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Le paradoxe de l’€


Lettre hebdo du 19 juin 2015.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Au moment où la tragédie grecque vire totalement au ridicule, nous vivons une hausse paradoxale du cours de l’ €. Notre monnaie a ainsi frôlé 1,14 contre $ hier, au moment où Mme Lagarde a déclaré que les protagonistes de la négociation sur la dette grecque devaient se comporter en « adultes ». La « Troïka » se fissure, M. Tsipras dit que les Européens veulent l’humilier, le Premier Ministre finlandais a affirmé qu’il fallait « un miracle » pour parvenir à une solution. Pendant ce temps, les comptes bancaires se vident en Grèce, et la BCE a de nouveau augmenté la ligne de liquidité d’urgence aux banques grecques.

Mais pourquoi l’€ monte-t-il dans ce contexte ?

Le premier élément de réponse réside dans le fait que le problème grec ne concerne pas directement et à court terme les marchés financiers et les porteurs privés d’obligations grecques

Le taux de détention par les investisseurs privés de la dette grecque est devenu très bas, et ne constitue pas un enjeu pour les marchés financiers.
D’ailleurs, le non-paiement au FMI de l’échéance du 30 juin ne constituerait pas un évènement de crédit capable d’enclencher les CDS, ces assurances privées contre le défaut d’un émetteur d’obligations. Le non-remboursement des 20 milliards d’obligations grecques détenues par la BCE dans le cadre du SMP pourrait ne pas être considéré non plus comme un évènement déclenchant les CDS car la BCE est une institution publique. Donc, de prime abord, les marchés financiers ne devraient pas être impactés par un défaut de paiement de la Grèce : ce sont les créanciers publics qui le seront. C’est un élément qui permet de comprendre pourquoi l’€ s’est apprécié.

Le second élément est plutôt politique

Un défaut de la Grèce et son exclusion de la zone €, dans le chaos et la souffrance, aurait le mérite de servir « d’exemple » aux autres pays de la zone qui imagineraient se comporter comme le gouvernement Tsipras. L’exclusion de la Grèce signifierait que la ligne « dure », la ligne allemande, l’a emporté au sein de l’Europe. Pour éponger les pertes associées au défaut grec, les Européens travailleront encore plus dur, dans la rigueur monétaire germanique. L ’Europe, du point de vue des marchés financiers, deviendrait clairement allemande, et l’€ se comporterait comme le Deutsche Mark… C’est une interprétation de la hausse actuelle de l’€ malgré la forte dégradation du dossier grec...

Le troisième élément vient de l’autre côté de l’Atlantique : une parité de change s’établit avec deux pays, pas un seul

La réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine, tenue cette semaine, a entériné une baisse des anticipations de croissance pour l’économie américaine en 2015 (1.8%-2% contre 2.3-2.7%). Cela a pesé sur les anticipations de relèvement des taux, dont néanmoins le principe semble bien acquis pour 2015. Le cours du dollar a donc été sous pression…
Au-delà du désolant drame grec dont on aurait aimé qu’il se tienne à huis clos, la semaine a été marquée par d’autres actualités politiques défavorables en ce qui concerne la Russie : dans le cadre de l’affaire Youkos, les comptes bancaires du gouvernement russe en Belgique et en France ont été gelés, et par ailleurs le Russie a annoncé le déploiement de 40 nouveaux missiles nucléaires balistiques intercontinentaux, au grand dam de l’OTAN qui a vigoureusement protesté. M. Tsipras a passé deux jours cette semaine à Saint Pétersbourg et a notamment rencontré M. Poutine, pour la deuxième fois en deux mois. L’inquiétante hypothèse d’un axe Moscou-Athènes fait son retour. Quelle que soit l’issue, tout le monde sait que la Grèce est insolvable. La panique bancaire, le « bank run », est en cours. Ce cauchemar monétaire et politique est en partie associé à la médiatisation des négociations.

Il faut que tout cela cesse et que les politiques prennent enfin leurs responsabilités.

Investisseurs : La baisse des cours de cette semaine nous amène, dans le cadre de notre méthodologie par scénario, à recommander la neutralité sur les allocations d’actions, pour la première fois depuis 4 mois.

Spéculateurs : La volatilité est de retour sur les indices mais ils peinent à se reprendre. 4860 points est la résistance à franchir pour accélérer à la hausse.

Tendances sur les taux et les devises : Les taux souverains ont légèrement baissé. L’€ a repris près de 2% contre le $
Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a baissé de quelques $


Eric Galiègue
VALQUANT

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