Quotidien future finance
              



Volatilité


Lettre du 12 juin 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



La correction des cours de cette semaine est brutale, puisque nous n’avions pas connu de variation quotidienne aussi forte depuis la grande baisse de mars. Il est vrai que le CAC 40 avait progressé de plus de 20 % en trois semaines : quoi de plus normal que de « rendre » le tiers de la hausse ? On appelle cela une consolidation, une respiration de marché. Le niveau général de volatilité demeure néanmoins particulièrement élevé. Entre la hausse quotidienne de +3,7 % vendredi dernier et la baisse de -4,7 % hier jeudi à Paris, et de près de -8 % hier soir à Wall Street (Dow Jones), on ne peut pas parler de situation « normale » de ce point de vue. Notre allocation par scénario envisage deux cas de figures depuis la fin de l’année dernière : l’avènement de l’hyper liquidité et la récession systémique. Les conséquences pour les marchés d’actions sont diamétralement opposées, puisque, pour le premier scénario, nous avions fait l’hypothèse en décembre, d’un CAC 40 à 6 700 points. Pour le second, nous envisagions que le CAC 40 retrouverait le niveau de ses fonds propres, soit 3 500 points. Les deux hypothèses vont donc du simple au double, ce qui explique probablement la volatilité actuelle du marché, qui hésite entre ces deux directions.

L’avènement de l’hyperliquidité est pourtant plus que confirmé par l’épisode de la crise sanitaire.

L’économie capitaliste de marché a démontré encore une fois qu’elle est incapable de gérer les crises. Dans les situations de stress majeur, elle se retrouve comme un adolescent qui a fait une grosse bêtise et demande à son père de venir avec son carnet de chèque pour payer les dégâts. Et lui permettre de continuer ses activités imprudentes avec une période de rodomontade. Sans intervention publique massive, tant des banques centrales que des gouvernements, la situation de tous les marchés serait pitoyable, catastrophique. Il n’est plus dans l’air du temps d’accepter une telle situation, et les politiques ont donc à nouveau cédé. La cause est ici claire et noble : sauver des vies. Le coupable est bien connu : un virus, que l’on craignait depuis la grippe espagnole. Comme d’habitude, depuis l’épisode de l’automne 1998, le déversement de monnaie profite d’abord aux prix des actifs financiers : ils remontent brutalement, avant même que la situation ne s’améliore dans la sphère réelle. Cette situation de rebond est classique, avant le retour à un cheminement réellement haussier, justifié par les fondamentaux des entreprises. C’est à cet instant, aujourd’hui, que les investisseurs hésitent, et que la volatilité remonte.
La récession systémique, c’est le rendez-vous que tout le monde craint. A un moment ou à un autre, le système doit « boucler » : l’hyperliqudité doit laisser place à une « vraie » croissance. C’est en tous cas ce que nous pensons. Or, la croissance telle que nous la mesurons depuis la seconde guerre mondiale, via la notion de PIB, est profondément en danger. Une multitude de raisons, tant réelles que financières, expliquent cette baisse séculaire de la croissance. Et aucun homme politique, aucun responsable de banque centrale, aucun citoyen ne souhaite connaitre l’issue de cette baisse tendancielle de la croissance : chômage réellement de masse, désordres sociaux et politiques, et montée de l’insécurité, des populismes, voir des régimes autoritaires.

Pour notre part, nous restons sur la même idée, que nous avons présentée au dernier trimestre 2019 : c’est l’hyperliqudité qui va l’emporter. Il faut admettre que nos économies vivent dans un nouveau paradigme, un nouveau « logiciel ». Dans ce nouveau paradigme, les dettes publiques ne sont jamais remboursées, les déficits publics son permanents, et ces deux déséquilibres majeurs ne sont pas sanctionnés, ni par l’inflation, ni par la hausse des taux, ni par la baisse du taux de change externe, ni par la restriction du crédit. Dans ce nouveau paradigme, bientôt, le revenu des individus ne sera pas forcément le fruit du travail ou la contrepartie d’une prise de risque. Il pourra aussi provenir d’une allocation universelle, « l’helicopter money »… Dans ce nouveau paradigme, la hausse des prix de marché résulte d’abord de phénomènes monétaires, et ensuite de phénomènes réels. C’était l’inverse dans le monde d’avant.


Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux se sont stabilisés cette semaine. Ils restent autour de zéro l’OAT 10 ans France, et très bas aux USA (0,75%). L’€ a progressé de +1,2% contre le dollar.

Tendances récentes sur les matières premières : Les cours du pétrole et du cuivre poursuivent leur remontée.

Investisseurs : Nous recommandons la neutralité sur les actions pour un CAC 40 compris entre 4 554 et 4 904

Spéculateurs : La correction a eu lieu, la hausse peut reprendre
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


www.valquant.fr





No Offer, Solicitation, Investment Advice, or Recommendations

This website is for informational purposes only and does not constitute an offer to sell, a solicitation to buy, or a recommendation for any security, nor does it constitute an offer to provide investment advisory or other services by FINYEAR.
No reference to any specific security constitutes a recommendation to buy, sell or hold that security or any other security.
Nothing on this website shall be considered a solicitation or offer to buy or sell any security, future, option or other financial instrument or to offer or provide any investment advice or service to any person in any jurisdiction.
Nothing contained on the website constitutes investment advice or offers any opinion with respect to the suitability of any security, and the views expressed on this website should not be taken as advice to buy, sell or hold any security. In preparing the information contained in this website, we have not taken into account the investment needs, objectives and financial circumstances of any particular investor.
This information has no regard to the specific investment objectives, financial situation and particular needs of any specific recipient of this information and investments discussed may not be suitable for all investors.
Any views expressed on this website by us were prepared based upon the information available to us at the time such views were written. Changed or additional information could cause such views to change.
All information is subject to possible correction. Information may quickly become unreliable for various reasons, including changes in market conditions or economic circumstances.



Dimanche 14 Juin 2020
Notez


Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Finyear: latest news, derniers articles