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« La liberté ou la mort » (devise de la Grèce)


Lettre hebdo du 3 juillet 2015.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
On a cru que le dossier grec allait se refermer : c’est finalement ce que souhaite la plupart des investisseurs. Hélas, il ne faudrait pas prendre nos rêves pour des réalités… Le dossier grec va peut-être durer longtemps encore...

Rappelons d’abord que le dossier grec ne concerne plus directement les marchés financiers en ce sens que les porteurs d’actifs privés ont déjà tourné la page et « pris leur perte ». En mars 2012, les porteurs d’obligations grecques ont accepté de renoncer à 53 % de leurs créances, ce qui constitue une perte de 90 milliards d’€ environ. Depuis, la détention privée de la dette grecque est devenue marginale. Le défaut grec sur sa dette n’aura donc pas d’impact sur le marché des obligations. Du coté des actions, le marché a pris lui aussi ses pertes. La capitalisation boursière totale de l’indice FTSE Greece valait, en octobre 2007, 85 milliards d’€ ; en mars 2012 elle valait entre 5 et 10 milliards, comme aujourd’hui. La perte est donc de 75 milliards d’€ environ pour les actionnaires. Cela fait un total de 165 milliards de pertes assumées par le privé. Aujourd’hui, la Grèce est portée à bout de bras par le public. En effet, l’attelage BCE – Commission Européenne et FMI s’est substitué depuis 2010 au marché, qui a compris que la Grèce est insolvable, d’où l’acceptation de pertes importantes. La gestion publique du cas grec est aujourd’hui uniquement politique. Les protagonistes doivent sortir du dossier sans perdre la face. À ce stade, deux cas de figure sont possibles.

1/ Le peuple grec affirme sa volonté de vouloir rester au sein de l’Europe et de la zone €, en acceptant les conditions du plan proposé par ses créanciers (le « oui » l’emporte). Dans ce cas de figure, le pays entre dans l’incertitude politique puisque la majorité - sortie des urnes en janvier 2015 - est désavouée. Le gouvernement Tsipras démissionne, et de nouvelles élections législatives sont organisées. Un gouvernement de « techniciens » est mis en place pour gérer le quotidien, ce qui n’est pas une mince affaire, sauf si la BCE ouvre à nouveau la ligne de liquidité d’urgence. Le nouveau gouvernement issu des urnes engage de nouvelles discussions avec les créanciers publics de la Grèce, avant que le FMI ne déclare officiellement la Grèce en défaut de paiement (au terme d’une période de 30 jours de « retard de paiement »). Un accord devrait finalement être trouvé : l’Europe devrait continuer de financer à fonds perdu un pays insolvable. Le problème reste posé.

2/ Le peuple grec refuse le plan proposé par ses créanciers. Le gouvernement Tsipras revient à la table des négociations avec l’objectif de trouver un accord « dans les 48 H » (avant mardi 7 juillet au soir…), en brandissant la devise de la Grèce « la liberté ou la mort ». La liberté de faire défaut sur sa dette en €, en restant dans la zone monétaire avec le soutien confirmé des Européens, ou la liberté de faire défaut dans une autre monnaie, la Drachme, et de sortir de la zone € et probablement de l’Europe… L’attitude de l‘Allemagne est déterminante, mais le dilemme est bien connu. Si l’Europe accepte de « réduire la peine » de la Grèce, pourquoi ne le ferait-elle pas pour d’autres pays, au premier rang desquels le Portugal ?
C’est pour cela que, selon nous, la solution appliquée à la Grèce doit résulter d’une démarche codifiée et systématique, qui s’inspirerait des préconisations du « Think Tank » « Bruegel » (mutualisation de toutes les dettes des pays de la zone € à hauteur de 60 % du PIB, notamment). Les « sherpas » de Bruxelles doivent trouver vite le bon montage qui permettra, avec l’aide évidemment de la BCE, de trouver la solution de financement qui s’appliquera à la Grèce, mais aussi aux autres pays. Espérons que ce plan ambitieux soit déjà dans les cartons car il permettrait à tous les acteurs de la tragédie grecque de sortir la tête haute de la crise actuelle. Mais c’est probablement un vœu pieux…

Investisseurs : La baisse des cours nous amène à proposer la neutralité sur les actions : nous sommes donc investis « normalement » sur les actions.

Spéculateurs : Après l’échec du rebond de la semaine dernière, les probabilités sont en faveur d’une glissade vers 4570 points.

Tendances sur les taux et les devises : Le taux de l’OAT France a atteint 1,3 % hier.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole est stable cette semaine, mais divergent entre le Brent et le WTI

Eric Galiègue
VALQUANT

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Monday, July 6th 2015
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