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Le retour des ONG ?


On disait depuis quelques années que la pression des ONG n’était plus ce qu’elle était, que les organisations internationales étaient plus puissantes pour réguler la mondialisation, qu’elles se vendaient au plus offrant quand elles ne s’opposaient pas à tout ! Les ONG avaient fait vaciller le capitalisme dans les années 90 mais la finance avait repris le dessus, en dépit des crises et depuis que la RSE est entrée dans un cadre normatif et quasi-légal, les ONG ne semblaient plus jouer autant la mouche du coche.



Patrick d’Humières
Patrick d’Humières
Plusieurs événements montrent que les ONG retrouvent aujourd’hui cette dynamique critique et dérangeante qui empêche le système de tourner en rond : récemment, ce sont de grandes banques françaises qui doivent renoncer à financer des mines australiennes ; ce furent les ONG qui ont contribué activement avec l’appui de l’OIT à imposer la réparation de l’accident du Rana Plaza et un mode de contrôle. En France, le CCFD, Sherpa, ont obtenu des élus une loi sur le devoir de vigilance qui n’avait pas beaucoup de chances au départ. A Bruxelles, les ONG pèsent fortement, qu’il s’agisse de Finance Watch ou de Corporate Justice. Il faut dire que l’opinion les appuie de plus en plus, ayant perdu confiance dans les pouvoirs économiques et politiques que chaque jour des scandales viennent décrédibiliser. Si les entreprises sont plus nombreuses et plus sérieuses dans leurs démarches de responsabilité, il faut dire que les impacts climatiques, les enjeux de corruption, les défis de la précarité et les angoisses sanitaires ne diminuent pas. Les entreprises sont obsédées par leur mutation plus que par leur intégration. Les dirigeants abordent à la marge les questions sociétales, par peur de leur image plus que par volonté de changer les règles. Il y a une course de vitesse entre l’emballement du business et la maîtrise attendue des risques sociaux, environnementaux et de gouvernance que les ONG soulignent, parfois exagérément, souvent judicieusement.

Une conclusion s’impose : les entreprises ne doivent pas craindre les ONG et devraient les écouter plus, parler plus, collaborer plus car ce sont des « vigies », certes engagées mais toujours porteuses de messages forts et de problèmes à l’œuvre qui nous préoccupent tous. Faut-il redire que le dialogue parties prenantes est le point de départ de toute démarche RSE sérieuse, qui s’attache à identifier les enjeux pertinents. Et que les ONG sont au cœur de ce public sociétal, car le plus pertinent, le plus exigeant. Et qu’il faut donc les comprendre, certes, mais aussi oser passer des accords et établir des compromis factuels. Le retour des ONG devrait ouvrir le temps des accords et de la négociation. Notre conviction est que la création de valeur partagée, qui consiste à répondre aux attentes non satisfaites de la société, permettant à l’entreprise de se développer également, doit déboucher sur « de la création de valeur négociée », c’est à dire de la création de valeur obtenue par accord entre parties pour développer des stratégies sociétales que l’entreprise ne saurait pas faire seule. C’est le modèle ouvert par Danone et la Grameen Bank, et Lafarge avec le WWF. Plutôt que de craindre et de repousser les mises en cause des ONG, sachons plutôt solliciter leur expertise pour résoudre des enjeux de société que l’entreprise ne peut affronter seule. L’entreprise n’a pas d’adversaire : elle n’a que des services à apporter et des réponses à trouver, dans l’intérêt de la société.

Patrick d’Humières
www.institutrse.com

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Vendredi 17 Avril 2015
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