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Quitter la fête avant la fin


Lettre du 5 juin 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Il est toujours difficile de quitter la fête avant la fin. Les investisseurs prudents préfèrent rater une hausse plutôt que subir une baisse : c’est notre position aujourd’hui. Surtout après un rallye impressionnant, qui a porté le CAC 40 de 4 278 points le 14 mai, à plus de 5 000 points le 4 juin, soit +17 % en moins de 3 semaines.
Le CAC 40 a ainsi traversé en moins d’un mois sa « zone de confort », en deçà de laquelle nous surpondérions (en dessous de 4350 points environ) et au-delà de laquelle nous proposons désormais de sous pondérer les actions (au-dessus de 4 900 points). Le point médian de cette zone de confort se situe à 4600 points. Investir autour de ce niveau, permet d’anticiper une performance correcte, de l’ordre de 8% à un an, et de 15% à 2 ans. Acheter à 5 000 points limite la performance attendue à 5% par an environ, ce qui est insuffisant compte tenu du risque encouru. Nous considérons en effet que, selon les hypothèses raisonnables que l’on peut faire aujourd’hui, le PIB de l’économie et les bénéfices anticipés des entreprises retrouveront leur niveau de fin 2019, courant 2022, dans 2 ans. On peut donc faire l’hypothèse, toutes choses égales par ailleurs, que le CAC 40 retrouvera à ce moment-là, le niveau moyen qu’il a pratiqué en 2019, soit 5 550 points.

Évidemment, la dynamique technique est puissante. Probablement, les investisseurs prudents, donc faiblement investis, se retrouvent pris à contrepied et doivent acheter pour ne pas rater la hausse, ce qui l’amplifie. Probablement, l’annonce par la BCE d’une augmentation de la taille et de la durée du dispositif PEPP a soutenu la tendance haussière. Surtout, l’insolente santé de Wall Street a convaincu les plus réticents à prendre le train en marche. Le retard accumulé entre les indices européens et la Bourse de New York explique probablement le bond en avant des actions européennes. Comment ne pas faire la fête quand le NASDAQ 100 inscrit son plus haut historique ?

La financiarisation de la sphère réelle, son imbrication avec la sphère financière, atteint son ultime stade. Car, finalement, aux USA, on en vient à penser que c’est bien la hausse de la Bourse qui soutient l’économie réelle, et pas l’inverse. L’euphorie boursière incite ainsi les ménages à consommer, à rester optimistes face à l’avenir, puis que le thermomètre de Wall Street augmente. Finalement, les nombreux programmes de soutien de la liquidité aux acronymes divers et variés, ne sont là que pour faire monter directement le cours des actions.

La hausse du bilan de la Fed se transforme en capitalisation boursière, qui se transforme en pouvoir d’achat des ménages. Une étude montre que le tiers des chèques du programme CARE envoyés aux ménages américains pour les aider à affronter la baisse de revenu dû à la crise sanitaire, n’a pas été consommée, mais a été investie à Wall Street. Il faut quand même avoir une confiance exceptionnelle dans le marché, pour que les chômeurs sans ressources acceptent de lui confier les aides alimentaires de l’Etat…
Ceci étant dit, la hausse peut-elle encore durer ? La baisse de la mi-février à la mi-mars n’avait aucun précédent : jamais le S&P 500 n’est entré dans une tendance baissière sans construire préalablement une figure de retournement. Aujourd’hui, le rebond qui se transforme en nouveau marché haussier est tout aussi surprenant.

Alors de deux choses l’une. Soit on oublie le court marché baissier de mars avril, et on considère que le marché est en train de construire une figure de retournement, en retraçant la majeure partie de la baisse mais sans dépasser les plus hauts précédents (S&P 500). Comme cette hausse est totalement infondée au regard de la situation de l’économie, il s’agit d’un effet de type « supernovæ », ces étoiles hypermassives qui explosent en émettant une lumière exceptionnellement intense, avant de s’effondrer sur elles-mêmes pour créer un trou noir.

Soit on croit que, définitivement, l’ère de l’hyper liquidité a sonné, et que la création de monnaie sans contrepartie réelle à laquelle nous assistons depuis plus de 10 ans, constitue le nouveau paradigme de l’économie et de la finance. Le marché haussier n’a donc pas de limite, et le cours des actions a encore de beaux jours devant lui. Le choix est difficile, mais pour ce qui nous concerne, nous pensons que le marché construit une figure de retournement, et que la probabilité d’une baisse significative au second semestre est élevée.


Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux ont à nouveau légèrement progressé cette semaine. Ils restent autour de zéro l’OAT 10 ans France, et très bas aux USA (0,76%). L’€ a progressé de +2% contre le dollar, et dépasse 1,13.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a fortement progressé, le cours du cuivre a pris 3%.

Investisseurs : Nous recommandons de sous-pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 4 904 et 5 100.


Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


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Dimanche 7 Juin 2020
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