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Les STO permettent aux start-up de se financer plus vite


Les jetons numériques via «security token offering» permettent aux start-up de se financer plus vite que par une IPO, selon Andreas Müller de Capco.



L’exploitant de la Bourse suisse, la SIX, va lancer en seconde moitié d’année sa propre plateforme basée sur la chaîne de blocs («blockchain») permettant l’échange non seulement de crypto-actifs mais aussi de toutes sortes de titres. Cette structure, appelée SIX Digital Exchange (SDX), devrait débuter ses activités à la fin de l’été, comme l’a dévoilé à l’agence Reuters mercredi Romeo Lacher, le président de la SIX, en marge d’une conférence organisée par le Swiss Finance Institute et la société de conseil Capco. Lors du SFI-Capco Institute Banking & Finance Forum 2019, il a été notamment aussi questions des nouvelles approches comme les «Initial Coin Offering» (ICO) permettant à des entreprises de lever des fonds, une alternative aux opérations d’entrées en bourse classiques (IPO).

Le point avec Andreas Müller, expert de ces questions chez Capco.

Ces dernières années, certains experts ont affirmé que les ICO («Initial Coin Offering») allaient progressivement remplacer les levées de fonds classiques via une entrée en bourse (IPO), du moins en ce qui concerne les start-up. Avec un peu de recul, quels sont les avantages et inconvénients des ICO par rapport à d’autres formes de financement ?

Les ICO ont apporté beaucoup d’avantages surtout pour les start-up elles-mêmes qui ont ainsi pu récolter des fonds rapidement de cette manière. Pendant la phase initiale d’euphorie, il a été très facile pour certaines start-up, par exemple celles actives dans les crypto-monnaies, d’obtenir de l’argent de la part d’investisseurs ou de particuliers – et cela sans offrir aucune garantie concernant l’octroi de contre-prestations! Cela a conduit à des excès et des abus. Et il est arrivé ce qui devait arriver, certains projets n’ont pas tenu leurs promesses – dans certains cas, les investisseurs ont même tout perdu. Dans leur forme initiale, les ICO couraient à l’échec.

Pourquoi ? Dans le fond, l’idée de mettre directement en relation, sans intermédiaire, des personnes qui recherchent de l’argent avec d’autres qui, elles sont disposées à investir de l’argent était plutôt bonne…

En théorie, oui. L’idée de base de l’ICO s’inspire du crowdfunding. L’investisseur, comme le donneur, place ou octroie de l’argent permettant de financer un futur produit, service ou une quelconque prestation. Les participants mettent à disposition de l’argent à un entrepreneur en l’échange d’une promesse – la promesse qu’ils parviendront à développer avec succès leur idée.

Sans autre garantie ?

Oui, et c’est là que l’on aborde le côté négatif de l’ICO. En échange du «token» ou jeton numérique, obtenu, ils ne disposent d’aucun droit sur le plan juridique, du moins sous leur forme initiale de «utility coin».

Tous les risques sont du côté des investisseurs ?

Oui. Mais il est aussi à relever que ceux-ci étaient souvent prêts à prendre de très grands risques - dans l’idée de profiter rapidement de l’augmentation de valeur de leur «token». Prenons le cas d’une start-up qui développerait, par exemple, une place de marché pour le stockage de données dans le «cloud». La majorité des investisseurs qui ont acheté le «token» n’étaient pas vraiment intéressés à pouvoir bénéficier du service auquel donne droit un tel jeton numérique. Ils n’ont pas acheté le «token» pour bénéficier de la place de stockage sur le «cloud» - mais avant tout parce qu’ils espéraient pouvoir revendre plus cher le jeton numérique acquis. Et compte tenu de la «hype» qu’il y avait dans ce domaine, on a assisté à une phase de hausse rapide de la valeur de ces jetons, suivie le plus souvent par une chute tout aussi rapide de ceux-ci. Les «token» n’ont pas assuré leur rôle d’instrument de conservation de la valeur. Aujourd’hui, je pense que l’on doit proposer aux investisseurs davantage qu’une simple promesse – même si l’idée de base de l’ICO, soit la possibilité de lever plus rapidement et plus tôt des fonds par une start-up, reste valable.

Le concept de «security token offering» (STO), très discuté actuellement, doit justement permettre de remédier à ces erreurs de jeunesse. Les jetons proposés sous forme de «security token», qui donnent droit à une part dans l’entreprise, sont-ils dès lors plus proches des actions ?

Les droits accordés aux investisseurs dans le cadre d’une STO rapprochent cet instrument conceptuellement d’une action. Via une STO, l’investisseur obtient une valeur réelle dans la société en contrepartie de l’argent qu’il a investi. La protection accordée aux investisseurs est effectivement plus élevée.

C’est donc une sorte d’étape intermédiaire entre l’ICO et l’IPO ?

Oui. Et c’est l’un des grands avantages des STO d’être à mi-chemin entre ces deux formes de financement. D’un côté, l’investisseur obtient davantage de droits. De l’autre, les start-up ou sociétés qui veulent lever des fonds de cette manière peuvent ainsi plus rapidement obtenir des capitaux et à moindre coûts. L’un des problèmes de nombreuses start-up est qu’elles ont souvent accès au capital nécessaire à leur croissance trop tard.

Qu’il s’agisse de financement sous forme d’ICO, d’IPO ou de capital-risque, la question de l’évaluation de la qualité des projets reste fondamentale. En tant que société de conseil, que regardez-vous d’abord lorsque vous rencontrez une start-up?

Nous voulons d’abord nous faire nous-même une idée de la qualité d’une société. Notre principe est d’évaluer la qualité et les compétences d’une équipe – pas seulement de regarder son modèle d’affaires. Ensuite – et c’est là que nous pouvons apporter des conseils importants aux entreprises -, nous évaluons quelles sont les juridictions les plus appropriées pour une société, la forme légale à choisir, etc. S’y ajoute un soutien dans le domaine de la recherche ou l’évaluation d’aspects techniques liés aux crypto-actifs – par exemple, les «smart contracts». Enfin, la question de la cotation des jetons numériques sur une place boursière donnée se pose. A ce sujet, les efforts de la SIX dans de domaine, qui devrait lancer une telle plateforme en seconde moitié d’année, sont à saluer car ils contribueront à renforcer la confiance dans ce type d’opérations.

L’arrivée d’acteurs établis comme la SIX permettra-t-elle à termes aux investisseurs institutionnels d’investir par le biais de STO ?

Peut-être pas tout de suite. Dans une première phase, je pense que ce seront probablement des «family offices» ou des représentants de personnes très fortunées (HNWI) qui vont le faire d’abord. Peu à peu, je pense néanmoins que des acteurs établis vont aussi s’y intéresser.

Dans le domaine de la numérisation, à quels thèmes vous intéressez-vous particulièrement actuellement ?

La tokenisation dans l’immobilier me paraît un domaine particulièrement intéressant à suivre. En effet, cela permet à une société ou à une personne qui achète un bien immobilier de revendre certaines parties d’un immeuble à des investisseurs tiers qui, sinon, n’auraient pas accès à ce marché. Il en va de même pour la «tokenisation» de certains objets, par exemple des œuvres d’art. Tout le monde ne peut pas acheter un tableau d’un peintre célèbre – avec la «tokenisation», il sera possible d’en acquérir une partie si l’on intéresse aux investissements dans l’art par exemple.

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Vendredi 8 Février 2019
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