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Coface : Notes pays au 1er juillet 2006


Coface note une légère dégradation des risques pays dans le monde au cours du deuxième trimestre 2006, qui l’amène à déclasser les notes pays @rating de la Turquie, de la Hongrie, des Philippines, de la Jordanie et du Tchad. Seule la note de la République Dominicaine a pu être reclassée (voir annexe I). Les notes des pays industrialisées restent inchangées.



Evolution des notes pays Coface

Hongrie : La nouvelle détérioration des déséquilibres macroéconomiques exacerbe le risque de change
Note Coface ramenée de A2 sous surveillance négative à A3


La croissance s'est maintenue à un niveau important au 1er trimestre 2006 (+4,6% en glissement annuel) grâce au renforcement de l'investissement et des exportations. Mais, cette situation conjoncturelle favorable ne doit pas masquer une nouvelle détérioration des déséquilibres macroéconomiques. Le déficit public pourrait en effet atteindre 8% du PIB cette année. De plus, le pays supporte un important déficit courant (7% du PIB), un endettement extérieur lourd et un niveau de réserves en devises peu confortable. La vulnérabilité à une crise de change s'est accrue. Son coût pourrait s'avérer important, du fait de la progression de l'endettement en devises des agents économiques.

Sur le plan politique, la coalition sociale-démocrate au pouvoir est sortie renforcée des élections d'avril 2006. Mais, le programme d'austérité récemment annoncé par le gouvernement, plus centré sur les hausses d'impôts que sur une forte réduction des dépenses, ne semble guère convaincre les marchés.


Turquie : la forte vulnérabilité au risque de change s'est traduite par une chute de la livre et une hausse des taux d'intérêt
Note Coface ramenée de B sous surveillance positive à B


La chute de la livre en mai 2006 (plus de 16%) et la hausse importante des taux d'intérêt (de 13,25 à 15%) décidée par la Banque centrale pour juguler l'inflation et rassurer les marchés, devraient provoquer un ralentissement sensible de la demande intérieure et donc de la croissance au second semestre. La chute de la livre pénalise par ailleurs les importateurs et les emprunteurs en devises. La poursuite de la chute de la livre affecterait en priorité le secteur privé, dont l'endettement s'est accru. Des politiques budgétaire et monétaires restrictives et une restructuration radicale du secteur bancaire font en effet que l'Etat et les banques sont beaucoup plus solides que lors de la crise de 1994 ou celle de 2001.


Philippines : un risque souverain toujours significatif et une forte dépendance envers les marchés financiers
Note Coface ramenée de B sous surveillance positive à B


Compte tenu d'un risque souverain toujours significatif et dépendant des marchés financiers, le pays est un des plus vulnérables à la crise de défiance actuelle, ce qui motive la levée de la surveillance positive placée par Coface sur ce pays. La dette publique, qui est sensible aux risques de marché, reste élevée. La conjoncture est soutenue par le dynamisme des transferts des expatriés, mais les entreprises souffrent de la concurrence chinoise. Pour l'heure, l'indice d'incidents de paiements enregistré par Coface reste inférieur à la moyenne mondiale. Au plan politique, la Présidente Arroyo est sortie pour le moment renforcée des diverses tentatives de déstabilisation dont elle a été l'objet. En dépit de sa position instable, son bilan en matière de réformes est substantiel, même si la qualité de la gouvernance reste l'une des plus insuffisantes du continent asiatique.


Jordanie : des déséquilibres intérieurs et extérieurs aggravés
Note Coface ramenée de B à B sous surveillance négative


En dépit d'une croissance, parmi les plus solides de la région, dopée par son rôle de base arrière de l'Irak et le flux de capitaux régionaux, la hausse des cours du pétrole et la réduction de l'aide étrangère ont aggravé les déséquilibres intérieurs et extérieurs du pays. Sa balance des paiements est exposée à un retournement de confiance des investisseurs, qui rendrait insoutenable le maintien de l'ancrage du dinar au dollar. Mais, le pays pourrait sans doute compter sur l'aide internationale pour éviter une crise majeure. De par sa position géographique et la composition de sa population (en majorité d'origine palestinienne), la scène politique et l'économie sont fortement exposées aux tensions géopolitiques régionales.


Tchad : forte dégradation de la situation politique
Note Coface ramenée de C à D


La mise en production des champs pétrolifères de Doba en 2003, a provoqué une embellie conjoncturelle de l'économie du pays et amélioré ses indicateurs de solvabilité. Mais les perspectives se dégradent. La situation politique du pays s'est en effet fortement dégradée avec le renforcement de mouvements rebelles, rejoints par d'anciens alliés du Président Deby, et dont le but est de renverser le régime. Dans ces conditions, la réélection à une large majorité du Président Deby en mai 2006, lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, ne veut pas dire que la situation politique s'améliore. Par ailleurs, les relations du pays avec les bailleurs de fonds se sont détériorées, depuis que les autorités ont remis en cause le schéma de gestion des ressources pétrolières mis en place par la Banque Mondiale pour prix de son engagement, conditionnant ceux des investisseurs étrangers. Il n'est pas acquis que le compromis provisoire conclu en avril 2006 permette de restaurer des relations durables de confiance.


République Dominicaine : une stabilité macroéconomique retrouvée et une forte reprise de la croissance
Note Coface portée de C à B


Après une année 2005 marquée par un rattrapage exceptionnel, la croissance, toujours soutenue, devrait encore être principalement tirée par la consommation privée. Le pays bénéficie des revenus importants du tourisme et des transferts des expatriés. Il devrait aussi profiter de l'entrée en vigueur, en juillet 2006, de l'Accord de libre-échange avec l'Amérique centrale et les Etats-Unis (DR-CAFTA). La dette publique encore élevée doit se réduire et les ratios d'endettement extérieur s'améliorent, grâce au programme conclu avec le FMI en 2005, aux rééchelonnements consentis par le Club de Paris, et à la restructuration des dettes commerciales. Les problèmes de liquidité s'atténuent du fait de la reconstitution des réserves de change, tandis que le système financier est en cours d'assainissement.

A l'issue des élections législatives de mai 2006, le Président Leonel Fernandez dispose désormais d'une légère majorité au Parlement, ce qui pourrait faciliter l'avancement des réformes fiscales ou celles destinées à régler les difficultés de distribution de l'énergie électrique.

Toutefois, l'inflation restera alimentée par les cours élevés du pétrole, la République Dominicaine étant très dépendante des importations d'hydrocarbures, qui obèrent les comptes extérieurs, tandis que la suppression des quotas textiles ampute les exportations des zones franches. En dépit des difficultés de certains secteurs, les entreprises, qui font preuve de transparence, ont un comportement assez satisfaisant.

Evolution du risque pays dans le monde

Coface : Notes pays au 1er juillet 2006
Au cours du deuxième trimestre de l'année 2006, Coface note une dégradation de 0,3% de son indice mondial des risques pays (*). Cette légère dégradation provient principalement des pays émergents (+0,6%) plus touchés que les autres (car plus dépendants des capitaux étrangers) par un environnement financier international devenu incertain. Coface a donc déclassé les notes de la Turquie (de B avec surveillance positive, à B), la Hongrie (de A2 sous surveillance négative à A3), les Philippines (de B avec surveillance positive à B), et la Jordanie (de B à B avec surveillance négative). (*) Il s'agit de la moyenne des notes @rating pays pondérée par le poids de chaque pays dans la production mondiale. La base de l'indice est le niveau moyen des risques mondiaux en 2000. La région Proche et Moyen-Orient comprend la Turquie.
Des marchés financiers nerveux et une crainte de regain de l'inflation …

Le second trimestre 2006 a été marqué par la nervosité des marchés financiers qui ont vivement réagi au regain de l'inflation aux Etats-Unis et au relèvement par la FED des taux d'intérêt, le 10 mai dernier. Un arrêt du resserrement monétaire aux Etats-Unis, à partir du second semestre 2006, est devenu dans ce contexte peu probable.

La réaction des opérateurs financiers a provoqué :
• de forts reculs sur les principales places boursières, tant celles des pays industrialisés que des pays émergents, les plus importantes à Tokyo, Istanbul, Sao Paulo, Mexico ou Moscou mais aussi sur les principales places d'Asie émergente telles que Bombay ou Bangkok,
• des dépréciations des monnaies des pays émergents les plus vulnérables au risque de change, au premier rang desquelles la livre turque et le forint hongrois, et
• un repli des cours parfois spéculatifs de certaines matières premières comme le cuivre ou le nickel.

Cela étant, si de tels mouvements peuvent certes être interprétés comme des ajustements salutaires après une période d'excessive exubérance, ils remettent en exergue les déséquilibres persistants de l'économie mondiale.

… et toujours des déséquilibres dans l'économie mondiale
• L'ampleur du déficit courant américain (6,5 % du PIB attendu en 2006 et 7 % en 2007) fait toujours craindre une dépréciation brutale du dollar, elle-même suivie d'un relèvement plus rapide des taux d'intérêt. La croissance ralentirait alors face à des resserrements monétaires et budgétaires concomitants dans l'ensemble des pays industrialisés (Japon, Europe et Etats-Unis) et à une dégradation de la confiance des marchés financiers.
• Des coûts de matières premières toujours très élevés. Par exemple, sur les cinq premiers mois de l'année 2006, les prix du pétrole ont augmenté de près de 20% par rapport au niveau moyen des cours 2005.
• Un contexte géopolitique toujours incertain. Après l'escalade au sujet du dossier nucléaire iranien, les Etats-Unis, en manifestant leur volonté de négocier directement avec l'Iran, ont fait légèrement baissé la tension. Mais, rien n'est encore résolu. Il est même probable que la gestion politique de ce dossier se fera, dans les mois à venir, toujours à petits pas, accompagnés de louvoiements assez déstabilisants pour l'économie mondiale. Autres instabilités géopolitiques majeures : les tensions entre Fatah et Hamas dans les Territoires palestiniens qui font craindre une guerre civile et les incessantes difficultés des américains en Irak.

Dans ce contexte, et en dépit d'une demande encore soutenue, l'environnement pourrait être moins favorable pour les entreprises. Les hausses de coûts multiples qu'elles n'ont pas répercuté sur les prix finaux en raison de la pression de la compétition internationale (ce qui explique le niveau toujours limité d'inflation) devraient se poursuivre. Mais il est possible que cette situation atteigne un seuil. La progression des volumes vendus et des gains de productivité devrait ralentir. Dès lors, les profits record des grands groupes se tasseraient et les entreprises les plus fragiles (moins internationalisées et dépendantes de matières premières encore onéreuses) pourraient être confrontées à des difficultés financières croissantes.

Coface : Notes pays au 1er juillet 2006

Coface : Notes pays au 1er juillet 2006
Créée en 1946, Coface, notée AA par Fitch Ratings, AA- par S&P et Aa3 par Moody's, est filiale de Natexis Banques Populaires et du Groupe Banque Populaire, dont les fonds propres (tier 1) s'élèvent à fin 2005 à 14,63 milliards d'euros. Elle a pour mission de faciliter les échanges entre toutes les entreprises partout dans le monde. Pour cela, elle offre à ses clients quatre outils pour externaliser en tout ou partie la gestion, le financement et la protection de leur Poste clients: l'assurance-crédit, l'information et la notation d'entreprise, la gestion de créances et l'affacturage. Coface propose également trois autres formes de garantie ou de service : l'assurance caution, la formation aux techniques du poste clients et, en France, la gestion des garanties publiques à l'exportation pour le compte de l'Etat. Elle assure à ses 85.000 clients un service de proximité de qualité, grâce à ses 4.850 collaborateurs répartis dans les 59 pays dans lesquels elle est implantée directement. Ce service de proximité est étendu à 93 pays, grâce aux partenaires Coface au sein du réseau mondial CreditAlliance, structuré autour d'une gestion partagée des risques de crédit (Système Risque Commun).

Jeudi 13 Juillet 2006
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