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Mardi 30 Mars 2021

Comment les banques peuvent-elles se réinventer pour suivre le rythme de la demande ?


Tribune de Vilve Vene, co-fondatrice et CEO de Modularbank.



En 1983, la Banque d’Écosse lance « Homelink » et 37 ans plus tard, on en parle toujours comme le pionnier de la banque en ligne.

Malgré l'évolution des services bancaires et financiers, de nombreuses banques dépendent encore d'un système bancaire de base comme celui-ci, même si ces systèmes ont été conçus à l'origine pour répondre à des besoins très différents.

Avec l'avènement du cloud computing et des nouvelles architectures de système, les exigences du monde de la banque numérique ont changé. Si la sécurité reste toujours aussi essentielle, les banques sont censées effectuer des transactions en temps réel et développer de nouveaux produits financiers ou partenariats en quelques semaines.

Il s'agit d'un défi majeur, qui a été mis en lumière lors de la crise sanitaire. En France, le gouvernement a mis en place des aides afin d’aider les entreprises, qui peuvent ainsi bénéficier de délais de paiements d’échéances sociales, d’une remise d’impôts directs ou encore d’une aide au paiement des loyers. Une excellente nouvelle pour tous, sauf pour les banques, qui ont dû adapter rapidement et drastiquement leurs politiques et leurs offres. Nombre d'entre elles ne disposaient tout simplement pas de la technologie nécessaire pour introduire rapidement ces changements.

Comment les banques peuvent-elles donc répondre à la demande des consommateurs en matière de technologie bancaire moderne ? Trois solutions s’offrent à elles :

1. Continuer à s'appuyer sur le système établi

L'option la plus simple et la moins chère est de conserver l'ancien système. Cependant, cette solution n’est pas pérenne et constitue une fausse économie. En effet, le maintien du système est coûteux : une banque de taille moyenne utilise environ deux tiers de son budget de numérisation pour résoudre les problèmes causés par l'utilisation d'un ancien système. Le code est constitué de nombreuses couches différentes qui n'ont pas été mises à jour selon les normes actuelles, ce qui donne une programmation spaghetti : une structure confuse que personne ne peut comprendre, sauf les programmeurs qui ont pris leur retraite il y a des années. De plus, il n'existe pas de "nouvelles versions" d'anciens langages de programmation comme Cobol. En fin de compte, les banques qui souhaitent faire preuve d'agilité technologique seraient mal avisées de s'en tenir à leurs anciens systèmes.

2. Détruire l'ancien système et passer à un nouveau

La solution logique consiste à remplacer complètement les systèmes existants par une toute nouvelle plateforme. Cependant, cette option est loin d'être facile. Le processus est extrêmement long en raison de la complexité du système et avant d'installer un nouveau système, il faut concevoir une stratégie sophistiquée et bien pensée. Il faut répondre à des questions importantes, par exemple : que devrait être réellement capable de faire le nouveau système et quelle architecture sera nécessaire ?

Outre la complexité, le processus est également extrêmement coûteux et étendu – on parle ici de dizaines voire centaines de millions d’euros et de plusieurs années.

Le nœud du problème : pendant ce changement, la banque est technologiquement à l'arrêt. Les innovations sont impossibles tant que le passage au nouveau système n'est pas terminé et les banques risquent de se replier sur elles-mêmes et de perdre des parts de marché.

3. Migration progressive vers un nouveau système

Au lieu d'éliminer d'un seul coup l'ensemble du système bancaire central, les banques peuvent progressivement transférer leurs services vers un nouveau système. Dans un premier temps, par exemple, les banques peuvent développer tous les nouveaux services sur la nouvelle plateforme. Cela leur permettra d'acquérir une première expérience du nouveau système.

Si la première étape est réussie, les banques peuvent alors transférer progressivement non seulement les nouveaux services mais aussi leurs services existants. Dès que tous les services fonctionnent sur le nouveau système, l'ancien système peut être désactivé. Ce processus prend également plusieurs années, mais la structure modulaire des systèmes modernes le rend moins coûteux et plus souple. La banque bénéficie immédiatement des changements et ne perd pas de temps.

En même temps, les banques peuvent choisir parmi les meilleurs systèmes du marché sans développer de dépendance à l'égard d'un seul fournisseur. Les modules des différents fournisseurs communiquent entre eux par des interfaces et sont donc généralement compatibles entre eux - avec relativement peu de travail manuel.

Plus qu'une simple mise à jour technologique

Cependant, une transformation numérique n'est pas seulement un défi technologique. La culture d'entreprise (y compris celle de tous les employés), la structure et le style de gestion doivent également faire partie de la transition. Toute l'entreprise doit être impliquée dans ce changement de grande envergure - et pas seulement l'équipe de projet. Outre les mises à jour informatiques, il faudra peut-être revoir les anciennes directives de l'entreprise, par exemple. En effet, à l’instar des systèmes de core banking de 1983, la culture d'entreprise et les méthodes de travail sont souvent issues d'une autre époque et il faut du courage et de la volonté pour mettre en place une nouvelle approche qui corresponde à ce que les consommateurs recherchent aujourd'hui.


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