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Le beurre, l'argent du beurre, le bisou de la crémière et son fonds de commerce !


J'ai été surpris à la lecture de l'article de l'Entreprise (1) et surtout par le tract (2) du collectif de défense des PME/TPE. Non que je considère comme illégitime de stigmatiser publiquement des banquiers dont les actions et réactions me surprennent tout autant que ces militants d'un genre nouveaux. Mais, au delà de ma solidarité naturelle avec les entreprises de taille modeste, je ne souscris pas à toutes ces revendications !



Rémy Mahoudeaux
Rémy Mahoudeaux
Mes quelques réflexions :

1) Je pense qu'une des cause de l'asphyxie de notre société réside dans la multitude et la diversité des corporatismes qui réclament, revendiquent, exigent et parfois obtiennent des avantages particuliers au détriment de l'intérêt général. Les PME/TPE sont-elles si différentes des autres entreprises qu'elles doivent individualiser leurs attentes ? Et chaque revendication ne devrait-elle pas être précédée d'une sincère et objective analyse du coût collectif vs. bénéfices particuliers ? Ce serait un filtre puissant que de mettre en œuvre cette auto-discipline !

2) Quand je lis « Création d'un pôle public de financement », je traduis banque nationalisée d'emblée, et l'état n'est pas toujours un actionnaire pertinent. Si je poursuis « qu'il est chapeauté par des chefs d'entreprise en activité » j'interjette objections (au pluriel), votre honneur ! Pourquoi une action de l'état, toujours lui, et pas une ou plusieurs initiatives privées ? Pourquoi l'état confierait-il la gouvernance d'une telle organisation et d'un tel pactole (fait d'argent public) à des entrepreneurs ? Et où sont les entrepreneurs en activité qui sauront dégager assez de temps pour une telle tâche sans que ce soit au détriment de leurs propres affaires ? Interrogeons nous plutôt sur les nouvelles formes que devraient revêtir les circuits qui partent de la collecte de l'épargne pour s'orienter vers le financement des entreprises, général ou spécifique.

3) Un consensus existe entre tous ceux qui ont un jour signé des chèques ou des ordres de virements pour les différentes caisses collectant les charges sociales : c'est trop compliqué, le coût est trop élevé. Mais la réduction et la simplification des charges sociales devrait s'envisager pour tous les employeurs, et pas qu'au profit des petites entreprises. Cette mutation doit s'accompagner d'une réduction des coûts des prestations sans que leur qualité n'en pâtisse, afin de ne pas écorner le « pacte social ». Vaste programme, mais peut-être faut-il simplement se poser la question de la place des PME dans les structures paritaires, ou alors « refonder » le paritarisme qui n'a pas su empêcher une telle dérive !

4) Sur le taux d'IS à 15% je ne peux qu'abonder, voire surenchérir – la fiscalisation des entreprises n'est qu'un leurre, un court-circuit démagogique puisque les entreprises répercutent dans leur activité le coût de cette fiscalité. In fine, les ménages paient l'addition, autant qu'ils le sachent et en connaissent les montants, et les entreprises ne votent pas. Ou plutôt, il arrive à certaines de voter avec les pieds, mais c'est une autre histoire ...

5) Je n'ai ni admiration ni dégoût a priori envers les liquidateurs judiciaires. Chargés de débarrasser le tissus économique des « accidents », ils sont indispensables comme les balayeurs et les éboueurs, les pompiers et les policiers, les médecins et les croques-mort. Je suppose que dans leur profession comme partout ailleurs le curseur éthique se déplace assez librement au gré des individus et des contextes. Mais dans une entreprise en cessation de paiement, il est normal que la direction et les actionnaires « faillis » soient dépossédés du pouvoir de décider au sein de l'entreprise, et puissent bénéficier d'une quelconque priorité par rapports aux autres créanciers (salariés – fournisseurs – caisses sociales - banques - état – etc …). La question de la valeur ne se pose pour eux que dans une liquidation volontaire où les actionnaires et la direction sont maîtres du choix du liquidateur. Si certains spéculent sur une cessation de paiement pour racheter à vil prix, et c'est normal, l'entreprise ainsi acquise est plus « cabossée » qu'avant le coup de tonnerre de la cessation de paiement. Enfin, si système mafieux il y a, c'est à la justice de séparer les brebis galeuses du reste du troupeau. Qu'elle s'en donne les moyens !

Bref, la crémière n'a qu'a bien se tenir : les prédateurs ont faim !

(1) lien : lentreprise.lexpress.fr/relation-banque-entreprise/une-patronne-de-pme-en-guerre-contre-les-banques_31998.html
(2) copie du tract


Le beurre, l'argent du beurre, le bisou de la crémière et son fonds de commerce !

Rémy Mahoudeaux
Managing Director, RemSyx
Mail : boss(at)remsyx(dot)com
 
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Bonne lecture !

Vendredi 25 Mai 2012
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