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Sauver les PME pour converger avec l'Allemagne


Le thème de la convergence entre la France et l’Allemagne est à la mode.



Marc Fiorentino
Marc Fiorentino
Le gouvernement Français ne cesse de citer en exemple l’Allemagne et de nous assurer qu’il fait tout pour que nous nous rapprochions du modèle allemand. Et les économistes eux tentent de nous expliquer pourquoi le fossé ne cesse de se creuser entre les deux voisins Européens.

Les politiques Français veulent encore croire qu’il existe un couple Franco Allemand alors qu’en Allemagne on nous considère tout juste comme un pays Européen périphérique qui a la chance d’être plus proche de l’Allemagne que la Grèce, l’Espagne ou le Portugal. Et c’est cette semaine que le verdict est tombé. Un verdict désastreux qui est pourtant passé relativement inaperçu et qui n’a, bien évidemment, pas fait l’objet de commentaire de la classe politique.

Lundi l’observatoire des entreprises de la Banque de France a publié une étude sur la situation des entreprises en 2009.. Et cette étude est tout simplement déprimante tant la situation des PME et des grosses PME est fragile. Un seul chiffre résume la gravité de la situation : Le nombre des grosses PME, de 250 à 5000 salariés, a chuté de 4507 fin 2008 à 4195 fin 2009 alors que l’objectif du gouvernement était de créer 2000 nouvelles PME de plus de 500 salariés !

Or, la force de l’Allemagne, entre autres, ce sont ses grosses PME, exportatrices dans leurs grandes majorités. Tous les gouvernements qui se sont succédés à Berlin ont mis un acharnement quasi obsessionnel à favoriser le Mittelstand, ce tissu de grosses PME. Pour des raisons évidentes. Les grosses PME sont flexibles, agiles, agressives et sont les seules avec les TPE à créer de l’emploi. Les grosses entreprises délocalisent et détruisent de l’emploi pour rester dans la course à la compétitivité internationale, les PME, elles, embauchent dés qu’elles le peuvent.

Le rapport de la Banque de France salue d’ailleurs la réactivité des PME qui ont « globalement préservé leur structure financière » par des sacrifices importants mais il constate que les PME « connaissent un très net fléchissement de leur activité, en particulier à l’exportation. Leur taux de marge revient à l’un de ses plus bas niveaux depuis dix ans » ! Depuis que la crise a éclaté, ce sont surtout les banques et les grosses entreprises qui ont été aidées.

L’argent des contribuables est allé sauver les banques. Elles font aujourd’hui des bénéfices, merci pour elles, mais malgré des chiffres en trompe l’œil, elles préfèrent souvent s spéculer sur les marchés que prêter aux PME. Un milliard d’euros de nos impôts est allé aider les constructeurs automobiles avec une prime à la casse dont les effets sur le long terme sont nuls, voire négatifs, et, en tout état de cause, contreproductifs en matière d’emplois dans une industrie qui n’en finit pas de délocaliser.

Il faut être fou pour entreprendre en France, compte tenu de l’environnement social, bancaire et administratif. Sans même parler de l’image des « patrons » avec des patrons de PME qui paient souvent pour les dérapages des grands patrons. Mais heureusement pour la France, il existe encore, malgré tout, des hommes et des femmes qui créent et dirigent des entreprises, des PME, en risquant tous les jours ou presque leur patrimoine personnel, sans golden parachute, sans aide, sans soutien, qui se battent pour préserver l’emploi et se développer.

Arrêtons donc de parler de l’Allemagne et de la convergence et agissons avant qu’il ne soit trop tard. La France est malade de ses PME, petites et grosses.
Il est temps que les politiques, les banques et les grosses entreprises se mobilisent enfin pour sauver ce qui peut encore être sauvé.

Marc Fiorentino
Président d'EuroLand Finance
Gérant d'Allofinance
www.allofinance.com

Mercredi 12 Janvier 2011
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