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Les nouveaux risques de la mondialisation


Pour une approche renouvelée du risque pays. Une analyse de l'assureur-crédit Euler Hermes.



Les nouveaux risques de la mondialisation
Après la reprise de la croissance en 2010 tirée par les pays émergents, 2011 verra une progression plus modérée de l'économie mondiale en particulier dans les pays développés. Dans une économie profondément mondialisée, financièrement instable et exposée à d'importants risques sociaux et politiques locaux, les interdépendances entre les pays changent les composants des risques pays et placent les entreprises face à de nouvelles problématiques.

« L'économie mondiale a subi trois changements majeurs qui modifient profondément la nature des risques pays. D'une part, la montée des interdépendances génère un risque cyclique plus fort. D'autre part, la répartition inégale des fruits de la croissance crée de nouveaux risques sociopolitiques dans certains pays. Enfin, la persistance de l'instabilité financière mondiale suscite une volatilité nouvelle dans les pays matures. Les difficultés des uns sont désormais les problèmes de tous, en particulier dans une économie mondiale qui voit sa croissance se modérer », analyse Wilfried Verstraete, Président du Directoire d'Euler Hermes.

La nouvelle carte du risque pays
La mondialisation de l'économie sonne aujourd'hui la fin de l'approche classique du « risque pays » fondée sur une mesure purement structurelle du risque économique et politique de transfert et de convertibilité. En effet, le processus de mondialisation s'accompagne à la fois d'un déplacement régulier de la frontière entre les pays émergents et les pays développés et d'un accroissement des échanges économiques et financiers entre ces deux catégories de pays. Ce facteur structurant est lui-même accéléré par un double facteur : la crise économique et financière et l'hétérogénéité de la reprise mondiale, sans résorption rapide des déséquilibres mondiaux, qui s'accompagnent d'une montée des risques plus volatils.

« Pour être pertinente, l'analyse du risque pays doit donc désormais associer une approche structurelle classique (évaluation du risque économique et du risque politique) et des indicateurs de vulnérabilité à court terme (vulnérabilité financière et vulnérabilité cyclique). Cette combinaison permet, au final, de définir quatre catégories de politique de risque pays (faible, moyen, significatif, élevé) », explique Karine Berger, Directrice Marchés et Marketing et Chef Economiste d'Euler Hermes.

Des interdépendances toujours plus étroites qui renforcent le risque cyclique
La rareté des ressources de base (matières premières, pétrole...) et la progression des échanges croisés augmentent les interdépendances des pays.

Parallèlement, les échanges croisés progressent sous la pression de la hausse de la demande (hausse conjoncturelle liée à la reprise et hausse structurelle due à la démographie et au rattrapage des pays en voie de développement), de l'ouverture des frontières et de l'extension des chaînes

d'approvisionnement mondiales. Dans ces conditions, la conjoncture des pays émergents joue de plus en plus le rôle de moteur d'une croissance et d'un commerce mondial exposés à des risques exogènes difficilement prévisibles comme le montre le triple choc subi par le Japon.

Un risque cyclique plus fort
La montée des interdépendances a pour conséquence un risque cyclique plus fort mesuré par l'indicateur de vulnérabilité cyclique (Cyclical Risk indicator - CRI).

Un nouveau risque social aux conséquences mondiales
Comme le montrent les événements sociopolitiques actuels au Moyen-Orient, de nombreux pays sont exposés à des risques croissants de frustration des populations et de poussées des revendications.

En effet, si la richesse per capita augmente partout dans le monde, le rattrapage n'est pas homogène pays par pays et une forte croissance n'est pas synonyme de fortes créations d'emplois. La répartition inégale des fruits de la croissance associée aux évolutions démographiques et techniques dans des pays tenus par des régimes politiques forts, augmentent encore les risques de mouvements sociaux dont les conséquences dépassent largement les économies locales.

Une instabilité financière qui touche désormais les pays développés
A l'échelle mondiale, les équilibres financiers restent précaires. La volatilité des capitaux est générale mais touche plus les pays avancés que les pays émergents créant un risque supplémentaire pour les politiques monétaires. Le poids des dettes souveraines génère des besoins croissants de financements extérieurs et un risque d'effet domino compte tenu de l'imbrication des flux bancaires. Le risque systémique financier est ainsi un nouveau risque à prendre en compte dans l'analyse du risque pays.

Une plus grande volatilité de l'aversion au risque
La persistance de l'instabilité financière à l'échelle mondiale est source d'une plus grande volatilité de l'aversion au risque. Ce phénomène se mesure grâce à l'indicateur de vulnérabilité financière (Financial Flows Indicator - FFI) qui traduit la vulnérabilité d'un pays à un choc exogène et sa capacité à résister ou éviter un choc systémique, en particulier au regard de la sensibilité des flux de capitaux.

Quels menaces et défis pour l'économie mondiale ?
Dans ce contexte, la croissance mondiale sera plus modérée en 2011. Après une croissance de 4,1% en 2010, l'économie mondiale devrait progresser de 3,1% en 2011 et 3,4% en 2012. Plusieurs facteurs de ralentissement ont déjà été anticipés pour les pays membres de l'OCDE (fin des programmes de relance, mesures de consolidation fiscale, faiblesse de la demande) et dans les pays émergents (mesures de rééquilibrage, normalisation monétaire...).

Euler Hermes tire trois conclusions opérationnelles pour les entreprises

1. Le risque pays évolue. Il est à la fois plus complexe, plus volatil et plus global mais sans perdre de vigueur.
- Complexe : les pays émergents et les pays développés sont à surveiller.
- Volatil : les éléments et facteurs du risque pays sont sujets à une plus grande volatilité.
- Global : l'interdépendance des économies crée un risque de propagation d'un pays à l'autre à l'instar de la hausse des prix des matières premières.
- Vigueur : des risques naturels, sanitaires ou géopolitiques de grande ampleur sont toujours possibles et le nombre de pays en situation de risque reste élevé.

2. Face à la multiplicité des risques, l'entreprise est encore plus vulnérable et doit donc renforcer sa vigilance.
- Le suivi et le monitoring de ces risques nécessitent plus d'attention, plus de moyens et plus de temps.
- L'ampleur et les chaînes de conséquences des risques sont de plus en plus difficiles à anticiper et imaginer (cf. situation japonaise) que ce soit localement ou pour une filière ou une chaîne d'approvisionnement.
- Les entreprises doivent donc se doter de compétences et de ressources techniques adaptées.

3. Dans ce contexte, Euler Hermes conseille donc aux entreprises de renforcer l'autorité de leurs Risks Managers.

Laurent Leloup

Jeudi 28 Avril 2011
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