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Mardi 1 Décembre 2020

Les errements de l'Europe des paiements


C'est pas mon idée ! L'innovation dans les services financiers, par Patrice Bernard.



Il y eut d'abord les paiements instantanés. Il y aura (peut-être en 2022) l'EPI pour concurrencer les grands réseaux américains Visa et Mastercard. Depuis quelques semaines, il y a le système de requête de paiement (« request to pay »). Or, pour chacune de ces initiatives européennes, les questions sont plus nombreuses que les réponses…

Pour le premier, la faille est matérialisée par les acteurs qui considèrent que l'immédiateté est une option (fréquemment payante) alors que leurs clients estiment qu'il s'agit de la manière normale dont le monde fonctionne aujourd'hui. Pour le deuxième, il est exclusivement abordé à travers son enjeu géopolitique et nul ne semble se préoccuper de ce qui justifiera son adoption massive en substitution, à modalités équivalentes, à des instruments qui ont fait leur preuve et donnent globalement satisfaction.

Enfin, pour le petit dernier, la raison aurait commandé de s'interroger sur son utilité dès ses prémices… et la question essentielle émerge seulement maintenant. Jusqu'à cette table ronde de l'EBAday 2020, tous les experts et observateurs du secteur paraissaient unanimes à affirmer qu'il s'agit d'une solution extraordinaire, susceptible de révolutionner les processus de facturation en Europe. Et, soudain, une petite voix dissonante émet le premier doute, insidieux : une solution à quel problème, au fait ?

Le principe du nouvel avatar de la galaxie SEPA n'est guère plus qu'une sorte de messagerie standardisée permettant à un créancier de présenter une demande de paiement à son débiteur, particulier ou entreprise, à laquelle ce dernier, une fois la requête acceptée, éventuellement pour une date future, a la possibilité de répliquer, selon les options qui lui sont proposées, par le règlement de tout ou partie du montant exigé, via le moyen de son choix, à réception ou à une échéance ultérieure.

À travers cette description, on perçoit très bien l'intérêt pour les banques de capter ces échanges en amont des paiements, dans le but à la fois de commercialiser un service supplémentaire à leurs clients et de les orienter vers les instruments qu'elles veulent promouvoir. En revanche, quels seraient les avantages pour les utilisateurs ? Pour le grand public, encore une fois, il est difficile de percevoir où le dispositif pourrait s'insérer, leurs fournisseurs préférant généralement garantir le règlement avant la transaction.

L'univers B2B, avec ses règles plus souples, par exemple en termes de délais, se prêterait apparemment mieux à une application pertinente. Cependant, le défaut majeur de la spécification actuelle est alors la décorrélation opérée entre le paiement et la facturation, alors que cette dernière est déjà le principal support de la communication « financière » entre les parties et que les plates-formes de gestion comptable prennent aujourd'hui en charge ce rapprochement de manière plus ou moins automatique.

Voilà donc encore un « machin » européen imaginé et conçu par des spécialistes des paiements obnubilés par leur métier et qui perdent totalement de vue que les produits qu'ils développent s'adressent d'abord à des individus et entreprises confrontées à des problèmes de la vraie vie, qui ont des besoins à satisfaire et qui disposent déjà de multiples solutions pour y répondre. Résultat inévitable, ce qu'ils nous livrent fascine leurs pairs… et finit aux oubliettes parce que cela ne sert strictement à rien ni personne.

Par Patrice Bernard.
Fondateur du blog C’est pas mon idée
Les errements de l'Europe des paiements


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