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La réforme du système financier international


C’est généralement l’usage de parler de l’après-crise lorsqu’on se trouve en plein au milieu du gué, pour exorciser les craintes du présent. Livrons-nous donc à cet exercice, en ce qui concerne l’avenir du secteur financier mondial.



La réforme du système financier international
Voici les cinq réformes qu’il est urgent de mettre en chantier dès aujourd’hui :

1) Mieux règlementer les secteurs bancaires nationaux
Il est clair que les Etats-Unis sont le principal responsable de la crise financière, à travers les mécanismes des crédits « subprimes » et de l’abus de la titrisation qui en a résulté. Deux dispositifs doivent, en particulier, être élaborés : subordonner l’attribution de crédits immobiliers à la solvabilité du client (et non pas de la valeur du collatéral, le bien acheté) ; limiter le « leverage » des banques d’affaires (on se souviendra qu’au moment de la faillite, Lehman Brothers disposait d’un effet de levier de 30, c'est-à-dire que les dettes de l’établissement bancaire étaient égales à 30 fois les capitaux propres !)
Chaque pays devra donc faire son analyse de la situation, pour redonner plus de sécurité à son système bancaire.

2) Introduire une plus grande transparence, au niveau des opérations financières.
Cette disposition concerne surtout les opérations de gré-à-gré, donc qui ne font pas l’objet de cotation. On peut citer, à titre d’illustration : les produits dérivés (et en particulier les « credit swaps ») et les CDO (« collateral debt obligations »). Il faut mettre au point un mécanisme d’enregistrement officiel et donc « consultable » de ces opérations, sous la supervision d’un organisme (AMF ou Commission Bancaire en France) susceptible d’intervenir lorsque le risque systématique s’accroit dangereusement.
Il est également souhaitable d’avoir une meilleure supervision des « hedge funds », ce qui implique un encadrement plus strict des « paradis fiscaux », susceptibles d’accueillir ces « funds » (cf. point4)

3) Repenser le statut des agences de notation
Celles-ci se sont retrouvées en porte-à-faux, lors de l’évaluation des CDO, des SIV (« Special Investment Vehicules ») ou des sociétés monoline (« rehausseurs de crédit »), dans la mesure où elles n’ont pas su percevoir le risque réel de ces produits ou entités. Fondamentalement, l’objectivité de ces agences peut être biaisée par le fait qu’elles sont rétribuées par les émetteurs et non par les investisseurs !
Une solution serait de créer des agences indépendantes rémunérées par un organisme international (voir point 5)

4) Renforcer la gouvernance internationale
La profondeur et la soudaineté de la crise ont redonné du poids aux Etats et à la concertation régionale. Il faudrait profiter de ces circonstances particulières pour aller plus loin dans la direction d’une véritable gouvernance financière mondiale.
3 domaines peuvent faire l’objet de réflexions interétatiques, à savoir :
- Les paradis fiscaux
Une négociation pourrait les inciter à mieux collaborer avec le reste du monde les menaçant de taxer toutes les transactions vers ces pays, en cas de refus d’obtempérer.
- Les aides financières aux pays en difficulté
Elles seront mises en place par un FMI rénové (cf.point 5)
- Les matières premières agricoles
Dans la mesure où elles sont déterminantes dans la lutte contre la faim et la pauvreté, il est criminel de laisser le champ libre aux marchés (et en particulier aux « commodities derivatives », produits dérivés sur matières premières)
Il faut donc réactiver les accords de stabilisation des produits agricoles, avec constitution éventuelle de stocks régulateurs et arbitrage sur les marchés.

5) Rénover le Fonds Monétaire International
Il faut, bien sûr, augmenter ses ressources pour lui permettre d’intervenir, sur un nombre plus grand de pays avec des « munitions »plus conséquentes, éventuellement de concert avec d’autres organismes appropriés (par exemple au côté de l’Union Européenne, pour aider la Hongrie) ou, au contraire, en solitaire (Islande, Pakistan, etc)
Par ailleurs, il devrait élargir ses attributions. On peut penser à la création d’une filiale dédiée à l’activité de notation (point 3) et d’une autre consacrée aux matières premières agricoles (point 4).
Naturellement, cette liste n’est pas exhaustive et peut prêter à discussion. L’important est de commencer à préparer « la sortie de crise » dès aujourd’hui.

Bernard MAROIS
Président Club Finance HEC

Lundi 1 Décembre 2008
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