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Londres entend rester la capitale de la FinTech


Quand les dirigeants français agitent leurs prétentions à profiter du Brexit pour attirer les entrepreneurs de la FinTech, le gouvernement britannique s'en amuse et multiplie les initiatives pour conserver sa position de leader mondial – dont les répercussions sont mesurables : 60 000 emplois dans 1 600 entreprises, contribuant annuellement à l'économie du pays à hauteur de 6,6 milliards de livres.



Au Royaume-Uni, les responsables ne s'y trompent pas : pour faire la différence, ce ne sont pas les discours qui comptent, ce sont les actes. Ainsi, la mise en œuvre, de longue date, d'un programme à plusieurs étages d'ouverture des banques à la concurrence et la création pionnière d'un bac à sable réglementaire sont deux exemples d'une stratégie concrète et efficace. Et, face à la perspective de sortie de l'Union Européenne et parce que l'innovation s'accélère, il n'est pas question de se reposer sur ses lauriers.

C'est pourquoi le Chancelier de l'Échiquier, Philip Hammond, annonçait il y a quelques jours, à l'occasion d'une conférence dédiée à la FinTech organisée par son ministère, une nouvelle série de mesures destinées à renforcer encore l'attractivité britannique. Naturellement, certaines ne réservent pas de surprise. Un groupe de travail rassemblant gouvernement, banque centrale et régulateur en vue d'explorer les opportunités et les risques des « crypto-actifs » est un passage obligé, tandis que la définition de standards pour faciliter les collaborations est un prolongement logique des efforts précédents.

En revanche, la signature d'un accord pour la mise en place d'une passerelle avec l'Australie est plus intéressante et laisse imaginer comment le Royaume-Uni pourrait envisager l'ère post-Brexit. Elle repose sur 3 piliers : une coopération renforcée entre les écosystèmes et les structures d'accompagnement des deux pays, un rapprochement entre les régulateurs afin d'harmoniser leurs travaux et un accès facilité des acteurs de la FinTech aux marchés du partenaire. Voilà qui devrait limiter le risque de repli sur soi !

Plus important et plus ambitieux, le ministre évoque également le lancement d'un projet pilote de « robot régulateur ». Avec un objectif de simplifier l'application des textes réglementaires par les startups, mais aussi par les institutions financières historiques, il s'agirait d'offrir un outil logiciel capable de vérifier automatiquement que les règles en vigueur sont respectées. Quand toutes les entreprises déplorent la complexité et la lourdeur des contraintes qui pèsent sur elles, il est aisé de comprendre l'enjeu (qui est loin d'être utopique, quelques spécialistes de l'IA se penchent déjà sur le sujet).

Une autre proposition prometteuse consisterait à créer, conjointement entre l'industrie et les autorités, des « plates-formes partagées » qui aideraient à lever les barrières que rencontrent fréquemment les jeunes pousses désireuses d'offrir des produits financiers complexes. Le concept est un peu obscur à ce stade mais il semble orienter vers une capacité universelle (?) d'intégration des solutions innovantes dans les catalogues des distributeurs (lesquels ?), complétant ainsi le modèle de banque ouverte.

Le gouvernement britannique est résolument déterminé à garder son statut de paradis de la FinTech et il ne manque pas d'idées pour y parvenir. Au-delà de leurs déclarations d'intention, les pays qui veulent contester sa domination devraient commencer par s'inspirer de ses initiatives, qui, au fil du temps, démontrent leur pertinence. En France, en particulier, les actions concrètes sont bien timides (pour ne pas dire quasi inexistantes) et insuffisamment convaincantes pour changer radicalement la donne.

Patrice Bernard
Fondateur du blog “C’est pas mon idée”

fr.linkedin.com/in/patricebernard





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Mardi 27 Mars 2018
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