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Affacturage et assurance-crédit : la crise est bien là


PRECEPTA vient de publier une étude, après plusieurs mois d’enquêtes, sous le titre : « Affacturage et assurance-crédit à l’horizon 2010 : quelles stratégies gagnantes dans un contexte de crise ? ». Voici un extrait des principaux enseignements de cette étude approfondie de 200 pages.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
AFFACTURAGE
- Après plus de 20 années de progression ininterrompue à un rythme annuel moyen supérieur à 15%, le marché de l’affacturage marquera le pas en 2009 et en 2010.
Au 1er trimestre 2009 et pour la 1ère fois depuis mi-2002, le volume de créances factorées a reculé de 5,1% (par rapport au 1er trimestre 2008). En 2009, la production des factors affichera une hausse limitée de 1,5% avant de se redresser légèrement en 2010 (+3,5%), sans pourtant renouer avec les forts rythmes de croissance qui ont caractérisé la période 2004-2008.

Affacturage et assurance-crédit : la crise est bien là

Décryptage
Le marché de l’affacturage, dont la production est exprimée en termes de volume de créances prises en charge par les factors (« factorées »), est très sensible à la conjoncture. Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour mesurer le potentiel de croissance de ce marché et expliquer le fort repli de l’activité attendu pour 2009 et 2010 :
- Le nombre de clients potentiels va continuer d’augmenter :
compte tenu de la dégradation de la situation de trésorerie des entreprises, en particulier dans l’industrie, et de l’augmentation des retards de paiement et des défaillances (en 2010, selon les prévisions de Precepta, le cap des 10 000 défaillances sera franchi, niveau jamais atteint depuis 1995), les entreprises ont été et seront davantage incitées à céder leurs créances à des factors afin de dégager des liquidités et diminuer leur Besoin en Fonds de Roulement.
- Mais la production des factors va nécessairement se contracter :
le repli de l’activité économique amorcé dès le 2ème semestre 2007 et accentué au dernier trimestre 2008, se traduira par une progression moins rapide du volume de transactions à prendre en charge en 2009 et 2010 (en nombre d’opérations et en montant de créances).
- La montée en flèche des risques et des charges de sinistres a conduit les opérateurs à refuser de reprendre certaines créances et à revoir les modalités de certains contrats.

ASSURANCE-CREDIT
- Recul du chiffre d’affaires en assurance-crédit en 2009, légèrement amorti grâce aux multiples revalorisations tarifaires sur les polices.
Dans le contexte actuel, les entreprises sont certes plus encouragées à souscrire une assurance-crédit afin de se prémunir contre le risque d’insolvabilité de leurs clients. Mais, comme pour le marché de l’affacturage, cet effet « demande » ne jouera pas sur l’évolution du marché de l’assurance-crédit, dont l’activité est intrinsèquement liée au volume de transactions réalisées par les entreprises adhérentes (et donc à couvrir par les assureurs-crédit). De plus, les risques étant jugés de plus en plus excessifs sur un certain nombre de clients voire d’adhérents, les sociétés d’assurance-crédit jouent la prévoyance et refusent / résilient certaines souscriptions.

L’enjeu : maîtriser la charge des sinistres, un poste qui détermine en partie la rentabilité de l’activité.
Ainsi en 2008 et à nouveau en 2009, les assureurs-crédit, à l’instar d’Euler Hermes ou encore Coface, ont non seulement réduit leur exposition au risque sur certains contrats mais surtout ils ont relevé les tarifs de leurs primes pour tenir compte de la flambée des risques et des charges des sinistres.

- Les hausses des tarifs permettront de limiter les dégâts sans pour autant éviter le recul de l’activité en France.
Le marché de l’assurance-crédit a reculé en 2008 (-1 %), après avoir affiché un taux de croissance annuel moyen de 3,5% sur la période 2004-2006. Le marché se repliera à nouveau en 2009 (-2,5 %), compte tenu de la réduction des garanties accordées (liée au volume de transactions), en partie compensée par les revalorisations tarifaires adoptées à plusieurs reprises courant 2008-2009. Precepta prévoit cependant un retour à la hausse pour 2010, avec un chiffre d’affaires de l’assurance-crédit de + 2,5 %.

Affacturage et assurance-crédit : la crise est bien là

(*) L’indicateur d’activité Precepta a été réalisé sur la base d’un échantillon représentatif et constant de sociétés d’assurance-crédit. Il est constitué des trois leaders, à savoir Euler Hermes SFAC, Coface et Atradius, mais également d’autres intervenants sur le marché, tels qu’April Cover, Groupama Assurance Crédit, AXA Assurcrédit, etc.

DES ENJEUX STRATEGIQUES COMMUNS
L’affacturage et l’assurance-crédit ont en commun un objectif global de gestion et de sécurisation du poste clients. Les deux catégories d’opérateurs, factors et assureurs-crédit, sont confrontés à un même contexte de marché, et aux mêmes contraintes structurelles et conjoncturelles (concentration rapide des secteurs, arbitrage du risque, renforcement des normes prudentielles, repli du volume de transactions etc.).

Face à un contexte identique, les réponses à apporter par les sociétés d’affacturage d’un côté et les assureurs-crédit de l’autre sont relativement semblables :

1. adopter et déployer une stratégie de différenciation cohérente, en termes de gammes de prestations, de portefeuille clients, de marque, de politique de distribution et de prescription, etc. Ces sources d’avantages concurrentiels seront en effet déterminantes dans des secteurs déjà fortement concentrés, mais où les opportunités
pour capter des parts de marché ne sont certainement pas épuisées. Certains factors pourront en outre capitaliser sur les « spécialités » sectorielles et la forte légitimité de leur maison‐mère, à l’instar de Factobail dans les NTIC, CGA, filiale de la Société Générale, dans les associations et les marchés publics, BNP Paribas Factor dans le BTP ou encore Groupama Assurance Crédit dans les IAA.

2. réduire leurs charges d’exploitation, grâce à la mutualisation des coûts et les synergies instaurées au niveau des outils informatiques et du back‐office (industrialisation, automatisation des process et dématérialisation). Cette thématique va s’imposer comme un important facteur clef de succès pour les opérateurs. Au‐delà de l’aspect « réduction des coûts », les outils informatiques et surtout Internet répondent aux attentes de leurs clients en termes de rapidité, d’autonomie et de personnalisation. En témoigne le lancement en juin 2009 du site jefinancemapme.com par GE Factofrance (octroi de financement court terme en ligne).

3. diversifier leurs sources de revenus et élargir leurs compétences‐métiers vers des prestations de services liées au poste clients moins exposées aux fluctuations conjoncturelles. Ainsi le leader mondial de l’assurance‐crédit Euler Hermes mise davantage sur ses services recouvrement et caution, tandis que Coface a choisi de renforcer son pôle « information financière et commerciale », en lançant en juin 2009 sa propre agence de notation sollicitée en France. Après avoir procédé à des opérations de croissance externe ciblées sur la gestion du poste clients, le leader français Eurofactor s’attache à étoffer ses prestations de conseil (ciblage marketing et prospection, veille sur les appels d’offres et les avis d’attribution, etc.).

PRECEPTA, division du groupe Xerfi, est un cabinet d’analyse indépendant, qui mène des études stratégiques, publiées à sa propre initiative. Il apporte à ses lecteurs, par son expertise professionnelle, sa liberté éditoriale, son ouverture intellectuelle, l’accès à la connaissance actualisée des évolutions sectorielles, des stratégies des acteurs économiques et de leur environnement. Les études Precepta fournissent des clés pour mieux comprendre les enjeux d’un secteur, les rapports de forces qui s’opèrent et les axes stratégiques en cours, ceci dans le but de stimuler la réflexion stratégique.

www.precepta.frwww.xerfi.fr
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Laurent Leloup

Mercredi 30 Septembre 2009
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