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France : vers la dissolution... de la croissance


La semaine dernière, nous commencions notre humeur par une exclamation interrogative enthousiaste : « Mais où s'arrêtera Mario Draghi ? », soulignant la chance que la zone euro avait d'avoir ce dernier à la tête de la BCE. Aujourd'hui, une autre question similaire se pose, mais avec beaucoup moins d'enthousiasme : « où s'arrêtera la descente aux enfers de François Hollande, du gouvernement Valls et plus globalement de la France ? »



Marc Touati
Marc Touati
En effet, disons-le clairement : nous sommes très inquiets pour l'avenir de notre économie et de notre douce France. Certes, cela fait une dizaine d'années que nous exprimons régulièrement nos inquiétudes en la matière. Seulement voilà, plus les années passent, plus le fossé se creuse entre l'efficacité économico-sociale et la politique hexagonale.

La récente « opération vérité » de Monsieur Sapin sur les comptes publics n'y change rien. Et pour cause : cela fait un an que nous anticipons un déficit public d'environ 4,5 % du PIB pour l'année 2014. Or, nous ne sommes pas devins. Nous essayons simplement de regarder la réalité en face et d'avoir du bon sens : depuis plus d'un an, toutes les personnes censées savaient qu'avec les mesures prises par le gouvernement (notamment en matière fiscale), il était impossible de retrouver le chemin de la croissance forte et, par là même, de réduire le chômage et les déficits publics.

Nous faisions d'ailleurs la même analyse l'année précédente, mais aussi celles d'avant, et également depuis bientôt dix ans : pour relancer sa croissance, la France doit abaisser et simplifier la pression fiscale pour tous (entreprises et ménages), réduire drastiquement les dépenses publiques (notamment de fonctionnement) et moderniser son marché du travail. Dans la mesure où aucune de ces mesures n'ont été engagées sérieusement, il est presque devenu facile de faire des prévisions pour l'économie française : ce sera toujours moins de croissance, plus de chômage, plus de déficit et plus de dette.

Nous le reconnaissons humblement : nous n'avons aucun mérite à avoir prévu avec justesse le niveau des déficits publics français depuis des années. Il suffisait de ne pas se laisser aveugler par la méthode Coué, le marketing et/ou la connivence.

Le problème est qu'à force d'avoir manqué constamment à leurs engagements, les dirigeants du pays ont perdu l'essentiel : la crédibilité. Or, sans crédibilité, pas de confiance ; sans confiance, pas de croissance, donc davantage de déficit et de défiance et le cercle pernicieux continue.

Pour autant, tant que les Français paient leurs impôts, l'Etat est assuré de financer une partie de ses dépenses, le différentiel étant comblé par le recours au déficit. C'est justement là que le bât blesse. Car, si l'ampleur de la dette publique français n'effraie toujours pas les investisseurs internationaux, c'est notamment parce qu'ils gardent confiance dans le principal actif de l'Etat : le droit de lever l'impôt. Si cette faculté s'amenuise, tout le château de carte du financement des déficits et de la dette s'effondre. Or, c'est justement ce qui est en train de se produire doucement mais sûrement.

En effet, au-delà des députés et ministres éphémères qui oublient de payer leurs impôts ou pratiquent la fraude fiscale, de plus en plus de contribuables honnêtes (qu'ils soient particuliers ou entreprises) n'ont plus de ressources suffisantes pour acquitter leurs impôts et sont contraints de demander des délais ou des remises à l'administration fiscale.

Autrement dit, déjà à la peine depuis quelques années, les recettes fiscales seront de plus en plus inférieures aux prévisions gouvernementales. D'où plus de déficit et moins de crédibilité. Face à ce discrédit, il est clair que, comme nous l'écrivons depuis plusieurs mois, la note de la dette publique française sera fortement abaissée dans les prochains jours.

D'où une dernière question : que va faire le Président Hollande pour sortir la France de l'ornière. De plus en plus de politologues et d'observateurs en tous genres évoquent l'électrochoc de la dissolution. Pourquoi pas ? Mais surtout pour quoi faire ? Car si déjà, depuis deux ans, la croissance est en berne, que va-t-elle devenir avec de nouvelles élections législatives et a fortiori si ces dernières débouchent sur une cohabitation inamicale et/ou une percée de l'extrême droite ?

Le climat d'incertitude pré-électoral, puis les vicissitudes d'une très probable cohabitation ne manqueront pas d'aggraver l'immobilisme et le manque de confiance qui prévaut déjà depuis au moins cinq ans. D'où un nouvel affaiblissement de l'activité et par là même une augmentation du chômage, des déficits, de la dette… qui susciteront une nouvelle vague de dégradation de la note de la France.

Et, si, jusqu'à présent les taux d'intérêt des obligations de l'Etat français sont restés miraculeusement bas, tous ces évènements calamiteux finiront forcément par inverser la tendance, ce qui alimentera encore le cercle pernicieux « croissance zéro - chômage et déficits publics élevés - défiance ».

En conclusion, la France et ses dirigeants politiques sont plus que jamais dans un corner : qu'ils continuent de pratiquer la méthode Coué, en faisant des réformettes sans conséquence positive majeure, ou qu'ils se lancent dans de nouvelles élections législatives, ils sont condamnés à l'atonie économique, voire à la récession ou pire au chaos politique et sociétal.

Alors, MM. Hollande et Valls, perdu pour perdu, ayez enfin le courage que n'ont pas eu vos prédécesseurs et engager la France dans une véritable modernisation économique. Il en va du sauvetage de la France et de sa démocratie.

Marc Touati
Economiste.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


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Lundi 15 Septembre 2014
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