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L’incroyable résistance des actions …

Lettre du vendredi 11 février 2022 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.


Eric Galiègue
Eric Galiègue
Voilà 6 mois que nous considérons que la résilience des actions est impressionnante. Il est vrai que ce que l’on appelle « le marché » nous donne tort. Ce n’est pas la première fois, mais il faut remonter aux épisodes de 1999-2000, 2005-2007, voire 1987 et 1989 pour retrouver une situation comparable.
Même si le marché des actions continue à rester accroché à ses plus hauts historiques, nous voulons à nouveau expliquer pourquoi nous continuons à prôner la prudence, pourquoi nous pensons qu’il faut prendre des mesures de protection des portefeuilles.

La bienveillance des investisseurs face à des évolutions qui aujourd’hui crèvent les yeux, tourne à la stupidité. La publication du chiffre de l’inflation Outre Atlantique hier (+7,5% pour le CPI, +6% pour le Core Index), associée à la baisse importante des inscriptions au chômage démontre que le ver est dans le fruit. Les USA sont bien confrontés à un vrai problème d’inflation. Et, malgré l’évidence, la Fed continue à acheter chaque jour des obligations, comme la BCE. Et, pendant la première partie de la journée boursière d’hier à Wall Street, les investisseurs ont considéré que la hausse de l’inflation était une bonne nouvelle…, puisque l’inflation va baisser en seconde partie d’année.

Un tel optimisme devient ridicule. Certes, symétriquement, les entreprises délivrent des chiffres extraordinaires sur l’exercice 2021. On l’a vu cette semaine, avec la publication des mastodontes du CAC 40, qui ont suivi celle du leader LVMH, dont les prévisions de bénéfices 2022 et 2023 ont été révisées en hausse de …plus de 10% !

Ce feu d’artifice des bénéfices de TotalEnergies, Société Générale, BNP Paribas et autres Crédit Agricole est arrivé à point nommé. Pourtant, s’il reflète l’agilité des entreprises et leur capacité à passer de l’enfer de 2020 au paradis de 2021, il faut aussi considérer que les anticipations de 2022 et 2023 ne sont pas acquises. La hausse des salaires et les pénuries persistantes d’intrants industriels pourrait mettre à mal les anticipations actuelles.

Rappelons-le, l’inflation n’est pas un problème en tant que tel, c’est la restriction monétaire associée à l’inflation qui pose un problème, et surtout l’incertitude qu’elle génère sur le futur des revenus et des charges des entreprises. Bien souvent, lorsque l’inflation progresse, les marges des entreprises régressent. Et il faudrait être décidément extrêmement optimiste, ou très insouciant, pour croire que les marges des entreprises ne sont faites que pour monter. Comme dans les épisodes précédents, et il faut remonter longtemps en arrière pour se les remémorer, il se trouve toujours des observateurs qui considèrent que la hausse des taux ne menace pas les actions. Au contraire, l’inflation qui fait monter les taux, favorise la hausse des chiffres d’affaires et des profits des entreprises. Ainsi, les cours peuvent progresser avec les taux. Cela est possible au sortir des récessions, et c’est effectivement ce qui se passe…avant les grandes corrections. En effet les phases de hausse conjointe des taux et du cours des actions durent habituellement 12 à 20 mois environ.

Nous sommes en train de vivre le troisième épisode en 25 ans. Et le cinquième en 35 ans. Les taux ont en effet progressé de concert avec le CAC 40 de janvier 1999 à février 2000 (taux : passage de 3,7% à 5,7% ; CAC 40 : + 33% sur la période), d’aout 2005 à juillet 2007 (taux : passage de 3,1% à 4,6% ; CAC 40 : +38% sur la période), et depuis novembre 2020 (taux : passage de -0,34% à 0,72% ; CAC 40 : + 29% sur la période). Il se trouve que le facteur commun à la hausse des taux et des cours des actions est bien sur la croissance économique, qui justifie la progression des rendements des obligations et favorisent la formation des bénéfices des entreprises.

Mais il arrive un moment où la hausse des cours des actions devient excessive, pour différentes raisons bien connues : mimétisme, avidité, euphorie des opérateurs de marché, et surtout inertie de tout le système. C’est lorsque la source de la liquidité se tarit, qu’alors la correction des marchés devient inévitable.

L’évidence du changement majeur de politique monétaire a été confirmée hier par James Bullard, un membre influent de la Fed qui a déclaré souhaiter un « supersized rate hike », soit 50 bp en mars et 100 bp d’ici juillet. La confrontation des vendeurs et des acheteurs sur le marché va être rude. Une correction des cours de 10% a minima nous semble nécessaire.


Investisseurs : Nous sommes sous pondérés au maximum pour un CAC 40 supérieur 5 919 points.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Le taux des obligations d’État a franchi 2% hier pour le 10 ans US. Les taux des obligations françaises a fortement progressé pour dépasser 0,7%. Le $ a baissé de 1% vs l‘€.

Tendances récentes sur les matières premières : Les cours du pétrole montent encore : ils s’installent au-dessus de 90 $ le baril.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


www.valquant.fr




Vendredi 11 Février 2022




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