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Samedi 24 Avril 2021

Lunettes roses


Lettre du 23 avril 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Définitivement, le marché a chaussé ses lunettes roses.

La résistance des marchés d’actions pendant ce mois d’avril est remarquable. Il faut y avoir probablement la fin de l’effet de saisonnalité favorable, et l’effet des flux entrants dans les fonds. Plus particulièrement, depuis le début de ce mois deux nouvelles n’ont pas suscité de réaction négative des marchés de taux.

La première est relative aux nouvelles créations d’emplois (913 000) qui étaient très supérieures aux prévisions des économistes, et qui ont été publiées en début de mois. Un tel chiffre confirme que l’économie américaine est bien sur la voie d’un redressement très fort. Il a été confirmé par la hausse de l’indice ISM Services, qui a dépassé son plus haut historique. Pourtant, depuis ces annonces, les taux de l’obligation à 10 ans du trésor américain a régressé, pour revenir sur 1,5% après avoir dépassé 1,7%. Il faut probablement y voir l’efficacité de la communication de la Fed, le meilleur allié de Wall Street.

La seconde est l’annonce cette semaine d’un début de « tapering » de la banque du Canada, dont le communiqué était plein de bons sens et aurait pu être celui de la Fed. « La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui (21 avril) qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à sa valeur plancher de ¼ %. (…) La Banque continue à fournir des indications prospectives exceptionnelles relativement à la trajectoire du taux du financement à un jour, auxquelles son programme d’assouplissement quantitatif s’ajoute tout en les renforçant. Nous ajusterons nos achats nets d’obligations du gouvernement du Canada et viserons, à compter de la semaine du 26 avril, une cible hebdomadaire de 3 milliards de dollars. Cet ajustement du montant qui s’ajoute, chaque semaine, pour stimuler l’économie reflète la progression de la reprise économique. Les perspectives économiques se sont améliorées tant à l’échelle mondiale qu’au Canada. L’activité a mieux résisté que prévu à la pandémie de COVID-19 et la vaccination avance. ». Cette réunion de politique monétaire de la Banque du Canada a été occultée par celle de la BCE. La posture toujours « market friendly » de Madame Lagarde, était impressionnante, hier. Il faut quand même admettre qu’on est loin de la rigidité monétaire de la Banque centrale allemande ! Le conseil des gouverneurs n’a même pas discuté d’une fin progressive du PEPP, le dispositif spécifique à la pandémie. On aurait pu imaginé qu’il évoque des indicateurs de suivi pandémique et économique, qui enclencherait une réduction des achats d’actifs. Que nenni.

Cette communication était manifestement à destination des marchés financiers, qui évidemment l’on bien interprétée. De nombreuses raisons expliquent la hausse récente des marchés, et la performance remarquable (+12%) depuis le début de l’année 2021, après une année 2020 très favorable aux USA, malgré la crise sanitaire. La conjonction d’une reprise économique aussi puissante que fut la chute d’activité en 2020, avec le maintien de mesures de politique monétaires extrêmement favorables est unique dans l’histoire financière. Elle a eu un effet d’autant lus favorable sur les cours, que les marchés se focalisent sur ce qu’ils voient dans l’instant, et privilégient le court terme. Cette situation pourrait encore durer, et toute dégradation sur le front sanitaire est paradoxalement une bonne nouvelle, car elle signifie une prolongation de ce statu quo très profitable aux marchés financiers.

Les cours ont pris 18 mois d’avance sur les performances fondamentales des entreprises. Depuis que l’indice CAC 40 dépassé les 6 000 points nous proposons aux investisseurs de limiter le plus possible leur exposition aux actions. Une telle préconisation s’oppose à la réalité de la hausse des cours, dont l’inertie est grande. Évidemment, tous les professionnels se satisfont de la valorisation élevée des marchés, qui signifie plus de chiffre d’affaires et de profits. Pour aller jusqu’au bout de la hausse, il ne faut pas prendre le risque de perdre les 25% gagné depuis le début du mois de novembre…


Investisseurs : 6000 points est actuellement le niveau au-delà duquel nous recommandons de sous pondérer les actions au maximum. Une poursuite de la hausse est néanmoins possible à court terme.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Le taux des obligations du trésor américain s’est détendu et est revenu à 1,56%. A l’opposé, le taux des OAT est précisément égal à 0…

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole Brent se stabilise à 65$ le baril, le cours du cuivre reste très tendu à près de 9400 $ /t.



Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
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06 82 84 78 61
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