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Lundi 19 Juillet 2021

Les trois mutations


Lettre du 16 juillet 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Nous visons en permanence des mutations. C’est le propre de toute société et de tout individu de s’adapter à son environnement et à ses mutations : ce n’est pas nouveau. Pourtant, nous vivons actuellement une période très particulière, en ce sens que nous devons nous adapter non pas à une mutation, mais à trois mutations : la mutation digitale, la mutation démographique, et la mutation environnementale. Cette concomitance de trois mutations majeures n’a pas de précédent historique.

La mutation digitale est la première qui vient à l’esprit. En matière économique, elle rebat des cartes dans tous les secteurs, en donnant plus de pouvoir au consommateur final et aux fameux GAFAM américaines. L’émergence rapide de cette nouvelle société a beaucoup contribué au phénomène de désinflation puis de déflation. C’est en partie pour cela que la hausse actuelle des prix à la consommation aux USA, publiée cette semaine à +5,4% en rythme annuel, est considérée comme transitoire et n’a pas inquiété les marchés. Les gains de productivité générés par la mutation digitale sont considérables, et ont été remarquablement présentés dans le livre de Martin Ford « L’avènement des machines ». La destruction des anciens emplois est massive, la création de nouveaux est plus rare. Depuis l’aube des temps, le progrès technique a conduit à la destruction des emplois anciens et à la création d’autres. Le solde était positif, mais cette fois ci, c’est différent, pour reprendre le titre du livre de Reinhardt et Rogoff : la digitalisation-automatisation des tâches répétitives conduit à la substitution des robots aux hommes. Cette fois ci, les destructions d’emplois par la mutation digitale ne seront pas surcompensées par la création de nouveaux emplois. Il restera un solde négatif, une force de travail inoccupée.

La mutation démographique est elle aussi bien connue, et par définition très progressive. Pourtant, l’évidence est là : si nous vivons l’avènement des robots, nous vivons en parallèle l’avènement des vieux. Nos sociétés vieillissent à vitesse accélérée, en raison de l’augmentation de la durée de vie et la baisse tendancielle et apparemment inéluctable de la natalité. Cette mutation démographique induit des problèmes considérables, notamment de gestion économique, financière et humaines de nos aïeux qui vivent de plus en plus longtemps. Il faut y consacrer des moyens de plus en plus importants. Surtout, un pays peuplé de vieux ne se comporte pas de la même façon qu’un pays peuplé de jeunes. C’est normal ; on ne se comporte pas de la même façon lorsqu’il a 60 ou 30 ans. L’âge médian d’un humain est de l’ordre de 30 ans. Il va de 17 ans en Angola ou au Mozambique, à 41 ans en France, pour atteindre près de 47 ans en Allemagne et au Japon, et près de 38 ans aux USA. Ces chiffres en disent long sur le dynamisme de certains pays, et le conservatisme d’autres. En 2050, l’âge moyen va progresser fortement, et dépasser 50 ans dans de nombreux pays européens et au Japon (53 ans).

La mutation environnementale est devenue prioritaire, avec l’évidence du réchauffement climatique et les engagements politiques pris à de nombreux niveaux. La « décarbonation » du monde devient opérationnelle, et c’est en Europe que les objectifs sont les plus ambitieux. Le plan présenté par la Commission Européenne a pour objectif « zéro émission de carbone » à l’horizon 2050. Il s’agit d’un plan d’investissement considérable, assorti de nouvelles règles et incitations destinées aux entreprises et aux particuliers, dans une économie de plus en plus administrée.

Ces trois mutations constituent un contexte qui justifie une omniprésence du politique, parfois au détriment de la liberté individuelle. Elles induisent un déficit public permanent dont l’ampleur est considérable au regard des standards historiques. Elles motivent des politiques monétaires très généreuses, et valident définitivement le principe de la monétisation des dettes publiques. C’est bien l’exceptionnelle concomitance de ces trois mutations systémiques et mondiales, qui autorisent de briser les tabous de l’équilibre budgétaire des Etats et de l’équivalence entre la création de monnaie et la croissance économique.

Investisseurs : Nous proposons de surpondérer les actions pour un CAC 40 inférieur à 6 455, et sommes investis normalement entre ce niveau et 6 952.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Le taux des obligations a baissé fortement aux USA pour atteindre 1,3% et se stabiliser à ce niveau. En Europe, les taux sont stables, autour de 0 pour les OAT 10 ans France. L’€ se stabilise au-dessus de à 1,18$.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole Brent a baissé de 2$ environ. Le cours du cuivre est stable.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

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