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La montée en puissance du financement du poste clients


Les entreprises françaises vont davantage recourir au financement du poste clients pour lutter contre les pressions récessionnistes, d'après une nouvelle enquête de Demica.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
La dernière enquête effectuée par Demica, le prestataire de solutions de fonds de roulement basé à Londres, révèle que les entreprises françaises se tournent de plus en plus vers des catégories d'actifs traditionnelles telles que le poste clients pour répondre à leurs besoins de financement. Cette enquête, qui a interrogé plus de 1500 entreprises de plus de 50 salariés en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, a révélé un regain d'intérêt pour le poste clients, considéré comme l'une des catégories d'actifs les plus liquides et solvables du bilan, sur le continent européen. La raréfaction actuelle du crédit, considérée comme l'un des plus gros problèmes touchant les entreprises, pousse les entreprises à davantage recourir à cette source de financement. De nombreuses entreprises affirment également n'avoir d'autre choix que d'apporter des catégories d'actifs telles que le poste clients en garantie pour convaincre les banques d'étendre leurs lignes de crédit.

Environ 43% des entreprises françaises déclarent voir déjà obtenu un financement adossé au poste clients, une proportion sensiblement plus élevée que leurs homologues européennes (31% au Royaume-Uni et 34% en Allemagne). De surcroît, le financement adossé à cette catégorie d'actifs est appelé à connaître un essor important dans les 12-18 prochains mois. Presque la moitié des entreprises françaises (41%) déclarent en effet avoir l'intention d'augmenter le niveau de financement adossé à leurs postes clients. Les entreprises allemandes et britanniques (48% et 44% respectivement) affichent également un vif intérêt dans le développement de cette technique, suggérant qu'elles ne sont pas loin derrière la France.

D'après les estimations du Forum de Titrisation Européen, les émissions de titrisation ont chuté à 272 milliards € en 2008, le volume le plus bas depuis 2004.[1] Mais le ralentissement de l'activité de titrisation globale est considéré comme le résultat direct des problèmes causés par la mauvaise qualité des actifs, les actifs solides tels que les postes clients ayant enregistré un déclin moins marqué. La titrisation d'actifs plus robustes et plus stables tels que les créances commerciales est prévue d'augmenter. D'après la recherche de Demica, 53% (54% au Royaume-Uni et 61% en Allemagne) des entreprises françaises pensent que le resserrement du crédit bancaire traditionnel va contraindre les grandes entreprises à obtenir une plus grande proportion de leur financement de la titrisation de leurs postes clients.

Les banques paraissent tout aussi friandes de cette catégorie d'actifs, qui leur permet d'accorder des prêts sans prendre de risques inacceptables. Depuis un an, les banques exigent de leurs clients qu'ils apportent des niveaux de garantie plus élevés pour échapper au plafonnement de leurs limites de crédit. La recherche de Demica a révélé que ces niveaux de garantie plus élevés touchaient 64% des entreprises françaises (57% au Royaume-Uni et 63% en Allemagne), confirmant que certaines banques ne sont disposées à étendre les lignes de crédit que si les entreprises apportent en garantie des actifs stables tels que les créances commerciales.

“La raréfaction du crédit conventionnel est devenue un véritable problème depuis deux ans, a expliqué Philip Kerle, CEO de Demica. Les entreprises européennes vont devoir à l'avenir se tourner vers des actifs moins liquides pour leur financement. Le poste clients est particulièrement attractif, car les créances commerciales sont considérées comme une garantie de grande qualité qui peut sensiblement améliorer l'accès au crédit.

Les entreprises intelligentes trouvent actuellement des manières de surmonter la crise de liquidité en augmentant le niveau de financement adossé à leurs créances commerciales. Ces véhicules de financement présentent l'avantage supplémentaire d'être moins complexes que les autres transactions et, bien qu'ils demeurent dans une certaine mesure compliqués, ils sont relativement aisés à gérer, et présentent par conséquent un risque moins élevé. Il existe des services technologiques spécialisés pour automatiser ces processus et fournir un suivi et un reporting réguliers des actifs. Nous prévoyons un engouement croissant pour ces services dans les 12 prochains mois.”

Récapitulatif des principaux résultats de l'enquête de Demica sur le poste clients :
- Presque la moitié des entreprises européennes (44%) pensent que les entreprises vont davantage recourir au financement du poste clients dans les 12-18 mois qui viennent.
- Un tiers des entreprises européennes (36%) obtiennent déjà un financement adossé à leurs postes clients.
- L'activité globale de titrisation a ralenti en raison de la crise des marchés financiers. Mais la titrisation d'actifs plus robustes et plus stables tels que les postes clients est prévue d'augmenter.
- La raréfaction actuelle du crédit est considérée comme un problème majeur pour les entreprises européennes. 56% d'entre elles sont d'avis que les grandes entreprises vont devoir obtenir une plus grande proportion de leur financement de la titrisation de leurs postes clients.
- La situation semble devenir critique : 61% des entreprises affirment n'avoir d'autre choix que d'offrir des catégories d'actifs telles que le poste clients pour convaincre les banques d'étendre leurs lignes de crédit.
- La croissance du financement du poste clients est facilitée par des services technologiques qui automatisent les processus complexes et fournissent un suivi et un reporting réguliers des actifs.

[1] European Securitisation Forum, ESF Securitisation 2008 Market Outlook, 2008


Source Demica
www.demica.com

Laurent Leloup

Jeudi 4 Février 2010
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