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Implosion de la confiance à l'échelle mondiale


Baromètre Edelman 2017 : la crédibilité des PDG à son plus bas historique.




Le baromètre de confiance Edelman 2017 fait ressortir une chute sans précédent de la confiance dans les quatre catégories d’institutions que sont les pouvoirs publics, les entreprises, les médias et les ONG.

La confiance dans les médias (43 %) s’est effondrée, pour atteindre son plus bas historique dans 17 pays, tandis que le niveau de confiance dans les pouvoirs publics (41 %) — l’institution jugée la moins crédible dans la moitié des 28 pays étudiés — reculait dans 14 pays.
L’image des dirigeants s’est également fortement dégradée : la crédibilité des PDG, en chute libre dans chacun des pays étudiés, a ainsi perdu 12 points à l’échelle mondiale pour tomber à son plus bas historique de 37 %, tandis que les chefs de gouvernement (29 %) continuent d'accuser le plus faible niveau de crédibilité.

Selon le Baromètre, 53 % des personnes interrogées jugent que le système actuel dans son ensemble a déçu leurs attentes, parce qu'injuste et peu prometteur. A l’inverse, 15 % de sondés seulement estiment qu’il fonctionne, tandis qu’un tiers se déclarent sans opinion. Même les « élites » témoignent d’un manque de confiance dans le système, puisque 48 % de ceux dont les revenus se trouvent dans le quartile supérieur, 49 % des personnes ayant fait des études supérieures et la majorité du public averti (51 %) estiment que le système a échoué.

Le fossé entre la confiance du public averti et celle de la population générale s’est creusé à 15 points, les disparités les plus notables étant enregistrées aux États-Unis (21 points), au Royaume-Uni (19 points) et en France (18 points). Le grand public de 20 pays n’accorde aucune confiance à ses institutions, comme c'est le cas dans six pays seulement pour le public averti.

« Les implications de cette crise de confiance mondiale sont vastes et profondes » estime Richard Edelman, Président-Directeur général de l’agence éponyme. « Tout a commencé avec la Grande Récession de 2008 mais, telles les deuxième et troisième vagues d’un tsunami, la mondialisation et les mutations technologiques ont entamé plus encore la confiance des populations dans les institutions mondiales, avec pour conséquences un populisme et un nationalisme virulents, à présent que le peuple s’est affranchi des élites. »

Les mouvements populistes actuels sont alimentés par un manque de confiance dans le système, conjugué à des craintes économiques et sociales, parmi lesquelles la corruption (40 %), l’immigration (28 %), la mondialisation (27 %), l’affaiblissement des valeurs sociales (25 %) et le rythme de l’innovation (22 %). Dans les pays qui témoignent à la fois d’un manque de confiance dans le système et de craintes profondes, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, on a assisté respectivement à l’élection de Donald Trump, au vote du Brexit et à l’échec du référendum sur les institutions italiennes.

Le cycle de la défiance est encore amplifié par l’émergence d’un écho médiatique qui conforte les convictions personnelles tout en muselant les points de vue opposés. Ainsi, les personnes interrogées préfèrent les moteurs de recherche (59 %) aux journalistes (41 %), et sont presque quatre fois plus enclines à ignorer une information qui soutiendrait un point de vue auquel elles ne croient pas.

« Aujourd’hui, les gens considèrent que les journalistes font partie de l’élite », explique Richard Edelman. « Il s’ensuit une tendance à préférer les médias ‘auto-référentiels’ et à faire confiance à ses pairs. Le manque de confiance dans les médias a également favorisé l’émergence du phénomène des fausses informations, et incité les politiques à s’adresser directement au grand public. Les journalistes doivent adopter une approche plus locale et plus proche de la société. »

L’enquête fait ressortir une dispersion encore accrue de la crédibilité selon le statut. Ainsi, pour obtenir des informations sur une entreprise, un citoyen ordinaire (60 %) est aujourd’hui considéré comme une source tout aussi fiable qu’un expert technique (60 %) ou qu’un chercheur (60 %), et beaucoup plus crédible qu’un PDG (37 %) ou qu'une source gouvernementale (29 %).

Sur les quatre institutions étudiées, l’entreprise est la seule susceptible de combler l’écart. Trois personnes interrogées sur quatre considèrent que les entreprises peuvent prendre des mesures leur permettant d’accroître leurs profits tout en améliorant la situation économique et sociale des communautés auprès desquelles elles exercent leurs activités. En outre, parmi les sondés qui déclarent ne pas savoir si le système fonctionne pour eux, c’est l’entreprise qui suscite le plus de confiance (58 %).

Pourtant, les entreprises ne sont pas loin de susciter la défiance, et l’élément peut-être le plus préoccupant pour elles réside dans le rôle que leur attribue le public dans l’origine de ses peurs. Une majorité de la population interrogée à l’échelle mondiale s’inquiète, en effet, de perdre son emploi à cause des effets de la mondialisation (60 %), d’un manque de formation ou de compétences (60 %), de la concurrence des immigrants, payés moins cher (58 %), de la délocalisation de leurs postes vers des pays meilleur marché (55 %) et de l’automatisation (54 %).

« L’entreprise est le dernier bastion de la confiance » souligne Kathryn Beiser, Responsable Monde de la division Entreprises d’Edelman. « Ses dirigeants doivent mettre l’accent sur les questions qui importent le plus pour le public. Ils ont remarquablement su présenter les bénéfices de l’innovation mais n’ont pas fait grand-chose pour débattre des conséquences de ces progrès pour les emplois des individus. Les entreprises doivent également s’attacher à rémunérer leurs employés correctement, tout leur proposant des avantages annexes et une formation de meilleure qualité. »

Autres conclusions notables du Baromètre de confiance Edelman 2017 :
- La confiance dans les entreprises (52 %) a chuté dans 18 pays, et celle dans les ONG (53 %) s’est effondrée, perdant jusqu’à 10 points dans 21 pays.
- En moyenne, les employés suscitent 16 points de confiance de plus que les PDG en ce qui concerne la communication sur les relations employés/clients (53 %), les résultats financiers (38 %), les crises (37 %), l’innovation (33 %), les sujets propres au secteur (32 %) ou les programmes relatifs à des questions de société (30 %).
- La moitié des pays interrogés ont perdu leur foi dans le système, au premier rang desquels la France (72 %) et l’Italie (72 %), suivies du Mexique (67 %), de l’Afrique du Sud (67 %) et de l’Espagne (67 %).
- La confiance dans les médias traditionnels a reculé de 5 points, à 57 %, soit la plus forte chute de tous les supports d’information. Arrivent ensuite les réseaux sociaux (41 %), qui ont abandonné 3 points. En revanche, avec une hausse de la confiance de 5 points, les médias présents en ligne uniquement (51 %) ont enregistré la plus forte progression.

Le baromètre de confiance Edelman
Le Baromètre de confiance Edelman 2017 constitue la 17e enquête annuelle de l’agence sur la confiance et la crédibilité. Organisée par l’agence de recherche Edelman Intelligence, elle se fonde sur des entretiens en ligne de 25 minutes menés du 13 octobre au 16 novembre 2016. Au cours de l’enquête en ligne du Baromètre de confiance Edelman 2017 ont été interrogées plus de 33 000 personnes de 28 pays, dont 1 150 appartenant à la population générale et âgées de 18 ans et plus, 500 considérées comme un « public averti » aux États-Unis et en Chine, et 200 de ce même public averti dans tous les autres pays. Les conditions à remplir pour appartenir au « public averti » étaient les suivantes : tranche d’âge 25-64 ans, études supérieures, revenus par foyer dans le quartile supérieur pour l’âge et le pays concernés, consommation de presse et de médias économiques/d’actualité et suivi de l’actualité politique au moins plusieurs fois par semaine.

Crédit image : ©Thomas Bartel DDC by ESIEA
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Laurent Leloup
"Blockchain enthusiast" & Founder Blockchain Daily News
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Mardi 17 Janvier 2017
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