sans s’interroger sur la place de l’Etat… A-t-on peur que les Français comprennent vraiment les termes du débat ?

Philippe Herlin
Chercheur en finance
www.philippeherlin.com

Vendredi 27 Mars 2009
Notez


DISCUSS / DISCUTER

1.Posté par ric le 31/12/2010 09:01 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Donc le scénario est le suivant : l’Etat commence par se servir de presque la moitié des richesses crées en France, et ensuite les entreprises font ce qu’elles peuvent pour payer leurs salarié


Grotesque. La plupart des prélèvements obligatoires sont reversées aux français. Ces prélèvements financent aussi les infrastructures qui permettent aux entreprises de fonctionner.


Les derniers articles publiés sur Finyear

Recevez notre newsletter quotidienne comme plus de 40.000 professionnels de la gestion et de l'innovation financières


LE TRESORIER


Cryptocurrencies


Finyear - Daily News