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Les Prévisions choc 2019 de Saxo Bank


Un début de récession pour l’Allemagne, Apple achète Tesla, Trump limoge Powell et les Travaillistes remportent une victoire retentissante et Jeremy Corbyn Premier Ministre instaure la parité de change entre la livre sterling et le dollar américain.



Ces prévisions ne constituent pas les prévisions de marché officielles de Saxo Bank pour 2019, mais elles constituent un avertissement quant à une possible mauvaise répartition du risque pour les investisseurs qui ne voient généralement qu’1% de probabilité que ces événements se réalisent.

Les Prévisions choc pour 2019 sont :

- L’Union Européenne annonce un effacement de la dette
- Apple achète Tesla à 520 $/action
- Donald Trump limoge J. Powell
- Le Premier Ministre britannique Jeremy Corbyn instaure la parité entre la livre sterling et le dollar américain
- La crise du crédit aux entreprises conduit Netflix à connaitre le même sort que General Electric
- L’Australie lance son propre plan Paulson après avoir nationalisé les quatre principales banques du pays
- L’Allemagne entre en récession
- Une éruption solaire de classe X sème le chaos et provoque des dégâts à hauteur de 2000 milliards de dollars
- Adoption d’une taxe mondiale sur le transport en raison de la multiplication des inquiétudes relatives au climat
- Le FMI et la Banque mondiale annoncent leur intention de cesser de mesurer le PIB, et de se concentrer sur la productivité.

Un monde dans lequel Donald Trump est président des États-Unis transforme les énormités en simple faits divers dans le flot des informations quotidiennes, mais nous ne laisserons pas cela nous éloigner des prévisions choc de cette année : notre travail annuel qui consiste à évoquer des événements peu probables - mais pas impossibles - qui pourraient se produire au cours de la nouvelle année.

L’édition de cette année tourne autour du thème « trop c’est trop ». Un monde qui tourne à vide devra se réveiller et commencer à créer des réformes, non pas parce qu’il le veut, mais parce qu’il le doit.

Les signes sont partout. Les estimations sont exagérées, les changements politiques sont soudains et même des développements culturels apparemment mineurs, comme la montée en puissance du célèbre chef d’État, semblent indiquer que la société a atteint son apogée.

Ce dernier point ne semble-t-il pas exagéré ? L’excellent documentaire The Four Horsemen l’a cité comme étant un signe d’exagération, ajoutant que « pendant les dernières décennies de leur empire respectif, les Romains, les Ottomans et les Espagnols ont chacun fait de leur chef d’État une célébrité. » Sommes-nous, nous aussi, proches de la fin de notre moment impérial ?

Ayant fait ce travail pendant plus de 30 ans, je suis frappé de constater à quel point notre société est devenue irresponsable au niveau de la politique, des entreprises et même des individus. La cupidité est la nouvelle tendance et elle est satisfaite par la complaisance plutôt que par un désir d’équité et de productivité. L’accent est plutôt mis sur l’amélioration marginale et la prévention des incidents plutôt que sur la prise de décisions audacieuses pour rendre le monde meilleur, plus rapide, plus juste et plus égalitaire.

Notre nouveau leitmotiv est : « Puissions-nous éviter la douleur aujourd’hui », ou plus désolant encore : « Les choses ne sont peut-être pas formidables, mais elles pourraient être pires ».

Nous pensons que 2019 marquera un profond bouleversement de cette mentalité alors que nous arrivons au bout du chemin en accumulant de nouvelles dettes et que l’année prochaine, nous commencerons tous à payer la note pour nos erreurs. Le grand cycle du crédit montre déjà des signes de tension à la fin de l’année 2018 et se répandra sur les marchés des pays développés l’année prochaine, les banques centrales devant revoir leur copie. Après tout, leur politique consistant à « faire fonctionner la planche à billets » depuis 2008 n’a fait que creuser encore davantage le niveau d’endettement, et cela a maintenant dépassé leur mandat de gestion.

Nous n’avons aucune idée si l’une ou l’autre de nos nouvelles prévisions se réalisera. Il s’agit de susciter le débat et d’élargir notre conscience de ce qui pourrait mal tourner en 2019. Grâce à cette prise de conscience, nous pouvons nous préparer à faire face à des défis qui pourraient ébranler nos portefeuilles et même nos moyens d’existence.

En regardant la liste des prévisions choc, il me semble que si certaines d’entre elles voyaient le jour, nous pourrions enfin assister à un changement sain vers une société moins endettée, moins axée sur les gains et la croissance à court terme. Nous pourrions observer une nouvelle orientation vers la productivité et une nouvelle révolution économique vers la mondialisation avec des règles du jeu plus équitables, juste après la crise. Du côté négatif, nos prévisions comprennent une aggravation considérable de l’indépendance de la banque centrale, un effondrement du crédit et de grosses pertes dans le secteur de l’immobilier.

Avant de continuer, rappelez-vous des règles de base des prévisions choc de Saxo : elles ne représentent en aucun cas les perspectives ou prévisions officielles de Saxo Bank. Il s’agit plutôt de risques peu probables qui sont encore sous-évalués et qui pourraient modifier radicalement les perspectives d’investissement et l’économie au cours des 12 à 24 prochains mois s’ils venaient à se réaliser.

L’année 2018 n’était pas une année ordinaire. Une grande partie de l’année a vu les marchés américains faire cavalier seul, mais une fois que les programmes de rachat se sont épuisés, la gravité économique de l’affaiblissement du crédit et de la hausse des prix de l’argent et de l’anti-mondialisation s’est fait sentir. Nous maintenant sommes confrontés à une fin d’année difficile. En analysant l’année à venir, nous pouvons imaginer au mieux une période de navigation difficile, et au pire, un scénario du film « En pleine tempête ».

Nous voulons profiter de cette occasion pour vous remercier pour tous les grands engagements et les événements que vous avons partagés en 2018. Ce fut une année très intéressante et j’ai le sentiment que les cinq prochaines années seront les plus déterminantes de ma longue carrière.

J’attends avec impatience les changements que nous prévoyons, ne serait-ce que parce que les résultats pourraient s’avérer extrêmement positifs. Seule une société productive nous permettra de faire face à la dette, à l’immigration, au populisme et aux inégalités. Des études montrent que la façon la meilleure et la plus efficace de devenir plus productif est simple : l’éducation et la recherche fondamentale.

Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise étant que tout le monde n’appréciera pas les montagnes russes qui se profilent à l’horizon. Pour paraphraser le grand Mick Jagger, nous ne pouvons pas toujours avoir ce que nous voulons, mais nous pourrions juste avoir ce dont nous avons besoin.

L’Union européenne annonce une annulation de la dette

Depuis la Babylone antique à l’Europe des années 1930, les annulations de dettes ont été beaucoup plus fréquentes que ce que pensent la plupart d’entre nous. Comme cela a été démontré par les économistes Carmen Reinhart et Ken Rogoff dans leur ouvrage précurseur « This Time Is Different: Eight Centuries of Financial Folly » (Cette fois, c’est différent : Huit siècles de folie financière), les restructurations et les annulations ont également joué un rôle important dans la résolution des crises financières.

Contrairement à ce que la crise de la dette grecque, observée depuis 2010, pourrait laisser entendre, l’annulation de la dette est très fréquente en Europe. Durant l’entre-deux-guerres, les annulations de dettes ont déferlé sur l’Europe à raison de 50 % du PIB pour la France, 36 % du PIB pour l’Italie et 24 % du PIB pour le Royaume-Uni.

En 2019, le niveau insoutenable de la dette publique, la montée du populisme, une hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, une diminution des liquidités et une croissance lente ont rouvert le débat européen sur la manière de se préparer à une nouvelle crise. L’Italie est le principal pays concerné, car elle est confrontée à un énorme mur d’échéances qui devrait atteindre environ 300 milliards d’euros de refinancement en 2019 en raison de la flambée des taux d’intérêt. Rapidement, la contagion italienne affaiblit les banques européennes alors que l’UE s’enfonce dans la récession. La BCE recourt à un nouveau TLTRO et à de nouvelles directives pour limiter les dégâts, mais ce n’est pas suffisant et lorsque la contagion s’étend à la France, les responsables politiques comprennent que l’UE est au bord du gouffre.

L’Allemagne et le reste de l’Europe centrale, qui refuse de laisser la zone euro s’effondrer, n’ont d’autre choix que de soutenir la monétisation. L’Union économique et monétaire confie à la BCE un mandat de monétisation de la dette pour tous les niveaux d’endettement supérieurs à 50 % du PIB et garantit le reste par un système d’euro-obligations tout en déplaçant les objectifs controversés de croissance et de stabilité.

Les pays de l’Union économique et monétaire adoptent une nouvelle règle budgétaire autorisant la mutualisation des premiers 3 % du PIB en déficit en 2020, le reste étant soumis à un examen périodique par la Commission européenne lié à la situation économique de l’UE.

Apple « garantit le financement » de Tesla à 520 $/action

Que fera Apple avec ses 237 milliards de dollars de trésorerie accumulés et son importante gamme de produits iPhone, incapable de développer davantage sa croissance en termes de volume ? Il s’agit soit de l’ennuyante ingénierie financière des dividendes ou des rachats d’actions, soit d’une initiative audacieuse qui dépasse les limites des téléphones connectés, des ordinateurs portables et de leurs services et accessoires associés.

Apple se rend compte que si elle veut approfondir sa portée dans la vie de ses utilisateurs, le prochain marché auquel elle doit s’attaquer est l’automobile, car les voitures sont de plus en plus connectées numériquement. Après tout, Steve Jobs a prouvé qu’une entreprise devait miser gros sur les smartphones, mais devait aussi parier sur la créativité pour éviter la complaisance et l’insignifiance.

En sachant que Tesla a besoin de plus de capacité financière et qu’Apple doit étendre son écosystème au secteur automobile d’une manière plus profonde que celle représentée par son logiciel CarPlay, Apple s’intéresse à Tesla. Apple garantit le financement de l’accord avec une prime à 40 % de 520 $ par action, acquérant l’entreprise à un prix de 100 $/action de plus que le prix annoncé par Elon Musk dans un tweet troublant, mentionnant un « financement garanti ».

Cette acquisition est tout à fait logique. Elle est assez petite pour être une opération entièrement au comptant et ne représente que 12 mois de flux de trésorerie disponible pour Apple. Les deux entreprises se concentrent toutes les deux sur l’ingénierie et la conception de matériel informatique couplé à des modèles de distribution verticalement intégrés dans les secteurs des dernières tendances. Apple possède la solidité financière nécessaire pour satisfaire les rêves les plus fous d’Elon Musk, en veillant à ce que Tesla ne doive pas, à court terme, équilibrer des dépenses en capital par rapport au flux de trésorerie.

Cette acquisition permet à Tesla de construire plusieurs nouveaux sites de production et Gigafactories en Europe et en Chine, afin de garder une longueur d’avance sur la concurrence et de devenir l’un des futurs leaders de l’industrie automobile.

Jerome Powell limogé par Donald Trump

Lors de la réunion de décembre 2018 du Comité fédéral de l’open market (FOMC), le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s’est prononcé avec une faible majorité de votants en faveur d’une hausse des taux, alors même que les écarts de crédit des entreprises montent en flèche et que les actions montrent des signes de tension.

Cette hausse est celle de trop. L’économie et les actions américaines chutent rapidement durant le premier trimestre 2019. Plutôt que d’apporter une aide, Powell indique qu’il serait inapproprié de relancer la « machine à bulles » lancée sous la présidence d’Alan Greenspan par une nouvelle série d’assouplissements énergiques et qu’il favorise une réduction du rythme des cessions d’actifs (resserrement quantitatif) et aucune baisse des taux.

Powell soutient qu’un apurement des créances irrécouvrables pourrait avoir des avantages à long terme. À partir de l’été 2019, alors que les actions sont au plus bas et que la courbe de rendement américaine est dans un mouvement d’inversion totale, le président Trump, furieux, limoge Powell et nomme Neel Kashkari, président de la Réserve fédérale du Minnesota, pour lui succéder.

L’ambitieux Neel Kashkari était le choix le plus cohérent pour diriger la Réserve fédérale. En effet, il est contre le renforcement de la politique monétaire américaine. Il est moins réticent à l’idée que la Réserve fédérale serve au bon plaisir du gouvernement et est bientôt surnommé « Le grand facilitateur », plaçant le président Trump en bonne posture pour un second mandat en 2020, en promettant une ligne de crédit de 5 000 milliards de dollars pour acheter les nouvelles obligations perpétuelles à coupon zéro du secrétaire du Trésor Mnuchin pour financer les « beaux » nouveaux projets d’infrastructure de Trump et remettre le PIB nominal américain sur la voie qu’il avait perdue après la crise financière mondiale de 2008.

L’inflation atteint 6 %, est signalée à 3 % et la politique de la Réserve fédérale est bloquée à 1 %. C’est un désendettement auquel vous pouvez croire par le biais de la répression financière au grand détriment des épargnants.

Le Premier ministre Jeremy Corbyn instaure la parité de change entre la livre sterling et le dollar américain

Après avoir occupé le poste de Premier ministre le plus difficile et le plus ingrat depuis Winston Churchill, Theresa May, surnommée « Le chat », sort finalement de ses neuf vies proverbiales et son accord monstrueux sur le Brexit était déjà tué dans l’œuf au Parlement britannique alors que l’échéance du 29 mars pour le Brexit se profile à l’horizon.

Cela entraîne un report de la date d’expiration de l’article 50 et des élections anticipées au Royaume-Uni. Le Parti conservateur est partagé sur la question du Brexit, un tiers de ses députés portant une accusation vouée à l’échec contre la brigade « Souveraineté ou mort » (Sovereignty or Death). Les travaillistes remportent une victoire retentissante et nomment Jeremy Corbyn Premier ministre sur la promesse d’une réforme progressiste globale et d’un second référendum sur un accord « à définir » sur le Brexit.

Avec un mandat populaire et une forte majorité au Parlement, le gouvernement travailliste de Corbyn s’engage dans une campagne socialiste inspirée du milieu du XXe siècle pour réduire les inégalités flagrantes au Royaume-Uni. De nouvelles sources de recettes fiscales sont exploitées alors que Corbyn met en place la première taxe foncière très progressive au Royaume-Uni dans le but de faire disparaître les riches et réclame une aide à la Banque d’Angleterre pour financer un nouvel « assouplissement quantitatif en faveur du peuple », ou revenu de base universel.

Les services publics et les réseaux ferroviaires sont renationalisés et l’expansion fiscale voit les déficits se réduire davantage, à hauteur de 5 % du PIB. L’inflation monte en flèche, les investissements des entreprises languissent et les résidents étrangers non domiciliés se mettent à l’abri, emportant avec eux leur vaste patrimoine.

La livre sterling est écrasée par le double problème des affreux déficits jumeaux et du manque d’investissement des entreprises dans le cadre du dossier du Brexit, toujours non résolu. Le taux de change GBP/USD est passé du seuil 1,30, où il a passé la plupart du second semestre de 2018, à une parité de 1,00, un mouvement de plus de 20 %, ce qui signifie qu’un dollar américain équivaut pour la première fois à une livre sterling.

Le resserrement des crédits aux entreprises pousse Netflix à rejoindre General Electric

2019 s’avère être l’année de l’effet domino pour le crédit sur le marché américain des obligations de sociétés. Tout commence par la perte de crédibilité de General Electric sur les marchés du crédit, ce qui fait grimper le prix par défaut des crédits au-dessus de 600 points de base, mais aussi la panique chez investisseurs face aux 100 milliards de dollars de dettes de GE qui seront refinancés au cours des prochaines années, au moment même où l’entreprise constate une détérioration des flux monétaires générés.

GE n’est plus capable d’endiguer la situation et dépose le bilan, se restructure, vend des actifs, ce qui envoie l’un des fleurons de l’industrie américaine aux oubliettes.

Cet événement est une véritable onde de choc sur les marchés mondiaux du crédit, les investisseurs se rendant compte que les hausses de taux de la Réserve fédérale ont accidentellement trop resserré les conditions financières. Les écarts de crédit sur la courbe des taux des obligations du Trésor américain s’agrandissent rapidement, ce qui fait grimper les coûts de financement des entreprises américaines. Le carnage s’étend même jusqu’à Netflix, où les investisseurs s’inquiètent soudainement du redoutable effet de levier de l’entreprise, avec un ratio dette nette/EBIDTA après CAPEX de 3,4 et plus de 10 milliards de dollars de dettes au bilan.

Le financement de Netflix coûte deux fois plus cher, ce qui freine la croissance des contenus et ébranle le cours de l’action. Pour ne rien arranger, l’entrée de Disney en 2019 dans l’industrie du streaming vidéo réduit encore davantage la croissance de Netflix. La réaction en chaîne négative des obligations de sociétés déclenche une incertitude massive sur les obligations à haut rendement, ce qui entraîne un « mardi noir » pour les fonds négociés en bourse qui suivent le marché américain des obligations à haut rendement, où les teneurs de marché des FNB sont incapables d’établir des écarts significatifs, forçant un retrait complet du marché pendant une séance de bourse tumultueuse.

Les retombées sur le marché des ETF deviennent le premier signal d’alarme des instruments d’investissement passifs et de leur impact négatif sur les marchés en période de turbulences.

L’Australie lance son propre plan Paulson après avoir nationalisé les quatre principales banques du pays

La montée en flèche des prix de l’immobilier australien, alimentée par l’endettement, a donné lieu à l’une des plus longues reprises au monde, avec des prix connaissant une hausse monstrueuse de 6 556 % (373 % après ajustement pour l’inflation) depuis 1961. Le « rêve australien » a été financé par une accumulation épique de dettes à mesure que les taux d’intérêt s’effondraient, la dette des ménages s’élevant à 189 % du revenu disponible.

La crise financière mondiale était responsable du dégonflement des bulles immobilières dans d’autres économies de pays développés, mais pas en Australie. Dans une tentative d’éviter les effets de la crise, le « paquet de sécurité économique » de Canberra a encore renforcé la montée en puissance spectaculaire de l’effet de levier, ne faisant que repousser un peu plus le fameux problème.

En 2019, le rideau se baisse sur la frénésie immobilière de l’Australie dans le cadre d’une fermeture catastrophique provoquée principalement par l’effondrement de la croissance du crédit. À la suite de la Commission royale, il ne reste des banques que des opérations de prêt gelées et un registre des propriétés hypothécaires surendettées et surévaluées. Les banques sont obligées de durcir encore les conditions de prêt.

La convergence des restrictions dramatiques sur la croissance du crédit, l’offre excédentaire, l’obstructionnisme des pouvoirs publics et du ralentissement de la croissance mondiale, qui a provoqué un choc exogène, consolide le cercle vicieux de l’effondrement ; les prix de l’immobilier ont chuté de 50 %.

L’Australie entre en récession pour la première fois depuis 27 ans, car la chute des prix de l’immobilier détruit la richesse des ménages et les dépenses de consommation. Le ralentissement de l’activité économique contribue également à une forte baisse de l’investissement résidentiel. Le PIB chute.

L’explosion des créances irrécouvrables comprime les marges et fait exploser les profits. L’exposition des banques est trop importante pour qu’elles puissent la couvrir de manière indépendante et un renflouement de la banque centrale d’Australie (RBA) serait nécessaire, peut-être par la recapitalisation et la titrisation d’hypothèques dans le bilan de la RBA.

La grande ironie, c’est que le gouverneur Lowe est contraint d’adopter une politique monétaire non conventionnelle et qu’il met en œuvre la politique d’assouplissement QE1. Les banques étant à l’avant-garde de la stabilité financière, elles sont jugées « trop grandes pour faire faillite », notamment parce que les baby-boomers et les caisses de retraite d’Australie comptent beaucoup sur les rendements en dividendes constants des banques.

L’Allemagne entre en récession

Au revoir, Mutti ! Les droits de douane sur les voitures allemandes et le retard pris en matière de numérisation plongeront l’Allemagne dans une phase de récession avant la fin de l’année 2019. En outre, Merkel refuse de se présenter à nouveau à la chancellerie, provoquant une lutte de pouvoir dans le monde politique allemand à un moment où le pays a besoin de stabilité et d’une transformation majeure de son économie, qui est la première économie d’Europe.

Leader mondial depuis des décennies, l’Allemagne s’efforce d’améliorer son exploitation des nouvelles technologies. Par exemple, une étude réalisée en 2017 par l’Organisation de coopération et de développement économique place l’Allemagne à la 29ème place sur 34 économies des pays développés pour l’Internet haut débit !

Le joyau de l’économie allemande, qui représente 14 % du PIB, est son industrie automobile. Cependant, le secteur automobile allemand est à la traîne en termes de transition vers les véhicules électriques et l’utilisation du big data. Lorsque Merkel s’est rendue en Chine au mois de mai, elle a été si stupéfaite par les installations de production chinoises qu’elle a demandé de l’aide à la Chine pour accélérer l’adaptation allemande de ce produit d’exportation crucial.

C’est peut-être la raison pour laquelle les titres des géants de l’industrie automobile allemande comme Volkswagen ou Daimler se négocient actuellement à un ratio cours/bénéfice de six, semblable à celui d’une récession.

L’industrie automobile allemande était censée être un moteur de croissance, avec 100 millions de voitures vendues en 2018. En fin de compte, elle n’a réussi à vendre que 81 millions de voitures, soit à peine 2 % de plus qu’en 2017 et bien en deçà des taux de croissance annuels de 5 à 10 % qui ont caractérisé les années 2000.

D’ici 2040, 55 % de toutes les ventes mondiales de voitures neuves et 33 % du stock seront des véhicules électriques. Mais l’Allemagne n’est qu’au début de sa conversion aux véhicules électriques et a plusieurs années de retard en la matière. L’augmentation des tarifs douaniers américains n’améliorera en rien la situation des chaînes d’approvisionnement ou des exportations allemandes.

2019 sera l’apogée du sentiment anti-mondialisation et créera une focalisation sur les coûts, les marchés intérieurs et la production, l’utilisation du big data et la réduction de l’empreinte écologique. Ces tendances sont totalement opposées à celles qui ont profité à l’Allemagne depuis les années 1980.

En conséquence, nous prévoyons une récession dès le troisième trimestre 2019.

Une éruption solaire de classe X sème le chaos et provoque des dégâts chiffrés à 2 000 milliards de dollars

Toute vie sur terre existe grâce à l’abondance stable d’énergie projetée par le soleil, mais cette étoile n’est pas toujours une boule sereine et bienfaisante d’hydrogène en combustion. Comme le savent les astronomes solaires, le soleil est aussi un chaudron d’activité bouillonnant capable de produire une violence incroyable sous forme d’éruptions solaires, dont les pires voient le soleil rejeter de la matière réelle et des radiations sous forme d’éjections de masse coronale (EMC).

Par le passé, des nuées d’éruptions et les EMC qui leur sont associées, appelées tempêtes solaires, ont perturbé les communications radio et par satellite ainsi que l’infrastructure de transmission d’énergie au sol. L’éruption solaire connue la plus puissante est celle de 1859, observée par Richard Carrington. Une éruption de classe X40 ayant illuminé la terre d’une énorme aurore boréale que l’on pouvait voir jusqu’à Cuba pendant la journée (les éruptions de classe X sont les plus puissantes et une éruption X40 est 40 fois plus puissante que l’éruption X1 minimale).

L’équipement télégraphique de l’époque était devenu inutilisable. Dans d’autres cas, il pourrait encore être utilisé même s’il était éteint. Au cours de l’été 2012, la Terre a eu de la chance lorsqu’elle a évité une éruption géante de classe X à quelques semaines près, alors que son EMC associée a traversé la trajectoire orbitale de la Terre une semaine après son passage (les éruptions sont directionnelles et durent seulement quelques heures).

En 2019, avec l’arrivée du cycle solaire 25, la Terre a moins de chance et une tempête solaire s’abat sur l’hémisphère ouest, provoquant la panne de la plupart des satellites situés du mauvais côté de la planète à ce moment-là et provoquant un chaos immense dans les infrastructures d’énergie électrique et de transport/logistique dépendant des GPS, au sol comme dans les airs.

Le coût ? Environ 2 000 milliards de dollars, ce qui représente en réalité 20 % de moins que le scénario catastrophe envisagé dans une étude commandée par Lloyds sur les risques financiers potentiels des tempêtes solaires en 2013.

Adoption d’une taxe mondiale sur les transports en raison de la multiplication des inquiétudes relatives au climat

Le monde souffre encore une fois d’une année de conditions météorologiques extrêmes. L’été en Europe fut de nouveau extrêmement chaud, déclenchant des plans canicule dans les capitales du monde entier. Les secteurs internationaux de l’aviation et du transport maritime jouissant de privilèges fiscaux substantiels, ils deviennent les cibles d’une nouvelle taxe mondiale sur les transports (GTT) qui introduit une taxe mondiale sur les billets d’avion et une taxe au « tonnage » sur le transport maritime dont le prix est lié à l’empreinte carbone.

La nouvelle charge fiscale est fixée à 50 $/tonne d’émissions de CO2, soit le double des niveaux proposés précédemment et bien au-dessus de la moyenne de 15 €/tonne de 2018 prévue par le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. La nouvelle taxe mondiale sur les transports (GTT) fait grimper le prix des billets d’avion et du fret maritime, augmentant ainsi le niveau général des prix au fur et à mesure que la nouvelle taxe se répercute sur les consommateurs.

En octobre 2016, l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté une résolution en vue de la mise en place d’une mesure fondée sur le marché mondial pour réduire les émissions de carbone provenant du secteur de l’aviation. En avril 2018, l’Organisation maritime internationale a annoncé un objectif de réduction de 50 % des émissions de carbone en mer d’ici 2050. Alors que des signaux d’alarme retentissent partout au sujet du changement climatique, les politiciens font appliquer la taxe GTT par le biais d’une mesure radicale qui contourne les systèmes volontaires d’échange de droits d’émission de carbone et les initiatives de l’industrie afin d’agir plus rapidement.

Les États-Unis et la Chine avaient déjà contesté les taxes sur les carburants appliquées à l’aviation, citant la Convention de Chicago de 1944 relative à l’aviation civile internationale, mais la Chine change de position et s’engage naturellement dans sa lutte contre la pollution. Cela oblige les États-Unis à se rallier, à contrecœur, à une taxe mondiale sur les transports aériens et maritimes.

Les actions des secteurs du tourisme, du transport aérien et du transport maritime plongent dans une incertitude accrue et une croissance plus faible.

Le FMI et la Banque mondiale annoncent leur intention de cesser de mesurer le PIB et de plutôt se concentrer sur la productivité

Le long règne du produit intérieur brut comme principal indicateur du progrès économique touchera à sa fin en 2019. Lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, les économistes en chef Pinelopi Goldberg et Gita Gopinath ont annoncé leur intention d’arrêter de mesurer le PIB. Ils soutiennent que le PIB n’a pas réussi à saisir l’impact réel des services technologiques à faible coût et n’a pas été en mesure de tenir compte des questions environnementales, comme en témoignent les effets terribles de la pollution sur la santé humaine et sur l’environnement en Inde et ailleurs dans le monde.

En effet, le fétichisme autour du PIB favorise généralement des politiques économiques qui ne tiennent pas compte des conséquences sur l’ensemble du cycle des dommages causés aux ressources environnementales et au capital humain. Au lieu d’utiliser le PIB, le FMI et la Banque mondiale proposent de se concentrer sur la productivité, qui permet de mieux évaluer l’évolution de la capacité de production d’une économie au fil du temps. Comme l’avait écrit Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d’économie en 1994 : « la productivité n’est pas tout, mais sur le long terme, elle est presque tout. »

La productivité est certainement l’un des termes les plus populaires, mais aussi l’un des moins bien compris en économie. Pour simplifier, il s’agit de la production par heure travaillée. Mais en réalité, la productivité est une notion bien plus complexe. En fait, elle peut être considérée comme le facteur le plus déterminant du niveau de vie au fil du temps.

Si un pays cherche à améliorer le bonheur et la santé de ses citoyens, il doit produire davantage par travailleur qu’il ne le faisait auparavant. Depuis la révolution industrielle qui a commencé au XVIIIe siècle, l’augmentation de la productivité a été le principal moteur de l’augmentation du PIB par habitant et, en fin de compte, de l’amélioration de notre niveau de vie. Cette décision sans précédent du FMI et de la Banque mondiale symbolise également la fin de l’ère dominée par les banques centrales, qui a été associée à l’effondrement de la productivité mondiale depuis la crise financière mondiale.

En savoir plus sur https://newsroom.saxobanque.fr/actualites/les-previsions-choc-2019-de-saxo-bank-bd4c-b2248.html#1dECkBjuw9IP3vEJ.99

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Mardi 4 Décembre 2018
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