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Blockchain et pays émergents : le secteur de la santé


Jean-Michel Huet, associé BearingPoint, et Melissa Etoke Eyaye, consultante senior BearingPoint.



La santé est un secteur où la blockchain peut avoir un apport considérable en Afrique. Les nouvelles molécules nécessitent une « autorisation de mise sur le marché » (AMM), délivrée à la suite d’un processus strict d’études destiné à démontrer la fiabilité du médicament. Les producteurs, quant à eux, sont soumis à des processus de qualification incluant le respect de BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication). Cependant, peu de pays africains sont dotés d’organismes fiables leur permettant de délivrer ces AMM et d’exercer un contrôle efficace des fabricants et des produits.

Dans le domaine de l'industrie pharmaceutique, et plus particulièrement du contrôle qualité permettant de délivrer les AMM, l'intérêt de la technologie blockchain réside dans le fait que les différentes parties prenantes du réseau du processus d’homologation doivent parvenir à un consensus avant de pouvoir enregistrer une information sur la blockchain. Ces parties prenantes qui sont en particulier les centres d'évaluation et les organismes de réglementation supervisant le processus peuvent être localisées sur des espaces géographiques distincts. Les intérêts divergents des acteurs de l’homologation sont la garantie que les données inscrites sur la blockchain correspondent à un consensus fiable et authentique.

La blockchain permettrait de fluidifier le processus d’homologation et de virtualiser l’assistance technique apportée aux producteurs locaux (ils enregistrent des informations sur le réseau et prennent en compte les commentaires des experts techniques jusqu’à l’arrivée à un consensus).

En Afrique, la chaîne d’approvisionnement des médicaments est bâtie selon une logique de données « Push ». Cela signifie que les distributeurs doivent attendre de recevoir une commande de la part des fournisseurs avant de leur livrer des médicaments. Ce modèle repose sur des systèmes de données cloisonnés entre les distributeurs et les fournisseurs. Et en définitive, les deux parties sont incapables d’anticiper la demande, ce qui se traduit par de fréquentes ruptures de stock.

La blockchain pourrait servir de support technologique pour le développement d’un modèle « Pull » basé sur l’interopérabilité des systèmes et l’accès à des données intégrées, offrant ainsi aux distributeurs un accès en temps réel à des informations anonymes pro¬venant des fournisseurs et concernant les pres¬criptions des patients. Au lieu d’attendre qu’un fournisseur envoie une commande avant de lui livrer des médicaments, un distributeur peut utiliser les données de prescription qu’il reçoit pour définir les niveaux de réassorts appropriés. Une nouvelle commande est automatiquement déclenchée quand le stock atteint le seuil défini en amont et pousse le distributeur à fournir les médi¬caments sans requête du fournisseur.

La blockchain pourrait être une option intéressante via l’enregistrement des données (prescriptions médicales anonymisées des patients). L’enjeu est ici de réduire drastiquement les coûts et la vitesse de transfert d’informations entre les parties prenantes, le tout en sécurisant les données et en préservant la vie privée des patients.

Une blockchain où fournisseurs et distributeurs pourraient stocker et partager les données de santé résoudrait les problèmes d’interopérabilité et une partie des problèmes de sécurité. Un tel projet requiert notamment d’opérer une standardisation des données pour permettre une interopérabilité optimale des systèmes préexistants. La blockchain, et plus précisément les smart contracts permettraient de favoriser cette standardisation des données. Ainsi, on peut imaginer que les systèmes préexistants et le smart contract opérant la standardisation soient reliés grâce à une API. Les données sur les systèmes IT des fournisseurs et distributeurs doivent alors être organisées rigoureusement avec des champs prédéfinis.

Le smart contract va ensuite opérer une vérification des champs. Si les données sont rédigées correctement de sorte qu’elles respectent les règles de standardisation, alors le smart contract opère les transactions de données vers la blockchain, en l’occurrence ici, l’enregistrement et la comptabilisation des prescriptions clients puis l’atteinte des seuils plancher permettraient de déclencher une commande automatique du distributeur à son fournisseur.

l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 10 à 30% des médicaments en circulation dans les pays en développement sont en réalité de faux médicaments, ce qui entraînerait la mort de près de 700 000 personnes chaque année.

L’utilisation d’une blockchain en Afrique pourrait aider à lutter contre ce fléau, en enregistrant les empreintes de chaque action liée à un médicament, lors des différentes phases du processus de fabrication et distribution. Tous les acteurs de la supply chain pharmaceutique pourraient alors vérifier la provenance et l’intégrité des médicaments. De la même façon, il est envisageable d’utiliser une blockchain pour stocker les preuves d’existence de documents telles que les ordonnances médicales, qui sont aujourd’hui sujettes à des fraudes. Grâce à la blockchain, les pharmaciens pourraient ainsi vérifier l’authenticité des ordonnances qui leur sont présentées. Il en est de même pour l’enregistrement et la validation des différentes étapes d’enregistrement de brevets. La blockchain permettrait d’enregistrer les données et d’assurer sa validation (et la traçabilité de celle-ci) par l’ensemble des parties prenantes. La blockchain pourrait ainsi contribuer à l’innovation en matière de santé publique, en servant de support technique pour le regroupement de brevets par exemple.

La blockchain, grâce à sa transparence et son inaltérabilité, peut également être utilisée en tant qu’outil de traçabilité et de vérification d’authenticité pour les médicaments, les ordonnances médicales ou encore les brevets.

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Lundi 18 Février 2019
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