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Marchés américains : le spectre d’un nouveau krach ?


Par Stéphane Ceaux-Dutheil, analyste technique Alvexo.



De la tulipomanie au XVIIème siècle à la crise des subprimes en 2008, l’histoire de la finance est une succession de bulles spéculatives. Se définissant comme une hausse démesurée et parfois hystérique du cours d’un titre ou d’un indice, une bulle finit bien souvent par éclater et par engendrer une crise financière aux conséquences durables.
Les marchés boursiers américains – qui donnent le LA au système financier mondial – n’ont pas été épargnés par les krachs boursiers et, depuis quelques mois, certains signes précurseurs laissent présager que l’éclatement d’une bulle est plausible. Serait-il imminent ?

2000 - 2015 : genèse d’une bulle

La bulle spéculative qui enfle aujourd’hui sur les marchés américains prend en réalité racine dès le début du siècle. A cette époque, les Etats-Unis se remettent difficilement de la crise de 2000 liée à la survalorisation des actifs de haute technologie. Jusqu’en 2008, s’en suit une phase d’apaisement. Les marchés repartent à la hausse avant de connaître à nouveau des difficultés.

En 2008, la crise des subprimes, ces crédits hypothécaires à taux variable accordés à des emprunteurs insolvables, secoue l’économie mondiale. Cette crise s’étend jusqu’en 2010 et c’est à partir de 2011 que les Etats-Unis tentent d’endiguer ses effets. Pour relancer l’économie américaine, le gouvernement réalise trois grands plans Quantitative Easing (QE) : une politique monétaire non conventionnelle qui consiste à faire varier la quantité de monnaie en circulation. D’un montant total de 3 000$ milliards, ils permettent de réinjecter dans les circuits économiques des liquidités et cela crée une inflation des cours de bourse. Cette manipulation du marché par les QE est l’une des premières causes de la bulle spéculative actuelle. En effet, en remontant artificiellement les cours des fonds de pension, elle a donné aux classes moyennes un sentiment de richesse trompeur.

« L’effet Trump » ou l’apogée ?

Début 2016, l’arrêt des QE marque une phase de stagnation. Les marchés digèrent peu à peu la bulle liée à ces plans d’assouplissement mais l’arrivée de Trump au pouvoir change la donne. Si beaucoup redoutaient son mandat du fait de son inexpérience politique, le Président des Etats-Unis a paradoxalement bénéficié de la confiance des milieux d’affaires. A la suite de son investiture, les actions grimpent sous l’influence de deux facteurs.

Le premier est lié à la baisse des impôts sur les entreprises à 20%, mise en place par le président américain. Cette baisse a pour effet de détourner les sociétés américaines des paradis fiscaux. En conséquence, près de 500$ milliards de trésorerie reviennent sur le sol américain en 2018.

Second facteur : les entreprises se sont mises à racheter leurs propres actions - à l’instar d’Apple - ce qui a pour effet de rassurer les actionnaires et de soutenir les cours. En 2017 et 2018, 4 000 milliards de rachats d’actions sont ainsi réalisés, faisant repartir les cours à la hausse.

« L’effet Trump », la baisse des impôts et le rachat d’actions n’ont fait qu’accentuer une distorsion caractéristique de l’histoire de toutes les bulles spéculatives : une grande divergence entre l’économie réelle et la représentation que s’en font les marchés.

Un déni de réalité ?

Dans tout phénomène de bulle spéculative, le facteur psychologique est déterminant. En effet, la création d’une bulle est étroitement liée à un phénomène psychologique de masse qui se caractérise par un déni de réalité. Les signes avant-coureurs sont là, mais personne ne les voit.

Pourtant, au début de l’année 2018, les Etats-Unis ont connu une première alerte. Les marchés financiers ont subi un début d’éclatement de bulle et ont perdu plus de 15% de leur valeur, ce qui a provoqué un mini-krach. La bulle a certes dégonflé sur un laps de temps court et ne s’est pas propagée mais la persistance d’un déni de réalité face au risque d’un éclatement augmente celui d’une propagation de la bulle spéculative sur des bases de temps plus long. On en connaît les conséquences : celles d’envoyer l’économie mondiale sur des situations potentielles de krach de niveau supérieur. Un bébé krach - de niveau 1 - couve avec comme potentiel 20 500 points sur le Dow-Jones. En espérant qu’un krach de niveau 2 ou 3 - plus méchant - n’intervienne pas en dessous de 20 500 points.

La rupture de 24 400 points fin 2018 a marqué le début de l’éclatement de la bulle sur les marchés financiers américains. Certes, cela ne signifie pas que les marchés vont plonger immédiatement, mais le Dow-Jones n’est pour l’heure pas remonté à des niveaux suffisamment élevés pour échapper à des répliques baissières dans le courant de l’année et invalider l’éclatement de la bulle. Aussi, tant que l’indice se maintiendra sous les 26 000 points, la probabilité d’un krach de niveau 1 est très élevée. Quant à un krach de niveau 2 ou 3 – qui interviendrait sous les 20 500 points – s’il devait avoir lieu, il s’accompagnerait d’une crise financière majeure qui impacterait de plein fouet la croissance mondiale…

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Thursday, January 31st 2019
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