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L’analyse de matérialité, chainon manquant entre performance financière et extra-financière ?


La publication en juillet dernier des travaux menés par les chercheurs Mozaffar Khan, George Serafeim et Aaron Yoon de la Harvard Business School, intitulée «Corporate Sustainability: First Evidence on Materiality »* n’a pas été beaucoup relayée et commentée.



Laurent Leloup
Laurent Leloup
Elle apporte pourtant un nouvel éclairage sur le bienfondé de la prise en compte de la matérialité des enjeux de durabilité qui s’imposent aux entreprises et sur les bénéfices qu’elles peuvent en retirer, notamment sur leur performance boursière.

Les auteurs constatent qu’un nombre croissant d'entreprises réalisent des investissements en matière de Responsabilité Sociétale, et qu’un nombre croissant d’investisseurs prennent en compte la performance ESG des entreprises dans leurs décisions d’investissement.

Pourtant, les chercheurs ont constaté que la littérature académique n'avait jusqu’à présent pas réussi à démontrer quels étaient les impacts des investissements réalisés sur des enjeux de durabilité analysés comme matériels par rapport à ceux qui auraient pu être faits sur des enjeux peu impactant pour l’entreprise.

Leurs travaux les ont conduits à identifier les enjeux matériels pour plusieurs secteurs d’activité, et quels étaient les impacts des investissements réalisés pour traiter ces enjeux sur la performance boursière des entreprises analysées. Ils ont par la suite mis en évidence que les entreprises les plus pertinentes dans l’identification des enjeux RSE matériels surperformaient les entreprises moins pertinentes, induisant que cela générait de la valeur pour les actionnaires.

M. Khan, G. Serafeim et A. Yoon établissent par ailleurs que les entreprises qui sont performantes sur des enjeux de développement durable jugés comme non matériels ne sous-performent pas celles qui en revanche sont faiblement performantes sur ces enjeux ; ce qui signifierait que cela n’engendre pas de destruction de valeur.

Finalement pour les trois chercheurs, les entreprises qui sont évaluées comme bonnes sur les enjeux matériels et concomitamment peu performantes sur les enjeux non matériels sont celles qui se révèlent les plus performantes en termes économique et financier. Des résultats qui, selon eux, devraient parler aux entreprises engagées dans la prise en compte des conséquences de leurs décisions sur l’environnement et la société, ainsi qu’aux investisseurs qui prennent de plus en plus en compte les critères ESG dans leur décision d’allocation de capital.

L’analyse de matérialité est un enjeu de business durable et compétitif

Les bénéfices que les entreprises pourraient tirer d’une analyse de matérialité, réalisée bien évidemment dans les règles de l’art, dépasseraient donc le périmètre de la seule RSE et ne se cantonneraient pas à la seule communication de la performance RSE dans les rapports extra-financiers. L’analyse de matérialité recèle le potentiel de livrer les clés d’un business durable et compétitif, parce qu’elle permet identifier « les impacts substantiels économiques, environnementaux et sociaux de l’organisation, ou influe de manière importante sur les évaluations et décisions des parties prenantes. »(GRI G4).

Ce faisant, l’analyse de matérialité offre de réels effets de levier et ouvre le champ des possibles à de nouvelles perspectives pour les entreprises, à la condition sine qua non que le top management ait été impliqué dans la décision de sa réalisation et se soit saisi des résultats et opportunités dégagées pour faire évoluer la stratégie et le modèle d’affaire de l’entreprise. A condition aussi, que les parties prenantes interrogées aient eu les moyens de se projeter et donc d’évaluer l’entreprise de demain et non celle d’hier et d’aujourd’hui qu’elles connaissent le mieux.

(*) Les 3 auteurs ont utilisé les guidelines du référentiel américain SASB pour les collecter leurs données sur la matérialité. Pour l’analyse des données ESG, ils ont utilisé MSCI KLD et pour évaluer la matérialité ou non de chaque donnée KLD ils ont suivi les guidelines de SASB pour les 45 industries de leur échantillon.

Article rédigé par Laurent Leloup & Bertrand Desmier Directeur Conseil RSE - VP CSR Consulting - Tennaxia


Laurent Leloup
Fondateur Finyear Group
Expert Blockchain auprès du Pôle de compétitivité mondial FINANCE INNOVATION
Initiateur du projet France Blocktech, association française des acteurs et de l'écosystème blockchain.

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Mardi 22 Mars 2016
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