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RSE française ou mondiale, il faut choisir !


On se rassure en France d’avoir inventé le reporting RSE il y a près de quinze ans. Et de l’avoir imposé aux entreprises de plus de 500 salariés cinq avant que l’Europe ne le propose. En réalité, cette avance est trompeuse et il suffit pour s’en convaincre de constater que les entreprises anglaises, allemandes et scandinaves qui rapportent en RSE, ne sont pas moins nombreuses que les nôtres – voire plus – alors qu’aucune obligation n’a été décrétée !



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
De fait, la France a voulu l’obligation et l’obligation a été mal vécue ; bon nombre d’entreprises moyennes se sont débarrassées de la contrainte par une réponse formelle qui n’intéresse pas leur dirigeant. Deuxième caractéristique nationale, nos bonnes élèves, du CAC 40 pour l’essentiel, font des copies abouties, complètes et sérieuses qui répondent bien au texte mais elles ne s’étalent pas beaucoup sur l’analyse et ne se posent pas trop de questions sur la durabilité induite.

L’intégration (financière et extra-financière) est une esthétique qui stimule les moins satisfaites, celles qui ont des pressions fortes et qui ont besoin de rassurer des investisseurs internationaux. Bref, entre une obligation qui a forcé l’allure et une obligation qui se limite aux bonnes volontés, qui peut dire que la solution française est la meilleure ?

Pendant ce temps, dans les grands pays développés, même si la pression régulatrice existe de plus en plus, comme au Danemark, en Hollande, l’information RSE est utilisée avant tout pour plaire aux consommateurs et aux investisseurs. Elle fait partie de la démarche d’affirmation des marques et de communication du titre. Le monde anglo-saxon pour l’essentiel est sans complexe : le développement durable doit servir à « vendre » l’entreprise où il n’a pas lieu d’être. C’est qui explique que les entreprises les plus exposés ont développé des démarches de responsabilité, qui sont bien incluses dans la communication globale. Leur métrique est moins développée et précise que chez nous, car là n’est pas la préoccupation, dès lors que les indicateurs clés parlent d’eux-mêmes. Cette approche utilitaire de la RSE l’emporte dans le reste du monde. Il leur suffit d’utiliser la méthode GRI pour se rassurer de la qualité et du sérieux des informations publiées. C’est même l’utilité principale de GRI que de tirer vers le haut une information RSE qui sans cela serait moins cohérente, même si personne ne sait encore si la GRI deviendra le « standard setter » qu’elle veut être ! Dans le temps qui nous sépare de la loi de transposition de la directive européenne, on voit bien à travers les débats de la plateforme RSE que notre pays hésite.

Beaucoup d’acteurs craignent qu’en rejoignant le camp de « la matérialité » chers aux investisseurs, les entreprises ne disent que ce qui les intéressent. Crainte qui repose sur la suspicion, considérant que les entreprises ne veulent pas s’avouer spontanément les enjeux qui les caractérisent. Même si on donne aux parties prenantes le moyen de récupérer les informations qu’elles veulent, il est à craindre que le pays de la défiance ne préfère longtemps l’obligation à l’incitation. Mais pendant que tout autour de nous les entreprises s’engagent en nombre et volontairement dans le camp de la durabilité, allons-nous rester les seuls à plaider la contrainte ? en vérité, l’avenir de la RSE est dans le marché, qui choisit les entreprises sociales et environnementales en phase avec les attentes du monde contemporain. Faisons plus confiance aux acteurs engagés et construisons une société durable avec des entreprises volontaires et évitons par-dessus-tout la bureaucratisation qui menace un reporting obligatoire, compliqué et uniforme. Nous avons la technique mais il nous manque la vision. Et si on profitait de ce débat pour rejoindre le monde dans une RSE conquérante et affirmée, quitte à être plus sélective et limitée (matérielle !!), mais vécue et voulue ?
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Patrick d’Humières
www.institutrse.com

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Jeudi 18 Juin 2015
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