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Lutte contre la fraude financière et le blanchiment d'argent : changer de paradigme


Enda Shirley, Global Product Manager, KYC et CDD, BAE Systems Applied Intelligence. Enda Shirley est certifié CAMS (lutte contre le blanchiment d’argent)



Si le blanchiment d'argent était un pays, il se classerait au cinquième rang des économies mondiales, avec un montant estimé à 3,8 billions de dollars par an (3.8 trillion en anglais). Selon le magazine économique Forbes, les banques dépensent plus de 100 milliards de dollars pour se conformer à la réglementation et on s'attend à ce que les dépenses liées au respect des réglementations passent de quatre à dix pour cent des revenus en 2021.

Remplacer les méthodes statiques par des technologies dynamiques

Les fraudeurs du secteur financier n’ont jamais été aussi entreprenants et jamais auparavant les banques et autres institutions financières n'ont été confrontées à un niveau de criminalité aussi élevé. La menace vient à la fois de l'intérieur des entreprises et de l'extérieur. L'apprentissage machine, l'intelligence artificielle et l'automatisation des processus robotisés (RPA) peuvent, une fois associés aux Big Data et au traitement en temps réel, faire passer la lutte contre la fraude financière et le blanchiment d'argent à un niveau supérieur. Toutefois, cela ne sera possible que si les méthodes obsolètes et statiques sont remplacées par des technologies innovantes et dynamiques.

Actuellement, l'intervention manuelle dans les cas de soupçon de blanchiment d'argent a lieu à un stade très précoce. Les enquêteurs jouent un rôle crucial dans ce processus. Sans leur travail minutieux, de nombreux crimes passeraient inaperçus. Toutefois, une grande partie des enquêtes passent par des tâches manuelles et répétitives qui pourraient être confiées à une machine. Cela permettrait d'atténuer les frictions avec les clients et de réduire les coûts élevés liés à la mise en conformité. Dans ce contexte, il est important de comprendre que la relation entre la technologie et les personnes est dynamique. La responsabilité des enquêteurs est de fournir le cadre dans lequel la technologie peut jouer un rôle important. La technologie ne rend pas superflu le travail des enquêteurs. Elle l'améliore.

Réduire le volume des alertes et le nombre de faux positifs

Le ticket gagnant pour la surveillance des transactions passe par la réduction du volume des alertes et des faux positifs, c'est-à-dire des avertissements portant sur des transactions non problématiques faussement déclarées comme suspectes. L'introduction et l'acceptation de l'intelligence artificielle, de l'apprentissage automatique et de l'automatisation systématique des activités manuelles et récurrentes sont les éléments essentiels qui vont donner aux enquêteurs un avantage sur les fraudeurs.

Actuellement, les profils de clients sont créés sur la base des transactions. Des alertes sont déclenchées lorsque certains seuils sont dépassés, par exemple lorsqu'une personne effectue une transaction suspecte ou reçoit un virement d'un compte connu pour être suspect. Toutefois, la grande majorité des transactions effectuées par les clients des institutions financières se sont avérées légitimes. La technologie peut aider à distinguer les quelques transactions illégitimes des nombreuses transactions légitimes.
Le physicien américain et pionnier de la gestion de la qualité Edward Demming a dit un jour "Un mauvais système battra à tous les coups une bonne personne. Pour réussir, il faut se concentrer sur l'amélioration du système et non sur les performances individuelles". Là réside le cœur du problème. Lorsqu'il s'agit de réduire le nombre d'alertes, une approche efficace est nécessaire. Cependant, si l'on donne aux enquêteurs de la criminalité financière l'efficacité plutôt que la qualité comme indicateur clé de performance (KPI), ils risquent de ne jamais avoir assez de temps pour examiner correctement les fraudes ou les risques potentiels. Ce n'est tout simplement pas une solution gagnante.

Voir la technologie comme une assistance

Les équipes de conformité et les enquêteurs doivent se préparer à un changement culturel important. Il faut bien reconnaître que le comportement des gens est toujours influencé par des préjugés implicites. Ce n'est pas le cas pour les machines. Et c'est nous qui disons aux machines ce qu'elles doivent faire et comment le faire. Nous devons veiller à ce que la technologie soit pilotée par les connaissances des enquêteurs et des équipes de conformité. Et nous devons être conscients que nous ne sommes pas parfaits. Mais si nous veillons à ce que la technologie reste guidée par nos spécifications, le travail peut être effectué de manière beaucoup plus efficace. L'utilisation de la technologie doit être perçue par les enquêteurs et les équipes de conformité comme une libération des tâches administratives qui les empêchaient auparavant de se concentrer sur l'enquête approfondie des cas potentiels de fraude. Ce sens accru de la finalité permet à la responsabilité de se développer et à l'ingéniosité humaine de briller.

Il est difficile de provoquer ce changement culturel. Il ne suffit pas de se contenter de croire que l'intelligence artificielle ou l'apprentissage machine nous débarrasseront d'une partie du travail qui nous permettra de mieux faire notre travail. Il s'agit plutôt de comprendre la technologie dans sa globalité et de s'assurer que nous pouvons en tirer profit. Il s'agit d'une question complexe. Par exemple, l'idée de mesurer un négatif - mesurer l'efficacité des contrôles de la criminalité financière - est une épée à double tranchant. D'une part, si vous le faites bien, vos alertes seront réduites, mais d'autre part, si le crime est bien fait, vos alertes seront réduites. L'utilisation de la technologie permet aux enquêteurs d'examiner d'un œil critique les alertes reçues et de réfléchir aux passerelles que les criminels pourraient utiliser. Il s'agit de se concentrer sur le crime potentiel, et non de traiter le plus grand nombre d'alertes possible.

Une étape essentielle dans la lutte contre la criminalité financière consiste à supprimer la dépendance aux alertes pour détecter les activités suspectes et à introduire à la place un processus progressif d'évaluation des alertes. Les criminels continuent de faire progresser leurs propres connaissances sur l'utilisation de la technologie pour atteindre leurs objectifs, et ils ajoutent sans cesse de la complexité à chaque scénario auquel les équipes se trouvent confrontées. C'est en gardant une longueur d'avance sur les criminels que la technologie joue un rôle majeur pour les équipes chargées de l’évaluation des risques. La combinaison de l'apprentissage machine, de l'intelligence artificielle et de l'automatisation des processus robotiques, ainsi que le filtrage des transactions sur la base de soupçons perçus peuvent conduire à un changement de paradigme dans les méthodes de prévention. Toutefois, les fraudeurs ne sont pas tenus de respecter les mêmes règles de conformité et codes de conduite que les enquêteurs. Ils ont donc tendance à avoir un avantage. L'intelligence artificielle nous aide à rattraper cet avantage.

La technologie est capable d'apprendre ce qui pourrait être suspect, grâce à l'implication et à l'intelligence humaine. Cela présente l'avantage que seul le sous-segment des clients qui présentent des comportements suspects est soumis à une analyse plus détaillée. Les clients non suspects ne sont pas harcelés davantage. Cela permet d'améliorer la satisfaction du client et de renforcer sa fidélité. La technologie permet aux enquêteurs de déléguer les tâches administratives chronophages et leur donne plus de temps pour se concentrer sur les tâches et les enquêtes stratégiques. Ce tournant culturel fera en fin de compte évoluer un peu plus le rôle que joue l'homme dans la lutte contre la criminalité financière.
L'acceptation des nouvelles technologies ne cesse de croître. Grâce à l'utilisation de la bonne technologie d'IA, les activités suspectes peuvent être examinées de plus près et des infractions peuvent être mieux détectées dans des conditions où cela n'aurait pas été évident si les enquêtes sur les cas de blanchiment d'argent présumé avaient été menées entièrement manuellement. Nous avons plus que jamais besoin de pourvoir compter sur l'expérience d'experts hautement qualifiés.


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Mercredi 10 Juin 2020
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