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Un journaliste écrit sur les banques : son banquier le chasse


La banque adore les « clients moyens ». Comme le Français moyen, le client moyen est un anonyme qui ne dérange pas les lignes… de compte. Le sien, de compte, est moyen : ni éligible à la banque d'« investissement d'à côté par son encours confortable ni susceptible de virer au rouge découvert.



Je suis un client moyen
Tellement anonyme que huit ans durant, je n‘ai pas vu, pas entendu, ma conseillère. Madame H. ne m‘a jamais proposé aucun placement, aucune Sicav, pas même un livret. Je n'ai jamais vu Madame H. Cest quand même vexant, non ?
Pourtant, j'avais de grandes espérances. En suivant à la Banque populaire de ma ville un directeur adjoint frais émoulu qui écoutait mes chroniques scientifiques sur BFM, j'avais cru m'attacher à jamais un banquier compréhensif, de bon conseil, attentif. Pensez ! Quand, de loin en loin, je lui rendais visite, cet homme de bon goût, sitôt qu'il mapercevait dans la file des clients moyens, se précipitait, m'invitait dans son bureau, me demandait des nouvelles des médias, me confirmait qu'il mavait bien remboursé tel prélèvement à titre de geste commercial… Le rêve bancaire, hélas, s'est très vite fait débaucher par un chasseur de tête. Et je suis resté en tête-à-tête avec Madame H. Enfin, sur le papier…

Je ne veux plus de vous
Pendant des années, cette agence de la Banque populaire m'a traité comme tous les clients moyens. Un peu moins bien, pourtant : courrier perdu (perte, 2 500€), refus de prêt immobilier sans raison (moyen ne veut pas pourtant pas dire insolvable), casse-tête de codes informatiques, prélèvements de frais, de frais, de frais…

Un jour, je proteste. J'écris. J'estime que l'on m'a prélevé des frais injustifiés. Est-ce la mention journaliste qui émeut le patron de la BP du département ? Quoi qu'il en soit, je suis reçu. Beau langage. Peut-être l'équivalent de 7€ de geste.

Quelques années plus tard, je récrimine à nouveau, et cette fois je brandis la menace fatale : j‘ai bien envie de changer de banque… Quelle menace ! M. P.T., le patron de banque qui m'avait reçu, saute sur loccasion : il est navré, mais sa banque n'a décidément pas envie de me garder parmi ses clients moyens. Cause non avouée : une banque n'aime pas les emmerdeurs’.

Rendez-vous est pris. Amusé, je lui explique que je suis en train d'écrire un livre sur les relations entre les banquiers et leurs clients, et que nos mésaventures relationnelles tombent à pic. M. P.T. sourit jaune. Il a, semble-t-il, fait preuve d'une patience de banquier exceptionnelle.

Deux mois plus tard, il m'appelle. Je ne veux plus de vous comme client. La raison ? Aucune. Je vous ai reçu, mais vous continuez à adresser des demandes à votre conseiller. Bigre. J'ai osé en adresser quatre ou cinq en huit ans. Toutes justifiées.

Mon livre va sortir quelques jours plus tard. Les banques sont sur la sellette. L'opinion gronde. Son groupe est sous les feux de l'actualité. Mais M. P.T. me vire. Mon compte ? Il est moins moyen, pour le moment. J‘ai même grimpé en catégorie : je suis A (provisoirement, mais A quand même ! Les banquiers scorent’ en effet leurs clients, le plus souvent sous forme de lettres, A, B, C, D, parfois E. Du plus bankable à l'interdit bancaire. Chacun a le droit de connaître sa lettre : il suffit de le demander poliment par écrit à sa banque.

M. P.T. me vire. Les directeurs d'agence se plaignent : leurs clients agressent verbalement leurs conseillers. Le monde entier se saigne aux quatre veines pour juguler le credit crunch induit par les banquiers américains. Qu'à cela ne tienne, M. P.T. me vire.

Mon livre prophétique s'intitule Mon banquier, la crise et moi. Des conseillers y livrent leurs pratiques, leurs pensées, leurs trucs face aux clients. Ils avouent leurs méthodes de vente aux clients moyens. C'est trop. Mon banquier, le vrai, a raison : il est temps de ne plus laisser les clients vous maltraiter. Virons-les.

Par Olivier Magnan
Journaliste
Mars 2009


(NDLR)
Lien vers son ouvrage :
www.cfo-news.com/Mon-banquier,-la-crise-et-moi-Toutes-les-reponses-aux-questions-que-vous-n-osez-pas-poser-a-votre-conseiller_a9519.html

Mercredi 25 Mars 2009
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1.Posté par Pierrick HOUGA le 25/03/2009 12:28 | Alerter
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Bonjour,

Vous avez écrit 4 ou 5 fois en 8 ans à la banque et celle-ci vous demande la clôture de votre compte, avec un prétexte fallacieux.

Dans le cadre de mon activité (Optimisation de la Gestion de Trésorerie et Contrôle des facturations bancaires) j’ai recommandé à une entreprise d’assigner une banque en justice. Avant de confier le dossier à un avocat, le PDG a souhaité rencontrer la Direction Générale de la Banque (petite banque de province).

Au cours de cet entretien auquel je participais, la banque face à la détermination du dirigeant a accepté d’indemniser l’entreprise à hauteur de 13.000,00 Euros.

Huit jours après l’avis de crédit adressé à l’entreprise, cette banque dans laquelle j’avais un compte m’a adressé une missive dans laquelle il était précisé : « Nous n’avons plus convenance à travailler avec vous et vous demandons de nous communiquer le RIB d’un compte sur lequel nous virerons votre solde disponible » !

Y aurait-il une relation de cause à effet ?

Pierrick HOUGA
www.verificationtaux.fr

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