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J.P. Morgan infiltre le métavers

C'est pas mon idée ! L'innovation dans les services financiers, par Patrice Bernard.


À l'occasion de la publication d'une étude (PDF) sur les opportunités du métavers, J.P. Morgan révèle l'ouverture d'un salon de sa marque Onyx (dédiée aux actifs « digitaux ») sur la plate-forme Decentraland et devient ainsi une des premières institutions financières au monde à s'installer dans ce qui est supposé représenter l'avenir du web.

En soi, la prise de position dans un des univers virtuels en vogue n'a guère de signification profonde. Elle constitue avant tout une démonstration technologique destinée à appréhender, de l'intérieur, le fonctionnement de ce genre de système et il n'est résolument pas question, en tous cas à ce stade, de développer là une activité quelconque. En revanche, elle illustre l'impact de la farce jouée par Facebook (ou Meta) en novembre dernier et l'emballement universel qui entoure le sujet depuis.

Cependant, un mouvement est maintenant lancé et si l'histoire (dont celle de Second Life, né il y a plus de 20 ans) nous apprend quelque chose, c'est qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. À n'en pas douter, d'autres établissements suivront et certains parmi eux tenteront inévitablement d'exploiter les possibilités offertes dans l'optique de déployer toutes sortes de services, d'abord en test puis réels, entre entretiens avec un conseiller bancaire et campagnes de recrutement, pour ne citer que deux exemples évidents.

Indépendamment de toute présence sur place, ce que nous indique très clairement l'analyse de J.P. Morgan est sa perception d'un vaste champ ouvert à ses expertises dans les eldorados virtuels. Mais il faut prévenir immédiatement le lecteur : ces projets envisagés sont tellement contraires aux principes esquissés dans la première partie du document que l'assemblage résultant est quasiment caricatural, au point de prouver par l'absurde le caractère utopique de la plupart des promesses formulées.

En guise d'introduction, un tableau complet et fort instructif dresse la liste des différences à retenir entre le Web 2.0 (dont était issu Second Life, justement) et le Web3 émergent (celui du métavers, mais aussi de la blockchain, des cryptomonnaies, des NFT, des organisations distribuées…). D'emblée, les doutes surgissent, puisque c'est surtout la décentralisation, à tous les niveaux, qui prétend séparer les deux notions. Or la première et la deuxième génération d'internet portaient exactement le même rêve. Hélas, la réalité du marché l'a enterré, faisant naître les géants d'aujourd'hui. Elle n'a pas changé.

Il suffit d'ailleurs de consulter les dernières pages du traité, où J.P. Morgan évoque les domaines sur lesquels elle se dit prête à accompagner les acteurs, fournisseurs de plate-forme ou créateurs de contenus, pour prendre conscience de la vitesse à laquelle la centralisation va cette fois reprendre ses droits. Qu'il s'agisse de socles d'infrastructures, de solutions de gestion de la connaissance des utilisateurs, de lutte contre la fraude, de sécurité… ou encore de moyens de paiement transfrontaliers, la banque n'a soudain plus beaucoup d'intérêt pour les approches communautaires des origines…

Il y a quelques jours, le gourou du Web 2.0, Tim O'Reilly, partageait dans une interview pour CBS ses réflexions sur les modes du moment, synthétisées dans ce fameux Web3 qui déclenche les passions… et des phénomènes de bulles qui en rappellent d'autres… Notons tout de même que, dans cette vague, J.P. Morgan adopte, pour son compte propre, une attitude éclairante, en mettant en avant sa capacité à équiper les acteurs qui plongent dans le métavers tout en restant prudemment sur le bord de la tendance…

Par Patrice Bernard.
Fondateur du blog C’est pas mon idée

Jeudi 17 Février 2022




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