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Jeudi 25 Septembre 2008

De la fraude à la faillite de banques : pouvions-nous prévoir ?




CFO-news : Duc Pham-Hi bonjour, vous êtes associé, R2M-Analytics et Professeur responsable du Laboratoire ENSRF, ECE Paris.

Duc Pham-Hi
Duc Pham-Hi
Compte tenu des récents événements dans la sphère financière (de la fraude à la faillite de banques…), peut-on dire que personne n’a pu les prévoir ?

Duc Pham-Hi : On confond prévision avec prévention, ou encore prédiction. Quand on sait qu’une chose peut se produire, et qu’on est en mesure d’en estimer la probabilité, cela ne veut dire ni qu’on peut l’éviter (parce que la prévention a peut être un coût politique inacceptable), ni qu’on soit assez sage pour le faire (car on espère que la « patate chaude » est pour son voisin, ou son successeur). Une fraude de « rogue trader » serait extrêmement coûteuse en termes de gains financiers si l’on veut la réprimer à tout prix (il suffit de diviser les boni, donc les appétits par 100 !). Le message de la crise des subprime était écrite sur les murs dès 2005 pour qui voulait le lire, mais certains espéraient gagner suffisamment pour sortir du tunnel avant qu’elle n’éclate.

Quels types d’approches préconisez-vous ?

De la fraude à la faillite de banques : pouvions-nous prévoir ?
Des approches quantitatives classiques peuvent être utiles pour prévoir, dans une fourchette de probabilités, les montants des pertes. Utilisées de façon adéquate, certaines s’appliquent même à des situations extrêmes. Lorsqu’il s’agit de prévention de cas très rares, ces méthodes sont impuissantes, il faut alors faire appel à des méthodes de modélisation de la vraie réalité du terrain, qui ont vocation à rendre les complexités du monde réel calculables numériquement en les simplifiant, en les schématisant, de façon judicieuse. Ces représentations de la réalité doivent obligatoirement tenir compte des dimensions temporelles, causales, effets de contagion etc.

On invoque souvent l’irrationnel...

Devant l’arbitraire total, on est démuni … sauf si l’irrationnel devient modélisable car il affecte un grand nombre de sujets : par exemple, le comportement moutonnier de certains marchés, la formation des bulles spéculatives et des discontinuités de mouvements de tendances boursières, sont déjà des sujets de recherches de modélisation.

En un mot, il faut modéliser et non appliquer des lois mathématiques ?

Je ne crois pas dans les approches qui tentent de faire rentrer, voire enfermer, la réalité dans des équations, surtout dans celles qui sont archi-rabattues par tout le monde. Au contraire, il faut utiliser les maths comme un langage libre, pour exprimer des mécanismes de la réalité, ce qui permet d’explorer les contingences quantitativement, sans subir les coûts de l’apprentissage que sont les pertes avérées !

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Duc Pham-Hi, je vous remercie et vous donne rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de CFO-news.

© Copyright CFO-news. Propos recueillis par la rédaction de CFO-news




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