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Les entreprises ont le tournis


Beaucoup s’interrogent à juste titre sur la multiplication des référentiels RSE, sans parler des questionnaires qui s’accumulent. L’arrivée de la G4 de la GRI relance cette discussion.



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
En réalité, la clarification est en marche, si on veut bien observer les tendances en cette fin 2013.

Tendance 1 : les principes directeurs de l’OCDE font leur chemin, comme on l’a vu à la réunion annuelle des PCN (points de contact nationaux) ; ils s’imposent comme l’architecture politique normative la plus complète, dotée de modes de suivi ; ceci conduira le Pacte Mondial à devenir le point d’entrée « soft » dans ce dispositif de référence de « la conduite responsable des affaires », et les Etats signataires au moins à considérer que ce cadre OCDE incitatif vaut mieux que des lois nationales spécifiques discriminantes (cf. Chine), surtout si les rapports d’application et d’impact local se font de plus en plus par pays ou grandes zones….

Tendance 2 : même s’il hésite à le reconnaître, GRI n’est que l’outil technique à disposition des entreprises pour renseigner les reporting et favoriser la comparabilité.
En rejoignant les apôtres de la matérialité et du « comply or explain », les principes de la GRI se sont universalisés ; la G4 devient « la grammaire pour les forts », en attendant les guides d’enjeux sectoriels que SASB nous prépare.
Bref, l’édifice se décante ainsi entre le niveau politique tiré par l’OCDE - à travers la pression américaine de faire respecter partout les droits humains et la lutte contre la corruption notamment - et la volonté des européens de favoriser plus de transparence sur l’environnement et le social, face au dumping des émergents - et puis le niveau technique mis à disposition par GRI et complété par CDP sur carbone, et WDP demain sur l’eau etc.

Mais le juge de paix de cette construction est de plus en plus le marché qui demande l’intégration du financier et de l’extra-financier dans une approche comptable lisible et éclairante. Le recours à la matérialité est une façon de rationaliser ces fameux « impacts » au départ de la RSE ; elle distingue les bons et mauvais reporting et pousse à la concision, à la fiabilité, à la représentativité des données et relativise la conformité qui ne suffit plus.

C’est bien pour l’intérêt de l’exercice qui gagne en pertinence économique. Cela va obliger les ong et les parties prenantes à s’intéresser plus aux résultats et à en discuter, pour les juger, plutôt qu’à poursuivre la bataille archaïque des normes et des questionnaires interminables; le reporting n’est plus une fin en soi, fut-elle formelle, mais le dernier né des tableaux de gestion opérationnelle des entreprises qui veulent contrôler leur mondialisation. Et qui veulent faire valoir un engagement durable, qu’on dira « positif » pour reprendre le vocabulaire diplomatique prôné dans le dernier rapport Attali, qui appelle à un capitalisme plus « patient » en intégrant le social et l’environnemental. On notera que le reporting est au compte de ses 45 leviers qui comptent pour y parvenir. Et que Nyse Euronext vient d’adhérer à la liste des bourses durables qui le demandent.


Patrick d’Humières
www.institutrse.com

Vendredi 18 Octobre 2013
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