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La performance à long terme des actions


Lettre hebdo du 31 décembre 2015.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Depuis de nombreuses années, nous entretenons une base de données qui donne tout simplement la performance des actions françaises, en capital et en revenu (rendement du dividende). Ainsi, à partir des données de la Banque de France, de la Chambre des Agents de Change, et enfin d’Euronext, nous pouvons mettre à jour en ces derniers moments de l’année 2015 une séquence de performances annuelles qui remonte jusqu’en 1950…

Avec +12 %, rendement compris, 2015 a ainsi été une année « moyenne » sur la base des observations faites depuis 66 ans. Cette performance annuelle appelle plusieurs remarques :

Elle est attribuable en bonne partie au niveau de croissance des bénéfices par actions des sociétés de l’indice CAC 40. En effet, le BPA du CAC 40 tel qu’estimé à ce jour par le consensus Factset pour 2015 s’établit à 303,9, qui se compare à 282,4 en 2014 : la croissance des BPA 2015 est de 7,5 %, globalement en ligne avec la performance en capital du CAC 40 sur 2015 (+9,5 % au matin du 31 décembre). Si la performance « ex post » des indices et des entreprises est à long terme en ligne avec leur performance fondamentale, il apparait que la performance boursière se constitue avant tout sur des informations ex ante, qui correspondent à des anticipations. Ainsi, l’anticipation du BPA des entreprises du CAC 40 a été révisée en baisse d’une manière significative tout au long de l’année 2015 (- 8% précisément), comme d’ailleurs celle de 2014, ce qui explique pourquoi la croissance réalisée (telle qu’estimée aujourd’hui) des bénéfices demeure significative….L’essentiel est toujours de savoir ce qui « est dans les cours », ce que le marché anticipe…

La rentabilité annuelle de 12 % est exactement égale à la moyenne (12,5%) observée depuis 66 ans, et légèrement supérieure à la médiane (10,4%). Pourtant, comparer la performance 2015 avec une moyenne calculée sur une aussi longue période n’a pas grand sens. En effet, les moyennes de croissance en volume et en prix observée sur cette longue période n’ont absolument rien à voir avec les projections que l’on peut faire aujourd’hui pour évaluer les actions. A titre d’exemple, la moyenne observée sur cette période (1950-2015) du taux des emprunts de l’Etat français est de 7,2 % ! Si on mesure la performance de l’indice CAC 40 depuis sa création (début 1987, sur 28 ans), la performance totale (rendement compris) est de 9 % par an : cela signifie que la performance des actions entre 1950 et 1987 a été supérieure à 15 % par an. Cela démontre la baisse tendancielle du niveau de rentabilité réalisée par les actions, en accord avec l’érosion des taux de croissance nominale de l’économie : jamais, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la croissance nominale n’a été aussi faible dans le monde.

Les tendances actuelles remettent vraiment à l’honneur la notion de rendement. Il ne s’agit pas de reprendre ce terme un peu éculé, mais de bien comprendre que, aujourd’hui, le rendement du dividende constitue une partie importante de la rentabilité que l’on peut imaginer obtenir d’un investissement en actions. Ce rendement est passé de 1,5 % au début des années 2000, à 3,6 % aujourd’hui, alors que sur la même période le taux des obligations de l’Etat français passait de 5,5 % à moins de 1 %...Ainsi, le cours du CAC 40 qui intègre le rendement capitalisé depuis sa création vaudrait plus de 11 000 points ! La performance de l’indice CAC 40 sans le rendement (4700 points environ) est limitée à 5,7 % depuis la création de l’indice…

C’est un paradoxe majeur, au moment où la sphère financière semble dominer totalement la sphère réelle. Le rendement, que l’on peut considérer comme la part de la rentabilité qui vient directement de l’activité de l’entreprise, est bien le socle majeur de la performance boursière. Gageons que le rappel de cette évidence permettra au marché de retrouver sa véritable voie : refléter la performance des entreprises, gérer l’épargne et financer l’économie.

Que 2016 vous apporte santé, bonheur et prospérité.


Spéculateurs : même les confiseurs dépriment… Le Cac peine, mais peut toujours rejoindre 4750 points avant les difficultés réelles.

Investisseurs : Nous sous-pondérons au maximum les actions.

Tendances sur les taux et les devises : L’€ est stable à 1,09 pour un $.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole reste très faible et n’arrive pas à rebondir significativement.

Eric Galiègue
VALQUANT

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