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Jeudi 19 Novembre 2020

Le retour des flux


Lettre du 20 novembre 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Cette semaine, Bank of America Global Research a annoncé que les souscriptions nettes mondiales des fonds actions ont atteint le record historique de plus de 44 Mds$. Ce chiffre considérable confirme que la confiance est bien là, malgré une situation sanitaire toujours très difficile en Europe et aux USA. Il nous annonce des perspectives particulièrement favorables pour l’année prochaine.
Au même moment, l’Institute of International Finance a annoncé que la dette mondiale va atteindre le montant astronomique de 277 00 Mds$ à la fin de cette année, soit 365% du PIB…Comme on ne prête qu’aux riches, ce ratio atteint 432% pour les pays développés. Le passage de la « macro-liquidité », celle qui correspond à la dette, à la micro-liquidité, celle qui irrigue les marchés financiers, est toujours un exercice difficile. Il n’est pas si complexe à faire, dans la mesure où l’on imagine une dérive permanente de la dette, comme nous le vivons depuis des décennies et plus particulièrement depuis le début de cette année.
En effet, en 2020, la dette mondiale a déjà augmenté de 15 000 Mds$ d’après l’IIF. Face à de tels montants, la souscription nette aux fonds actions de 44 Mds$ semble dérisoire. La transformation de la hausse de la dette en hausse des souscriptions aux fonds d’actions, et en hausse du cours des actions, constitue le phénomène majeur de l’année 2021. C’est la base d’un scénario très haussier, et qui le sera d’autant plus que l’épidémie perdurera tout au long du premier semestre.
Dans ce schéma, il importe que la dette ne soit pas remboursée. Et, effectivement, elle ne le sera pas. Évidemment, les banquiers centraux, devenus les principaux créanciers des Etats, ne le diront jamais. Mme Lagarde, dans une audition auprès des parlementaires européens hier, a rappelé « qu’il est hors de question d’annuler la dette des États rachetée par la BCE car c’est contraire aux traités ». On sait que le problème de la dette n’est plus le taux d’intérêt, c’est même devenu un attrait pour certains Etats qui émettent à taux négatifs. Le problème de la dette, c’est son remboursement, qui est d’autant plus lourd à assumer que le contexte général est à la déflation. Mais, ce que Mme Lagarde n’a pas dit, c’est que les débiteurs trouveront toujours une contrepartie pour leur offrir un crédit nouveau pour rembourser le précédent.
La hausse permanente de la dette, en valeur absolue et surtout en % du PIB, a finalement le même effet qu’un effacement de dette, puisqu’elle permet toujours d’augmenter les moyens financiers disponibles dans le système. Le débiteur « a une bonne signature », puisqu’il ne fait pas défaut : la confiance est préservée. C’est le maintien de cette confiance qui explique la hausse des souscriptions dans les fonds actions. C’est elle qui permet aux investisseurs d’accepter une réduction de la rentabilité exigée sur les actifs risqués. De plus, la nature du risque lui-même a évolué, puisque la hausse de l’endettement a aussi pour contrepartie, le soutien indéfectible apporté par les États aux entreprises. La hausse de la dette publique mondiale, contrepartie des plans de soutien, induit finalement aussi la baisse du risque de défaut des entreprises actuellement, mais aussi dans le futur. Cela peut paraitre très paradoxal, mais c’est comme cela que l’on peut lever le paradoxe de la hausse importante du cours des actions en 2021, malgré une hausse phénoménale de la dette. C’est un des miracles de l’hyper liquidité, qui transforme la dette en capitalisation boursière. Normalement, au niveau microéconomique, c’est l’effet de levier financier qui permet la hausse de la capitalisation boursière : l’endettement à taux inférieur à la rentabilité d’exploitation, permet d’augmenter fortement les investissements, et au total d’accroitre la rentabilité des fonds propres et leur valorisation par le marché. Le phénomène actuel est différent, puisque c’est la certitude du soutien public à la croissance économique mais aussi directement aux entreprises pour leur éviter la faillite, qui est à l’origine d’une baisse de la prime de risque, et donc de la valeur et du prix des actions.
L’évaporation des risques majeurs des trois dernières années (TRUMP, Brexit et Coronavirus) associée à ce phénomène d’hyperliquidité dessine un paysage particulièrement favorable aux actions pour l’année prochaine.


Investisseurs : Nous attendons une poursuite de la consolidation pour revenir sur les actions ; aujourd’hui nous sous-pondérons les actions au minimum pour un CAC 40 supérieur à 5134.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux souverains ont baissé de 10 pb environ aux USA et en France ; ils demeurent à des niveaux très bas en Europe. Le taux de change de l’€ est en hausse de 1%, autour de 1,18$.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole est ferme, comme celui du cuivre.

Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
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