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Réouverture de l’Opéra royal de Versailles


Après deux années de travaux de mise en sécurité, l’Opéra royal rouvre ses portes au public.



Réouverture de l’Opéra royal de Versailles
L’établissement public du musée et du domaine national de Versailles renoue avec la tradition musicale en instaurant une programmation régulière de spectacles dans cet édifice prestigieux. Confiée à sa filiale Château de Versailles Spectacles, elle vient en complément desspectacles proposés chaque automne par le Centre de Musique Baroque de Versailles. Ouvert sur les répertoires de la musique savante classique et baroque, française et étrangère, comme du théâtre et de la danse, le château de Versailles accueillera à l’Opéra royal les plus grands noms de la scène française et internationale dès cette saison 2009-2010. Les visiteurs du Château pourront également découvrir l’Opéra et ses dessous dans le cadre de visites conférences.

Partie intégrante du château de Versailles, l’Opéra royal est l’exemple même du théâtre de cour et constitue l’un des éléments remarquables du domaine de Versailles grâce à ses agencements architecturaux, décoratifs, techniques et scéniques. Commandée initialement à Jules Hardouin-Mansart en 1682, la construction de l’Opéra royal fut menée par Ange-Jacques Gabriel, pour être inaugurée en 1770 à l’occasion du mariage du futur Louis XVI. La salle, transformée lourdement sous Louis-Philippe par Frédéric Nepveu, perdit sa vocation théâtrale en 1871 pour abriter le Sénat. Il faudra attendre 1957, après une vaste campagne de travaux conduite par André Japy, pour qu’elle retrouve son aspect d’Ancien Régime.

Fermé en 2007, l’Opéra royal a bénéficié d’importants travaux de mise en sécurité. Les travaux conduits par Frédéric Didier, Architecte en chef des monuments historiques, et l’Etablissement public de maîtrise d’ouvrage des travaux culturels (EMOC) ont porté principalement sur le remplacement à neuf des réseaux internes à l’édifice (chauffage, circuits électriques, détection incendie) et l’externalisation des locaux techniques sous la cour de l’Opéra. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du «schéma dircteur du Grand Versailles» engagé en 2003 par Jean-Jacques Aillagon, alors Ministre de la Culture et de la Communication Ils visent prioritairement à établir une meilleure sécurité de ce théâtre dont on savait qu’il était particulièrement vulnérable au risque incendie.

Historique de l’Opéra royal

L’édifice, situé à l’extrémité de l’aile du Nord, est bordé par les bassins des Réservoirs au nord , par la cour de l’Opéra au sud, par la rue des Réservoirs et la place Gambetta à l’est, et par le parterre du Nord à l’ouest. Le bâtiment s’élève sur 9 niveaux avec un comble et un sous-sol, qui par la déclivité naturelle du terrain, se situe au niveau de la rue. Intérieurement, l’opéra est constitué d’une salle de forme ovoïde, qui comprend trois niveaux ouverts au public, et d’un espace scénique dont le plateau repose sur les cinq niveaux constituant les dessous de la scène.

Le projet de l’Opéra royal de Versailles naît dès 1682, sous le règne de Louis XIV. Le Roi, amateur de musique et de danse, charge Jules Hardouin-Mansart et Carlo Vigarani de dresser les plans d’une salle des ballets, mais la construction de cet édifice ne peut être mené à bien. Jusqu’à la moitié du siècle suivant, Versailles ne connaît que des théâtres temporaires, installés dans des espaces restreints, ne pouvant accueillir qu’un nombre très faible de spectateurs.

Les travaux de gros oeuvre furent commencés dès 1685 mais ils furent vite interrompus en raison des guerres et des difficultés financières de la fin du règne. Seules les élévations donnant sur les jardins furent abouties, afin de clore la construction de l’aile du Nord. Mais côté ville, la cour de l’Opéra et la future cage de scène resteront inachevées pendant des générations, leur périmètre étant muré ou enserré de constructions provisoires. Bien que les fondations de la salle des ballets furent jetées en totalité, la seule portion véritablement construite par Jules Hardouin-Mansart fut investie par les courtisans, le premier étage et l’attique transformés en logements.

Louis XV, à son tour, recula longtemps devant la dépense nécessaire à l’achèvement de cette salle, de sorte que, pendant près d’un siècle, la Cour de France dut se contenter d’une petite salle de comédie aménagée sous le passage des Princes. Lorsqu’on voulait représenter un grand opéra, appelant une grande figuration et une machinerie compliquée, on construisait dans le manège de la Grande Ecurie une salle provisoire que l’on démolissait le lendemain des fêtes. Ce fut le cas, en particulier, lors du mariage du Dauphin en février 1745 . Cette solution présentant de tels inconvénients, Louis XV reconsidéra le site original à l’extrémité de l’aile du Nord et confia l’achèvement de la salle à son premier architecte, Ange-Jacques Gabriel.

Dès les années 1740, l’architecte commença à dresser des plans et des projets qui furent révisés et redessinés dans les années 1750. Au lieu d’un théâtre pour la cour, il dut exécuter une salle transformable en des espaces qui manquaient au grand appartement : une salle dédiée au Festin royal, une salle de Bal paré, un Grand Théâtre qui aurait dû se transformer en un théâtre plus réduit pour l’ordinaire de la cour.

C’est ainsi qu’après la paix d’Aix-la-Chapelle sont posées les premières assises de maçonnerie de la
salle. Elles suivent selon un plan elliptique, ce qui constitue une nouveauté en France puisque l’acoustique et la distribution sont améliorées. Parallèlement, l’aile devant relier le Gros Pavillon central et les massives fondations du futur Opéra fut construite entre 1750 et 1752 , au dessus des aires de services existantes. Un plan primitif désignait d’ailleurs cette construction comme destinée à servir de foyer et de loges pour les acteurs.

Une nouvelle étude est entreprise en 1753 sous l’influence des réalisations italiennes contemporaines, en particulier pour le théâtre d’Alfieri à Turin, et se traduit dans le traitement des accès à l’amphithéâtre et à la loge royale où le schéma de circulation à l’italienne s’affirme. Mais les dépenses de la Guerre de Sept Ans empêchèrent une nouvelle fois de construire le théâtre, de sorte que l’aile nouvellement créée pour fermer la cour de l’Opéra fut immédiatement envahie elle aussi par les courtisans.

A partir de 1763, une nouvelle série de plans fut dressée et près de 40.000 livres débloquées pour la préparation du site et les constructions extérieures. Quant à la décoration intérieure, celle-ci devint plus sobre, en épurant l’ornementation rocaille des premiers projets tout en accentuant l’architecture de la salle. Par exemple, la loge royale obéit aux règles de discrétion selon la volonté de Louis XV, elle demeure néanmoins soulignée par une niche triomphale.

Ce projet, dans lequel apparaît le terme même d’Opéra, dénote la collaboration de Slodtz et de Cochin. Gabriel incorpore en 1765 un nouveau projet pour la colonnade placée aux balcons supérieurs, où demeurent encore quelques survivances du style rocaille, tandis que les travaux de la façade Nord, annonçant le style néoclassique, se termineront en 1768 par la sculpture du fronton de Pajou représentant la poésie lyrique, sur les Réservoirs.

De même en 1766, alors que le concept d’espace séparé commence à se généraliser dans les théâtres urbains, la suppression des appartements sur le parc, en dépit de la pression des courtisans, est finalement décidée, ce qui permet la réalisation d’un foyer. L’achèvement du chantier de Gabriel est accéléré par l’exigence royale d’une utilisation pour le mariage du futur Dauphin avec
l’archiduchesse d’Autriche prévu en mai 1770.

La décoration intérieure est quant à elle finie en décembre 1766 par Pajou, assisté de Rousseau et Guibert, Durameau étant l’auteur de la peinture des plafonds. Les machineries sont l’oeuvre d’Arnoult. Outre celles nécessaires aux représentations, la salle de spectacle est dotée d’un plancher à transformation, qui s’élève à l’aide de crics à la hauteur de la scène de manière à composer une salle pour des bals ou des festins.

Utilisable juste à temps pour les cérémonies du mariage du Dauphin en mai 1770, l’Opéra servit alors dans ses diverses configurations, mais ne fonctionna réellement qu’en de rares occasions, du fait d’un usage dispendieux, des événements révolutionnaires, et parce que Pierre-Adrien Paris avait réalisé pour Marie-Antoinette un petit théâtre laissé inachevé, dans la cage de l’escalier, de l’aile Gabriel.

Quant à l’aile séparant la cour de l’Opéra de la rue des Réservoirs, sa destination initiale, dévolue aux acteurs, ne fut pas reconduite, les appartements qui y furent ménagés dès les années 1750 restant sous l’emprise des courtisans. Il fut alors décidé la construction d’un bâtiment de l’autre côté de l’Opéra, adossé au soutènement des Réservoirs, afin de les recevoir. Un projet fut donc livré parallèlement à la remise de la salle et légèrement remanié lors de l’édification qui s’en suivit à la fin de l’année 1770 ; le comble mansardé projeté initialement ayant été supprimé pour bénéficier d’un étage de plain-pied avec la terrasse des Réservoirs. Très rapidement, et du fait de l’utilisation de plus en plus épisodique de la salle, ce bâtiment connut le même sort que l’aile du Nord, où la mise à disposition des locaux s’étendit non plus au seul usage des acteurs mais également à celui de la Cour.

Après le banquet des gardes du corps, dernière fête dans la salle à l’aube de la Révolution, l’Opéra sombra dans une profonde léthargie, que la vente des glaces, lustres, tentures et mobilier en 1793 ne vint qu’à peine éveiller. Seules les disparitions de quelques décors et d’une partie des machineries furent les signes visibles de ces troubles, la salle comme la scène demeurant intactes. Sous l’Empire et la Restauration, des travaux d’entretien courant furent exécutés sur le clos et le couvert, permettant la sauvegarde de l’enveloppe architecturale. Ce n’est que sous Louis-Philippe, par son projet «réconciliateur» avec lequel il entendait renouer avec les fastes du passé, que fut réanimé l’Opéra dans le cadre d’une vaste campagne de restauration générale du château. L’architecte du roi, Nepveu, fut ainsi chargé de la remise en état de marche de la salle de spectacle tandis qu’il faisait aménager des locaux de service dans l’aile du Nord, à l’image des immenses cuisines nécessaires aux réceptions.

Ces travaux modifièrent également de façon considérable les étages des deux ailes sur rue rejoignant le Gros Pavillon central, désormais Pavillon Louis Philippe, où fut disposée la Salle des Croisades. Si les niveaux inférieurs furent maintenus dans leur utilisation (offices et logements de service) les étages supérieurs furent totalement démolis au début des années 1840 pour constituer les salles d’Afrique, avec, au sud, la salle de Constantine et au nord, la salle du Maroc. Le théâtre, quant à lui, abandonné durant quarante ans, fit l’objet de travaux considérables. La salle et le foyer furent repeints dans les tons de rouge à croisillons d’or, recouvrant ainsi les délicates nuances des faux marbres du XVIIIème siècle. Le concept originel de polyvalence entre salle et scène fut, quant à lui, délaissé, les travaux entrepris préférant figer le théâtre dans sa configuration de salle de spectacle. Le plancher du parterre fut entièrement refait, selon une pente différente de celle du XVIIIème siècle, pour en améliorer la visibilité. Le tracé de l’amphithéâtre fut, de même, rectifié pour élargir le parterre, en supprimant les ressauts latéraux qui existaient après la fosse d’orchestre.

Le bâtiment des Acteurs fut également concerné par cette vaste campagne de travaux. Mais finalement peu des intentions portées à son encontre furent réalisées. Au début de l’année 1844 , Nepveu proposa d’intégrer le premier des petits bâtiments qui s’adossaient aux Réservoirs à la suite du bâtiment des Acteurs, tout en prévoyant la suppression du dernier étage et la modification de sa toiture, l’égout devant s’aligner avec la balustrade du mur de soutènement. Ce parti général obligea l’architecte à proposer la création d’un édicule en toiture au niveau des deux premières travées du bâtiment, ceci pour maintenir les accès qui desservaient le premier dessous et le plateau de scène de l’Opéra depuis les deux derniers niveaux. Ce projet de lourde transformation fut, semble-t-il, vite abandonné, comme le prouve un projet plus modeste, daté d’octobre 1844 , et qui fut d’ailleurs exécuté. L’escalier desservant les deux accès à l’Opéra fut finalement démoli pour être remplacé par deux volées droites, insérées directement dans l’épaisseur de la maçonnerie.

La vocation originelle de la salle fut dès lors dévoyée, jusqu’à lui attribuer un caractèresolennel, mais aussi imparfaitement adapté, avec l’installation du Sénat à partir de 1870 lors de la venue du gouvernement de la Troisième République à Versailles, en passant par une utilisation occasionnelle pour les inaugurations comme celle du musée de l’Histoire de France en 1837, ou les réceptions prestigieuses comme celle de la reine Victoria en 1855 . Si les travaux furent peu significatifs depuis Louis-Philippe, ils devinrent, en revanche, plus dommageables à partir de 1870, par la mise en oeuvre d’un nouveau plancher englobant l’amphithéâtre, le parterre et la fosse d’orchestre, le proscenium et l’avant-scène, et la dépose du plafond ovale de la salle pour être remplacé par une immense verrière.

L’Opéra étant de moins en moins utilisée par le Sénat, et d’un entretien décroissant, un plan de sauvegarde est finalement élaboré en 1952 . Les travaux de restauration sont confiés à l’architecte en chef des Bâtiments Civils, André Japy. Ce projet, d’une ampleur considérable, tâchera, outre les travaux de restauration du gros oeuvre et la suppression des aménagements quelque peu rédhibitoires du Sénat, de retrouver l’état de la salle de l’Opéra sous l’Ancien Régime. La salle retrouvera son aspect décoratif initial : décors peints en faux-marbres imitant le sérancolin, le verd-verd, porphyre clair ou griotte clair, remplaçant avantageusement le décor rouge et or de Ciceri, tout comme la mise à jour des anciens panneaux peints d’arabesques de l’ancienne loge de Marigny, composés par Vernet le Jeune.

Mis à part le retour à cet aspect purement décoratif, des reprises plus importantes seront également réalisées comme la repose du plafond de Durameau, ou bien d’un point de vue plus architectural, le rétablissement des justes proportions de la loge grillée du roi. Pourtant certaines dispositions de l’Ancien Régime semblent avoir été ignorées, comme la restitution du deuxième étage de gradin à la colonnade, tandis que pour d’autres, force est de constater la conservation des modifications structurelles apportées par Nepveu. En effet, André Japy ne restaurera pas l’élargissement des bras de l’amphithéâtre et figera ainsi la configuration de la salle en lieu de spectacle, rendant impossible, sans travaux conséquents, la restitution de la salle de festin. C’est pourtant dans un Opéra superbe et impeccable qu’est reçue le 9 avril 1957, pour un spectacle d’inauguration, la reine Elizabeth II qui effectue son premier voyage officiel en tant que souveraine.

Malgré le but avoué, lors de ces lourds travaux de restauration, de rendre à l’Opéra son usage théâtral, on doit déplorer que la redécouverte de la salle dans son état Ancien Régime soit allée de pair avec la transformation de la scène sans souci archéologique. En effet, la séparation coupe-feu créée à l’époque entre la salle et la scène, par le biais d’un épais mur en béton supportant un rideau de fer, a touché directement l’organisation architecturale et fonctionnelle de l’Opéra, son implantation ayant supprimé les deux premiers plans de la scène et décomposé le volume historique des dessous, qui intégrait l’espace placé sous le proscenium et la fosse d’orchestre, afin de placer des locaux fonctionnels et techniques comme des sanitaires ou bien le poste électrique de l’édifice.

Par le vote de la Constitution de 1958, le Sénat accepte de rétrocéder enfin l’Opéra aumusée mais refuse à l’inverse de céder les servitudes du théâtre que ce dernier avait également investi à la fin du XIXème siècle. Ainsi, les locaux de l’aile du Nord situés sous la salle du Maroc seront désormais utilisés pour l’entrepôt d’archives, tandis que le bâtiment des Acteurs sera transformé en logement de fonction pour les agents du Sénat. Ces transformations n’ont néanmoins guère modifié les espaces, les niveaux inférieurs de l’aile du Nord étant restés jusqu’à ce jour dans l’état laissé par Nepveu et les plans du bâtiment des Acteurs ne différant actuellement que très peu des originaux.

Ces travaux d’après-guerre sont à considérer comme un sauvetage réussi, mais le ministre des Affaires culturelles, André Malraux, ne manque pas de rappeler en 1960 que l’Opéra royal demeure un musée, représentatif de la grandeur versaillaise retrouvée, sans y faire obligation d’un fonctionnement continu. Tel a été depuis son mode d’utilisation, privilégiant la visite de la salle par le biais de conférences et choisissant de n’y voir à travers chacune des représentations artistiques qu’une utilisation exceptionnelle.

Néanmoins, l’attrait de plus en plus évident du public pour l’Opéra royal, qu’il soit ici considéré sous son double aspect muséographique et scénique, amena l’ouverture de la salle au public dans le cadre d’un circuit de visite libre, tandis que la volonté de retrouver un programme artistique de choix s’est profondément accentuée depuis les années 1990.

Ses nombreux équipements vétustes et son état originel de théâtre de Cour en ont rendu par contre de plus en plus difficile l’exploitation, celle-ci devant se conformer aux exigences réglementaires, et c’est à cette occasion que la mise en sécurité de l’Opéra est devenue l’une des priorités majeures de l’Etablissement Public du Musée et du Domaine National de Versailles. Cette mise en sécurité s’appuie sur une synergie entre mise en valeur patrimoniale et contraintes sécuritaires, pour aboutir à une intervention minimaliste qui vise essentiellement à démolir les aménagements modernes désormais obsolètes, tout en assurant la délocalisation des locaux présentant les risques les plus importants. Ainsi, l’ensemble des locaux techniques est regroupé sous la cour de l’Opéra tandis que la rétrocession récente des espaces appartenant aux deux assemblées parlementaires à l’Etablissement Public du musée et du domaine national de Versailles permet la réutilisation, pour le service de la scène, des locaux qui relevaient du Sénat à proximité immédiate de l’Opéra.

www.chateauversailles.fr

Jeudi 24 Septembre 2009
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