Corporate Finance News / Quotidien
              


Dimanche 19 Février 2006

Humeurs : peurs sur le monde.


25 mars 2006, 15h GMT. La nouvelle vient de tomber : Los Angeles vient d'enregistrer un séisme de 9,1 sur l'échelle de Richter, la faille de San Andreas n'a pas résisté : la Californie est dévastée, les morts se comptent par centaines de milliers. Au-delà des Etats-Unis, la planète entière est en ébullition : des rumeurs de répliques circulent, une partie de Tokyo est évacuée à la suite d'un séisme mineur.



Marc Touati - NXBP
Marc Touati - NXBP
C'est la panique : en quelques jours, les marchés boursiers américains et japonais s'écroulent de plus de 25 %, les taux à dix ans s'effondrent de 80 points de base outre-Atlantique et le dollar plonge, atteignant même les 1,50 pour un euro. Face au drame et à la baisse mécanique du PIB américain de près de 10 % en quelques heures, la Réserve fédérale baisse ses taux directeurs de 75 points de base. L'économie américaine s'enfonce néanmoins dans une récession qui entraînera dans son sillage l'ensemble de la planète... Réveillez-vous ! Ce n'est qu'un cauchemar. Du moins pour l'instant, car même si les Californiens vivent sans s'en soucier, le Big One est, selon de nombreux experts, inévitable.

Pas forcément inévitables, mais plus proches de l'actualité récente, les deux derniers risques majeurs qui menacent la stabilité économique et financière de la planète pourraient s'avérer encore plus dévastateurs tant en termes de vies humaines que d'ampleur en étendue et en durée. Le premier nous effraie déjà un peu plus chaque jour depuis quelques mois, en l'occurrence une pandémie de grippe aviaire transmissible à l'homme. Des dizaines, voire des centaines de milliers de morts pourraient effectivement en découler à travers le globe. Une interruption plus ou moins longue des échanges devrait s'ensuivre, surtout si le virus est mutant et que, de ce fait, les vaccins sont difficiles à trouver. Une récession mondiale d'au moins une année pourrait alors se produire, concernant tous les secteurs d'activité : de la consommation à l'investissement productif, en passant par les services. Seul le secteur de la pharmacie pourrait peut-être s'en sortir. Anticipant cette déprime internationale et malgré un assouplissement monétaire massif et généralisé (entre 0,5 % et 1 % de baisse des taux directeurs des banques centrales occidentales), les principaux marchés actions devraient perdre plus de 50 % de leur valeur en une année, tandis que les taux longs seraient divisés par deux.

Enfin, si les quatre risques que nous avons évoqués jusqu'à présent auraient des impacts évidemment dramatiques mais plus ou moins canalisés dans le temps et/ou dans l'espace, le dernier pourrait commencer de façon presque anodine, mais prendre des années avant d'être circonscrit. Tout pourrait en effet débuter par l'annonce de ce que de plus en plus d'experts géopolitiques et militaires craignent : la confirmation de la détention par l'Iran de l'arme nucléaire. Les Etats-Unis et l'Europe ne resteraient alors certainement pas les bras croisés, engageant une intervention militaire, qui pourrait pousser l'Iran à faire usage de sa nouvelle arme au Moyen-Orient et/ou ailleurs. Une troisième guerre du Golfe s'ensuivrait. Pis, celle-ci pourrait être perçue par certains comme une guerre de civilisations ou de religions qui déboucherait alors sur des attentats massifs dans l'ensemble des pays occidentaux, voire sur des guerres civiles dans les pays où vivent des populations qui pourraient se sentir concernés par un conflit qui les dépasse pourtant. Si le nombre de morts est évidemment impossible à quantifier, il est clair qu'une telle situation engendrerait une instabilité économique et financière extrêmement forte. Les marchés actions et les taux longs pourraient ainsi reculer d'au moins 50 % en quelques trimestres. Le baril monterait à plus de 100 dollars et l'économie mondiale entrerait dans une grave récession qui ne serait apaisée que par l'effort de guerre. Piètre consolation…

N'oubliez pas : la peur n'évite pas le danger. Autrement dit, cet article en deux parties n'a pas pour but de nous faire peur, mais de nous sensibiliser aux principaux risques qui nous menacent, en tentant d'en évaluer les impacts économico-financiers. En les évoquant, une remarque peut cependant s'imposer : s'il est beaucoup plus stable qu'au cours des siècles précédents, du moins jusqu'à la fin de la guerre froide, l'environnement dans lequel nous vivons demeure fragile. Il faut donc en profiter au maximum, en espérant qu'au bout du compte les scénarios catastrophes continueront de relever de la fiction...


Humeurs : peurs sur le monde.
[www.nxbp.fr]url:http://www.nxbp.fr

Extrait (page 2) de : Natexis Banques Populaires – Grandes Clientèles, Financements et Marchés - 17/02/06

Marc TOUATI
Président de ACDE

marc.touati@acde.biz

www.acde.biz





2006_02_17_NXBP.pdf 2006 02 17 NXBP.pdf  (265.24 Ko)


Finyear: latest news, derniers articles


Finyear Coffee: Your Morning Newsletter

Flux RSS