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Le dénouement du Brexit approche


Par Stijn Decock , Chef Economiste Benelux chez Candriam.



Le 11 décembre est attendu avec appréhension par de nombreux Britanniques et Européens. C’est le jour où la Chambre des communes se prononcera sur l’accord de retrait (Withdrawal Agreement) que le Premier ministre Theresa May a négocié avec l'Union européenne. A l'heure à laquelle nous écrivons ces lignes, il est toujours hautement incertain qu’elle obtienne la majorité au Parlement.

Cet accord de divorce satisfait les principales exigences des deux parties et évite les points d'achoppement. Pour l'Union européenne, il s'agissait de préserver les conditions d’une concurrence équitable de sorte que les biens ne répondant pas aux exigences européennes ne puissent être importés dans l'Union via le Royaume-Uni. Il fallait également empêcher le rétablissement d’une frontière entre la République d’Irlande et l'Irlande du Nord, conformément à l'accord de paix conclu en 1998. Pour le Royaume-Uni, il était important de sortir effectivement de l'UE afin de retrouver le contrôle de ses frontières et notamment de maîtriser les entrées de personnes dans le pays. La mise en place d’une frontière dure entre l'Irlande du Nord et le Royaume-Uni était également exclue.

Techniquement, l'accord prévoit que le Royaume-Uni reste encore au moins deux ans dans l'union douanière et que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique. L’instauration immédiate de droits de douanes sera ainsi évitée, même si des contrôles aux frontières supplémentaires verront le jour. Cette situation perdurera jusqu’à ce qu'un accord commercial définitif soit conclu entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Entre-temps, le Royaume-Uni ne pourra conclure d'accord commercial avec des pays tiers et sera contraint de suivre les normes et la jurisprudence européennes sur les biens. Il n'aura pas non plus son mot à dire concernant ces normes.

Il est difficile de savoir ce que provoquerait un rejet de l’accord par le Parlement britannique le 11 décembre prochain. Dans ce cas toutefois, une sortie brutale (hard Brexit) le 29 mars 2019 ne pourrait être exclue. Bien que difficile à apprécier, les effets d’un hard Brexit seraient négatifs tant pour le Royaume-Uni que pour l’Union européenne. Le R.-U. serait alors considéré par l’Union européenne comme un pays tiers, sans aucune relation spéciale. Sur le plan des échanges commerciaux, il devrait se soumettre aux règles et droits de douane internationaux appliqués par l’OMC.

Un hard Brexit entraînerait donc une forte hausse des coûts à l’importation et à l’exportation au Royaume-Uni. À titre d’exemple, les droits de douane de l’OMC vont jusqu’à 37,4 % pour les produits laitiers. Par conséquent, les produits en provenance de l’UE deviendraient beaucoup plus onéreux pour le R.-U. – pour les ménages notamment – d’autant que la livre sterling se déprécierait. Outre ces droits de douane, la mise en place de contrôles supplémentaires aux frontières rendrait également plus difficiles les échanges commerciaux entre le R.-U. et le reste du continent et pousserait davantage les prix à la hausse. Mais les conséquences d’une sortie brutale pourraient s’avérer encore plus graves : si des législations d’exception ne sont pas rapidement adoptées, le transport aérien et la distribution d’électricité pourraient être menacés.

Un test de solidité du système bancaire réalisé par la Banque d’Angleterre retient un « scénario du pire » affichant une contraction de l’activité de 8 %, une baisse des prix immobiliers 30 % et une hausse du taux de chômage à 7,5 % (contre 4,1 % actuellement) ; les taux d’intérêt augmenteraient alors jusqu’à 6,5 %. L’accord de retrait obtenu par Theresa May causerait, lui, bien moins de dégâts. La banque d’Angleterre estime que les contrôles supplémentaires à la frontière y figurant retireraient au total 0,75 % à la croissance au cours des 5 prochaines années.

Dans ce contexte, la ratification de l’accord de retrait semble être la moins mauvaise option. L’annulation pure et simple du Brexit nécessiterait probablement la tenue d’un nouveau référendum et la chute du gouvernement actuel. Cela ne manquerait pas d’engendrer de nombreuses incertitudes et un renforcement de la polarisation au R.-U. Pour l’heure, il semble plus probable qu’une majorité du Parlement se prononce contre l’accord de retrait défendu par le Premier ministre. Après quelques ajustements et peut-être un vote supplémentaire, le bon sens devrait toutefois l’emporter et, en l’absence d’une meilleure alternative, l’accord devrait être ratifié.


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Lundi 10 Décembre 2018
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