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POUR en FINIR avec les « RENTIERS » du DIALOGUE SOCIAL à la FRANÇAISE : Une disruption sociale


Le « dialogue social à la Française », loin de ses heures de gloire de 1945 et des trente Glorieuses, se révèle comme un échec permanent, incapable de concrétiser une « production sociale nationale » attendue par l’ensemble des parties prenantes, Etat, France entreprenante et laborieuse, société civile……



Tous les replâtrages, les grandes « conférences sociales », les accords pretendument historiques , les grandes lois ont échoué dans leur ambition de redorer l’image syndicale, de développer le nombre des adhérents tandis que le nombre des « permanents » ne cessait de croître !
Aussi, plutôt que de chercher des boucs émissaires, n’est-il pas temps de se poser la seule vraie question : pourquoi nous en sommes arrivés là ? voiçi pourquoi
Le Système qui porte le dialogue social à travers le paritarisme s’est progressivement imposé en Monopole (les puristes diront duopôle). Passage obligé de cette « production sociale ». Ce système fonde abusivement sa légitimité sur une Histoire sociale disparue : (la Commune, 36 et 45, c’était un autre monde). Quant à sa représentativité qui, pour être « irréfragable » est quasiment nulle dans le domaine privé (95 % des salariés ne sont pas adhérent syndical), et côté patronal, parfaitement hétérogène (sur-représentation des grandes entreprises, faible pour les moyennes et imperceptible pour les petites)….
Or, tout Monopole (le social n’échappe pas à la règle) produit, certes, de forts avantages à ses membres mais de lourdes entraves pour le « Marché », c’est-à-dire :

1 – Maintien d’un Prix (artificiellement) élevé : correspondant au coût du « grain à moudre » et de la « fluidification » du dialogue social ; ces largesses constituant progressivement, dans les périodes prospères, la perte de compétitivité de l’Entreprise France, et dans les périodes de disette, comme aujourd’hui, ce Prix élevé est payé par l’Etat (le contribuable) et/ou par de fortes tensions générant aussi des apaisements-coûts financiers( voir les agriculteurs…….

2 – Constitution de « rentes »
Les partenaires sociaux se sont, à la faveur de la mythologie des grandes luttes sociales, entretenus dans la Culture révolutionnaire nationale, érigés en héritiers-rentiers.
Sous des apparences trompeuses (de conflits ou d’intérêt général), ces co-rentiers avancent de compromis en compromission pour se partager le « gâteau social »,.
Mais cette Rente est aussi largement entretenue par leurs alliés objectifs, les grands cabinets d’expertises sociales : leurs gourous ont entretenu, chez le Politique, (de touts bords) le mythe fort rémunérateur (sous forme de facturations de conseils), de la nécessité de conserver des partenaires sociaux « forts » pour contrôler les éruptions sociales, tenir les troupes, et éviter l’apocalypse, grande peur de nos politiciens….
Une intox de plus, car constatons en antithèse, que l’état comateux, et l’effondrement de l’image des partenaires sociaux auraient dû, depuis longtemps, entraîner ce séisme social…….quant à tenir leurs troupes…….même du point de vue d’un Sirius social, qui peut encore y croire ?
De surcroît les co-rentiers se sont octroyés, pour préserver leurs situations, chacun un joker, sous forme de pouvoir de nuisance : chantage à l’emploi pour les Employeurs, menaces de paralysie du pays via le droit « paradoxal » de grève dont bénéficie le secteur public largement syndiqué, pour protéger un emploi qui est pourtant « à vie »……

3 – « Blocage » à l’entrée de nouveaux partenaires : la concurrence (sociale) est comme dans tout monopole, honnie. Pourtant le corps des Dirigeants salariés, premier pilote (mandataire) dans l’Entreprise pour le dialogue social entre Employeurs et Salariés (dont ils font aussi partie) sont tenus à l’écart conjointement par Des partenaires sociaux, se sentant menacés. pourtant
Leur entrée serait d’une grande logique en même temps qu’une formidable opportunité pour l’Etat, de sortir du piège de ce front uni pour le « pire social », auquel ils se heurtent en permanence. On s’étonne de la même manière, que les salariés-actionnaires n’aient pas encore trouvé une place ès-qualité pour ce tour de table. D’autant que, au pays exemplaire de la flexicurité, le Danemark, qui est dans tous les discours, les dirigeants salariés ont une place à part entière dans le dialogue social, et tous les partenaires s’en réjouissent. Mais il faut savoir que ce petit pays qui n’a aucune rente, ne peut compter que sur ses Entreprises pour garder une place dans la compétition internationale, ce qui fait que tous les acteurs, publics et privés, mettent tout en œuvre pour donner à leurs Entreprises, tous les moyens qui leur sont nécessaires pour gagner !
Mais les danois ont une toute autre culture que celle de notre lutte des classes : on peut déduire que la flexicurité à la Française n’est pas pour demain !

4 – Une « production sociale » dans une logique « d’Offre » déconnectée de la « Demande ».
Ce sont en effet les partenaires sociaux qui produisent une Offre de mix social : tirée toujours à minima par les Employeurs (sans « grain à moudre » et sans représentativité homogène, on ne peut que « serrer les boulons ») et du côté des syndicats, toujours à la hausse (mais jamais satisfaite) pensant justifier ainsi la défense des intérêts à court et à long terme de leurs mandants….ce qui reste à démontrer, voire notre chômage structurel.
L’Offre est donc toujours très maigre tandis que la Demande est forte et riche, en liaison avec les souvenirs des temps heureux de la large distribution et une demande de production sociale de la part de l’Etat qui rêve toujours de cette finalité du dialogue.
Il apparaît donc que le dialogue social à la Française est devenu un affrontement idéologique permanent, souvent haineux ; l’apolitisme syndical est une vaste blague (cf l’engagement de la CGT pour les présidentielles) les « partenaires » sont d’autant d’adversaires (mais co-rentiers) qui se retrouvent néanmoins en complices pour défendre les intérêts de leur duopôle (cf la transgression permanente de l’axe Medef-CFDT).
Le « social » est de son côté, plus proche du Politique et du financier que de l’humain (cf les rentes qu’ils se disputent pour le pantouflage de leurs membres, l’octroi de subventions et les indemnités de représentation, CESE, organisme paritaire etc…).
La pathologie dont souffre le dialogue social Français n’est pas de nature conjoncturelle mais structurelle : le « Système » d’aujourd’hui a perdu le sens qu’il avait lors de la reconstruction et du développement national et les partenaires qui en restent les acteurs n’ont plus ni légitimité ni représentativité.
Il faut donc une thérapie de choc et repenser le système en regardant le monde d’aujourd’hui avec son exigence de compétitivité que nécessite la survie dans un monde ouvert.
Il s’agit de réaliser une « Disruption sociale » qui puisse refonder notre « marché social », ses règles de fonctionnement et le rôle et le tour de table des acteurs etc…..
Trois priorités incontournables pourraient constituer ce « rapport interdit »:
- Suppression du pouvoir de nuisance institutionnelle inhérent au droit de grève dans le service public :
Le coût social, psychologique et financier que ce droit exorbitant des fonctionnaires entraîne, reste un contre sens puisque la mission centrale de tout fonctionnaire est d’assurer le service public et non pas de le perturber.
Briser ce tabou, (ce qui est déjà le cas pour l’armée, l’hôpital etc….) suppose d’être porté par un candidat à la plus haute fonction de l’Etat, avec l’engagement de le faire ratifier, au plan constitutionnel, dès sa prise de fonction.
En contre partie de la disparition de ce droit exorbitant, un haut conseil des relations du secteur public (HCRSSP) constitué de parlementaires, de patrons du secteur public et de syndicalistes, pourrait être saisi sur tous les points de conflits entre l’employeur public et ses salariés fonctionnaires.

- Décentralisation et transfert du dialogue social « sur le terrain » dans les Entreprises où devrait se réaliser l’essentiel de la « production sociale ». Les partenaires sociaux nationaux ne conserveraient qu’un rôle consultatif et de proposition. La « production sociale nationale » se ferait exclusivement à travers les commissions parlementaires, sous forme de lois, defininissant le niveau minimun social commun,, de la Protection Sociale, des retraites , du chomage etc…..
- Ils se verraient par contre responsabilisés pour jouer un rôle actif dans l’employabilité des salariés ,leurs formations et la gestion de l’emploi sur la dynamique du modèle nordiste et particulièrement danois : un syndicalisme de services et non de lutte de classes.
Les partenaires sociaux conserveraient leurs rôles de résolution des conflits et de défense des intérêts individuels des salariés. Avec la fin du monopole syndical et de syd l’extension systématique des accords locaux, aux Branches ou au National.

- Déverrouillage du « système » par l’entrée des dirigeants salariés via leur Fédération Nationale, la FNCD, qui les représente et celle des actionnaires salariés, dans des modalités à définir.

Ce n’est qu’après avoir éradiqué, totalement en amont, les pouvoirs de nuisance, les freins et les monopoles de toute sorte que ce grand corps malade du « dialogue social à la Française », offrirait l’opportunité de rebâtir un code du travail conforme aux exigences sociales et de compétitivité, par la simplification et la flexicurité.
Sans doute que cette France silencieuse, si loin des partis politiques et des syndicats, qui se désespère, fataliste, dans les transports et les services publics bloqués par les grévistes, serait-elle prête, en démentant tous les sondages, à soutenir cette « disruption sociale ».
Une révolution sociale que leur proposerait cet homme-d’Etat (ou cette femme), courageux et visionnaire, respectueux du passé sans en être l’esclave, en les invitant sur le chemin d’une France en capacité à nouveau de relever les défis du XXIème siècle.

POUR en FINIR avec les « RENTIERS » du DIALOGUE SOCIAL à la FRANÇAISE : Une disruption sociale
Jean-Louis Chambon
Président du Prix et du Cercle TURGOT, et de la Fédération Nationale des Cadres Dirigeants


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Lundi 19 Octobre 2015
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