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Japon : trop loin ou trop proche ?


Le Japon est aux antipodes de la France, un Archipel à l’Est du continent Eurasiatique. La nature l’a peu favorisé : l’île est sismique, montagneuse, dispose de très peu de ressources naturelles ; elle subit parfois des typhons très redoutés et, exceptionnellement, des Tsunamis dont le dernier a eu des conséquences nucléaires dramatiques. Pourtant, le Japon a généré une civilisation exceptionnelle, une culture et un peuple qui fascine ou inquiète, mais ne laisse personne indifférent. Le Japon nous semble très loin et aussi, finalement, très proche.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
D’un point de vue économique, le modèle japonais, qui est fondé sur le mercantilisme, est proche du modèle allemand : quand on n’a pas de matières premières, il faut être fort à l’exportation, et tirer sa croissance de sa capacité à conquérir des marchés étrangers.

Le Japon est confronté depuis longtemps à la déflation. Il est aussi confronté à des rigidités structurelles qui ne sont pas sans rappeler les nôtres. C’est, d’une certaine façon, ce qui nous rapproche. Nous ne reviendrons pas sur les tenants et les aboutissants de ce qu’on appelle « la déflation », qui tue la croissance et peut avoir des conséquences absolument dramatiques, et dont on parle de plus en plus en Europe (le FMI a quantifié à 20 % la possibilité d’une déflation européenne). Nous voulons simplement rappeler que depuis le début de l’année dernière, le Premier Ministre M. Shinzo Abe, tente « le tout pour le tout », pour sortir son pays et son peuple de la déflation. Il a le soutien politique des deux Chambres et bénéficie ainsi de la visibilité nécessaire à une telle action. « Les trois flèches » ont été décochées (relance budgétaire, monétaire, et de la sphère privée, notamment via des mesures de modernisation de l’économie). Force est de constater que la cible est lointaine, et, pour l’instant, ratée.

Nous nous inquiétons aujourd’hui d’une correction boursière brutale du Japon. La probabilité d’une telle baisse des cours est renforcée par plusieurs éléments :

1/ La hausse de la TVA de 5 à 8 % : nous suivons « comme le lait sur le feu », les conséquences de ce choc négatif de la demande. Rappelons qu’il a été décidé, pour tenter de limiter le déficit budgétaire japonais (10 % du PIB estimé par le FMI), qui a enflé en raison de la « première flèche », le plan de relance publique de début 2013… En 1997, une hausse comparable de la TVA avait suscité un effondrement de 13 % de la consommation le trimestre suivant, et avait plongé le pays dans la récession… La chute impressionnante de l’indicateur « Economy Watcher Survey » démontre que la hausse de la TVA va peut-être plonger le Japon dans la récession. La baisse de cet indicateur (voir graphe de la semaine) est aussi importante qu’en mars 2011, lorsque le Japon avait été confronté au Tsunami…

2/ La baisse du Nikkei commence à devenir inquiétante. Nous avions évoqué ce sujet dans notre présentation mensuelle de conjoncture économique, financière et boursière du 1er avril, mais d’un point de vue technique l’indice Nikkei est au bord du précipice : il a enfoncé sa moyenne mobile sur un an. Cela montre que « le marché » a bien compris tout l’enjeu de la hausse de la TVA, et le risque considérable pris par M. ABE, alors que la croissance de l’Archipel a beaucoup déçu au quatrième trimestre.
Autant dire que la pression monte sur la Banque du Japon, et que les attentes des investisseurs au sujet de nouveaux achats de la Banque centrale sont considérables. Le Nikkei n’évitera une baisse importante que par une forte dépréciation du yen : « la guerre des changes » va bientôt être relancée. C’est une mauvaise nouvelle.

Erratum : contrairement à ce que nous avions indiqué dans notre lettre précédente, ce n’est pas Mme Fleur PELERIN qui est en charge des affaires européennes au sein du gouvernement de M. VALLS, mais M. Harlem DESIR. Le sens de notre commentaire ne change évidemment pas (au contraire…).

Lettre hebdo du 11 Avril 2014

Eric Galiègue
VALQUANT

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Vendredi 25 Avril 2014
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