Le quotidien du futur de la finance depuis 2005 (Fintech, Blockchain, DeFi, IA)
              



Scandale


Lettre du 26 juin 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Voilà encore une triste semaine pour les marchés financiers. Seule la divine surprise des indices PMI Flash pour la France publiés par Markit a compensé partiellement l’avalanche des mauvaises nouvelles.
Entre la nouvelle révision en baisse du scénario macroéconomique du FMI, l’aggravation de l’épidémie dans le sud des USA et dans le monde en général, l’agressivité commerciale des USA vis-à-vis de l’Europe, l’impact estimé à -10 % sur le bénéfice 2021 des entreprises américaines du S&P 500 si M. Biden était élu, et, surtout, l’invraisemblable scandale Wirecard, on se demande comment les indices américains ont pu à nouveau bien se comporter, et inscrire un plus haut historique pour le NASDAQ.
Même le FMI, dans la nouvelle mouture de son rapport sur la stabilité financière mondiale, s’émeut de cette euphorie de marché dans un contexte économique si dégradé.

Nous soulignons souvent combien les marchés vont jusqu’au bout du paradoxe de la liquidité. C’est bien sûr l’hyperliquidité qui dope les prix, pas les fondamentaux des entreprises ; c’est le moteur monétaire qui donne toute sa puissance, alors que le moteur réel est éteint.

Mais au-delà de cette relation entre liquidité et fondamentaux, entre monnaie et croissance, c’est le scandale Wirecard qui est le plus stupéfiant. Alors que les autorités publiques, monétaires comme gouvernementales, font tout pour limiter l’impact de la pandémie de Coronavirus sur les entreprises et l’économie en général, voilà qu’une escroquerie gigantesque éclate au grand jour et détruit une grande entreprise.
Le plus grave, c’est le soutien qui a été apporté aux dirigeants pendant si longtemps, par les autorités réglementaires locales. Le lièvre avait pourtant été levé depuis plus d’un an par le Financial Times, qui avait suspecté dans ses lignes des irrégularités comptables. Les Hedges Funds avaient donc pris position contre Wirecard. En conséquence, la Bafin avait interdit les ventes à découvert sur cette action qui représentait à un moment donné le plus gros volume de XETRA, l’opérateur boursier allemand. L’autorité allemande de régulation des marchés avait même intenté un procès au journaliste du Financial Times et aux Hedges Funds qui avait « joué » contre l’action. Cette affaire était devenue le symbole d’une entreprise vertueuse d’Europe continentale, qui se défendait contre l’avidité des fonds Anglo saxons et la recherche de sensationnalisme de la presse financière. C’était en quelque sorte, la sphère réelle travailleuse de l’Europe qui se défendait contre la sphère financière Anglo saxonne prédatrice. On pouvait quasiment parler de l’affrontement de deux systèmes, qui se termine par l’éclatante victoire de la vérité… et l’humiliation de la finance allemande.

Depuis des lustres, la banque-industrie est au cœur de l’économie allemande. Le soutien des banques allemandes aux entreprises familiales allemandes est indéfectible. C’est un des clés du succès de l’économie industrielle allemande, mais elle est assortie d’un manque de transparence notamment de la part des nombreuses banques de taille petites et intermédiaires, qui ont un statut coopératif ou mutualiste. La banque allemande constitue le talon d’Achille du système : on sait que Commezbank est une « banque zombie », et les déboires de Deutsche Bank sont bien connus.

Le scandale Wirecard instille un doute profond, comme ce fut le cas pour ENRON il y a près de 20 ans, Worldcom ou encore PARMALAT de ce côté-ci de l’Atlantique. Si une telle escroquerie a été possible pour une société cotée, membre du prestigieux DAX, d’une certaine manière tout est possible. Investisseurs et analystes financiers se fondent forcément sur les informations comptables publiées par les entreprises ; s’ils en doutent, alors une crise systémique est possible. L’affaire Wirecard aura des répercussions bien plus importantes que la perte significative subie par les gérants de portefeuille qui accordaient toujours leur confiance au groupe allemand en faillite aujourd’hui.


Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux ont baissé légèrement cette semaine. Ils restent négatifs pour l’OAT 10 ans France, et proches de -0,5% Outre Rhin. L’€ a baissé de -1% contre le dollar : il poursuit sa consolidation.

Tendances récentes sur les matières premières : Les cours du pétrole sont stables, alors que le prix du cuivre a légèrement progressé.

Investisseurs : Nous recommandons de sous-pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 4 838 et 5 032.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


www.valquant.fr





No Offer, Solicitation, Investment Advice, or Recommendations

This website is for informational purposes only and does not constitute an offer to sell, a solicitation to buy, or a recommendation for any security, nor does it constitute an offer to provide investment advisory or other services by FINYEAR.
No reference to any specific security constitutes a recommendation to buy, sell or hold that security or any other security.
Nothing on this website shall be considered a solicitation or offer to buy or sell any security, future, option or other financial instrument or to offer or provide any investment advice or service to any person in any jurisdiction.
Nothing contained on the website constitutes investment advice or offers any opinion with respect to the suitability of any security, and the views expressed on this website should not be taken as advice to buy, sell or hold any security. In preparing the information contained in this website, we have not taken into account the investment needs, objectives and financial circumstances of any particular investor.
This information has no regard to the specific investment objectives, financial situation and particular needs of any specific recipient of this information and investments discussed may not be suitable for all investors.
Any views expressed on this website by us were prepared based upon the information available to us at the time such views were written. Changed or additional information could cause such views to change.
All information is subject to possible correction. Information may quickly become unreliable for various reasons, including changes in market conditions or economic circumstances.



Samedi 27 Juin 2020
Notez


Nouveau commentaire :
Twitter

Your email address will not be published. Required fields are marked *
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Finyear: latest news, derniers articles


Newsletter quotidienne gratuite


Le marché des cryptos