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Vendredi 12 Février 2021

Tesla et le bitcoin : le sommet d’une bulle ?


Lettre du 12 février 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



NDLR : soucieux de présenter des opinions et actualités parfois en contradiction avec notre vision sur la thématique blockchain & crypto nous publions cet intéressant avis d'expert rédigé par Eric Galiègue.
Laurent Leloup - Dir. de la publication Finyear


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Cette semaine, la société TESLA a annoncé avoir acheté pour 1,5Mds $ de bitcoins, pour « diversifier et maximiser le rendement de ses liquidités ». Le groupe a aussi annoncé qu’il envisageait dans le futur d’accepter le Bitcoin comme monnaie de paiement. Évidemment, le cours du bitcoin a été relancé, et a poursuivi son cycle haussier actuel, qui a commencé en octobre dernier. Cette actualité de la semaine nous amène à formuler plusieurs remarques :

1/ « Maximiser le rendement de ses liquidités » avec des bitcoins est stupide. En tant qu’analyste financier et conseiller en investissement financier, nous ne pouvons que dénoncer ce type de propos et de comportement. Rappelons-le, le bitcoin n’a aucun rendement (comme l’or), il ne génère aucun flux futur. Il a un prix (très élevé) mais pas de valeur intrinsèque. Son prix ne dépend que de ce que le marché pense de lui. Et ce qu’il pense de lui dépend de son comportement récent. Il s’agit donc d’un pur objet de spéculation, qui a pour définition, dans le dictionnaire Larousse : « Construction abstraite, commentaire arbitraire et invérifiable »

2/ On se demande si finalement le fantasque Elon Musk ne fait tout simplement que spéculer sur la hausse du prix du bitcoin. Auquel cas on pourrait se poser plusieurs questions : la qualification en abus de marché des annonces de Tesla, au moins en droit français, et la motivation de cet « acte de gestion », en ce sens qu’on se demande en quoi l’achat de bitcoins est en relation avec l’objet social de l’entreprise.

3/ Le bitcoin n’a pas cours légal, ce n’est pas une monnaie. Elle n’en a pas d’ailleurs la première qualité : la stabilité, et la faculté de son volume à varier selon les évolutions économiques. On a pu lire aussi cette semaine que Twitter envisageait de l’accepter comme monnaie de paiement, et de payer ses salariés en bitcoins. Ces propositions font froid dans le dos et nous inquiètent, mais elles sont finalement logiques de la part de sociétés dont la capitalisation boursière procède largement de l’économie de spéculation et de bulle. Si demain les salaires sont versés en bitcoins et que le prix de celui-ci, au lieu de monter, se met à baisser ? L’instabilité inhérente à la spéculation gagnerait ainsi la sphère réelle : il s’agirait d’un gigantesque bond en arrière.

4/ Le bitcoin peut être considéré comme un placement de diversification, comme l’or. Il peut en ce sens faire partie des portefeuilles des particuliers ou des institutionnels, à nouveau par son pouvoir de diversification, c’est à dire sa capacité à réduire le risque de l’ensemble d’un portefeuille, sans modifier ses perspectives de rentabilité. Blackrock envisage de l’inclure dans son portefeuille. Mastercard et BNY Mellon ont annoncé le lancement de services de cryptomonnaies.

5/ Le bitcoin exploite la technologie révolutionnaire du « registre partagé », qui permet la certification absolue d’un échange et de la détention. C’est cette technologie qui a beaucoup de valeur, car elle rend des services de certification digitale. Elle va concurrencer dans le futur l’ensemble des acteurs économiques qui rendent un service de « tiers de confiance » : cette nouvelle « disruption » va faire beaucoup parler d’elle, mais elle ne remettra pas en cause la monnaie actuelle, qui jamais ne sera « disruptée ». Par ailleurs, la base de la hausse de son prix est sa rareté : l’algorithme initial lancé par le concepteur japonais du bitcoin ne peux générer plus de 22 millions de bitcoins. Ce qui fait dire à certains que « sa valeur est infinie ». Ce qui est stupide.

L’économie financière de spéculation, furieusement alimentée depuis un an par la création monétaire sans contrepartie, ne génère pas de « régulation automatique », contrairement à l’économie réelle. Dans la sphère réelle, lorsqu’un prix monte, les volumes de production augmentent, ce qui a pour effet de faire revenir le prix à sa position d’équilibre. Si le prix du pétrole venait à franchir à nouveau 100$ le baril, par exemple, nul doute que les compagnies investiraient à nouveau dans la mise en exploitation de nouveaux champs pétrolifères, et la nouvelle production future aura pour effet de faire baisser le prix. En matière de bitcoin, et de spéculation en général, la hausse s’auto entretient, rien ne peut l’arrêter, jusqu’ à ce que le phénomène s’inverse… par la seule expression de l’idée que les spéculateurs se font du Bitcoin, et rien d’autre. L’achat de 1,5Mds$ de bitcoins par Tesla fera probablement date ; il définit peut-être le point haut de la bulle spéculative américaine.


Investisseurs : Nous sommes normalement investis sur les actions pour un CAC 40 compris entre 5 268 et 5 673.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux souverains européens ont légèrement remonté. Le taux des obligations du trésor américain reste au-delà de 1,1%.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole poursuit sa hausse, au-delà de 60$ le baril, le cours des matières premières en général demeure dynamique
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
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www.valquant.fr




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