Interview | Bilal El Alamy – PyratzLabs : « Pour que le WEB3 trouve sa place, il faut que les use cases se multiplient »
01/05/2023
Omniprésent dans la sphère Web3, invité un peu partout, l’homme semble vouloir conserver coûte que coûte cet aspect ouvert et accessible propre à cette communauté. Alors qu’il vient tout juste de lancer un nouveau service au sein de son start-up studio – PyratzLabs –, nous avons (enfin ?) trouvé une petite heure pour échanger. Discussion à bâton rompu et presque pas interrompue par quelques piques respectives avec Bilal El Alamy co-fondateur et PDG de Pyratzlabs, ex.CTO de Dogami, Chairmain d’Equisafe.io….
Par Anne-Laure Allain
Start-up studios, école spécialisée dans la blockchain, lieu de rencontres… Pyratzlabs vient d’officialiser la mise en place d’un nouveau service « VC as a Service », pouvez-vous nous en dire plus ?
Vous revenez en quelque sorte vers votre premier métier de la finance traditionnelle ? D’ailleurs comment êtes-vous entré dans le WEB3 ?
Equisafe est désormais intégrée dans la holding Pyratzlabs. Bientôt, elle se dotera d’une nouvelle filiale – Equisafe Mark3ts – en cours d’enregistrement PSAN qui pourra ainsi proposer différents services liés à la Crypto.
Vous avez donc monté PyratzLabs avant de créer Dogami – le petavers dédié aux chiens – qui est un peu l’entreprise qui vous a fait connaître d’un plus grand public, pourquoi ce besoin de créer le start-up studio ?
PyratzLabs est né, début 2020, de ces constats. Equisafe tournait alors un peu toute seule. Avec Thomas Binetruy, Jacques Bertrand-Lalo et Maxime Sarthet, nous nous sommes associés pour créer PyratzLabs qui est la holding hébergeant les autres activités. Nous avons commencé par l’accompagnement des entrepreneurs pour constituer le start-ups studios. Puis, nous avons lancé Smartlink : une solution blockchain pour le e-commerce. Mais j’avais toujours dans l’idée d’éduquer un maximum de personnes au WEB3. Les jeux vidéo paraissaient être l’approche idéale. Je rencontre alors Adrien Magdelaine issu de la « pet industry » (il est le créateur de WAMIZ, un “wikipédia” pour chien et chat). Au croisement de nos deux univers, il y avait les Tamagotchi, restés un phénomène d’anthologie pour les « collectibles ». Dogami est la version metavers de cela. Mais là encore, il manquait une brique pour aller au bout du projet. Lorsque nous avons créé Dogami avec Adrien Magdelaine, Kristofer Penseyres, et Max Stoeckl, nous voulions un jeu grand public en « play & earn » où les participants acquièrent leur chien virtuel parmi 300 races. Puis, sont récompensés pour leur éducation en $Doga, une monnaie virtuelle. Mais il était alors impossible d’implémenter une solution pour agréger de la liquidité de nos NFTs sur une plateforme. Comme ce n’est pas la thèse de Dogami, nous avons donc créé la société Bloometa qui permet cela. Donc pour répondre à votre question, Pyratz c’est une infrastructure au centre de l’écosystème qui recueille les besoins et essaye d’y répondre pour que l’écosystème ne rencontre plus ce besoin.
Aujourd’hui, 27 000 personnes ont des NFT sur Dogami et la structure est à l’équilibre 18 mois après son lancement. Dogami est une participation de Pyratzlabs comme une trentaine d’autres start-ups, à cet ensemble vous venez donc d’adjoindre une école, la BBS, pourquoi ?
J’ai recruté moi-même la moitié des 220 personnes qui sont aujourd’hui dans Pyratz. Et même en passant par des cabinets de chasse spécialisés, je ne retenais pas un quart des candidats qu’ils me présentaient. Soit, ils manquaient d’humilité niveau salarial, soit ils n’avaient pas les compétences. Et, entre nous, il m’est arrivé d’avoir la synthèse des deux en face de moi. Il fallait absolument créer un vivier pour nourrir notre écosystème. Cela faisait sens d’avoir une école de la blockchain qui ne soit pas non plus à 100 % technique afin de présenter des profils qui puissent s’adapter au monde de l’entreprise. Dans l’idéal nous pourrions monter la Blockchain Business School à la manière d’une business school, c’est à dire rendre le cursus très orienté industrie.
Vous êtes aussi à l’origine de Metacircle qui est un think tank dédié au metavers. C’est votre prochaine étape ? Porter des projets pour changer les choses sur un plan plus institutionnel ?
Pourquoi avoir choisi le nom Pyratz, évoquant la piraterie ? Dont, bien entendu, vous êtes le capitaine (sourires) ?
Eh oui, je suis le capitaine (sourires).
Pourquoi autant de projets en parallèle ? Après quoi courez-vous monsieur El Alamy ? (Rires)
De manière générale, l’écosystème Web3 a besoin de tout cela. Il faut que les « use cases » se démultiplient et deviennent visibles dans le quotidien. Je ne fais que chercher des solutions à ce besoin. avoriser l’intrapreneuriat chez les corporates est aussi une piste.
Sur la trentaine de sociétés que nous accompagnons aujourd’hui, j’essaye d’être présent un maximum. Avec cette activité de VC as a Service, je souhaite envoyer les bons signaux au marché même en plein bear market.
Propos recueillis par Anne-Laure Allain




