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United States of America vs. Banks


La nouvelle vient d'être publiée : une plainte serait déposée contre une quinzaine d'établissements financiers dont la Société Générale pour le rôle qu'ils ont joué dans la faillite de Fannie Mae et Freddie Mac.



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Certes les banques ne sont pas directement responsables de la politique monétaire de la FED qui a largement ouvert le robinet à dollars dans la décennie passée, ouverture qui est à l'origine de la bulle immobilière outre-atlantique. De même ce ne sont pas directement ces banques d'affaires qui, au jour le jour, ont consenti des prêts hypothécaires sans se soucier de la solvabilité de l'emprunteur, en dépit du bon sens qui devrait présider à l'octroi d'un financement dans un établissement de crédit digne de ce nom. Elle n'ont fait que permettre à ces établissements prêteurs de se refinancer par le biais des titrisations, mais y ont confortablement gagné de l'argent.

Je ne résiste pas à la tentation de citer le Dictionnaire posthume de la finance de David Abiker et Evariste Lefeuvre (1) à propos des Collateral Debt Obligation (ou CDO) :

1. INDIGESTE Les CDO ont une définition si incompréhensible au commun des petits épargnants qu'il est préférable de leur parler de saucisson. BOUCHERIE INDUSTRIELLE Les CDO sont des créances saucissonnées, mais dont certaines rondelles pur porc ont été échangées contre de la merguez avariée, la merguez contaminant le reste. 2. PAR EXT. Un CDO de CDO, c'est un panachage de produits qui regroupent eux-mêmes une multitude de crédits à la merguez avariée. CDO cube est logiquement un CDO de CDO de CDO … qui sent si fort la merguez pourrie que plus personne ne veut l'acheter, quel que soit le bout proposé.

Là où effectivement une indubitable responsabilité incombe à ces banques, c'est dans le montage et la commercialisation des actifs toxiques liés à cette titrisation. Il est difficile d'admettre que prospectus et discours commerciaux sur ces produits structurés aient été établis avec la dose de paranoïa nécessaire et suffisante quant aux facteurs de risques, ni avec la sincérité et la loyauté qui devraient présider à une relation banque – client, surtout quand une banque se déleste discrètement de ses positions sur fonds propres tout en poursuivant ces lucratifs montages et placements … Nous en revenons toujours au couple infernal ( cupidité ; duplicité ) des banques.

Elles auront beau jeu de se retrancher derrière la conjoncture, la politique du crédit et la faillite technique des agences de notations. Il est d'ailleurs surprenant que ces dernières ne soient pas, elles aussi, trainées sur le banc d'infamie : elles seraient de formidables complices implicites !

Mon intuition qui n'engage que moi : il est probable que des considérations pré-électorales aient, plus que la simple recherche d'équité et de justice ou un « pari » d'orthodoxie budgétaire (2), pesé sur et présidé à la décision de l'administration américaine. La détestation de la finance en général est telle que c'est si simple d'offrir au lynchage de l'opinion un excellent bouc émissaire de circonstance et de se refaire à bon compte une virginité. Ce qui ne rends bien évidement pas ces banques innocentes comme l'agneau qui vient de naitre pour autant.

(1) édité par Groupe Eyrolles, © 2009
(2) les coûts engagés seront inférieurs aux indemnités qui seront négociées lors d'une transaction avec ces banques

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx

boss@remsyx.com
www.remsyx.com

Vendredi 9 Septembre 2011
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