Quotidien Fintech, levée de fonds, M&A
              


Lundi 21 Décembre 2020

L’exubérance irrationnelle de la Fed


Lettre du 18 décembre 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



La Banque Centrale des USA a tenu cette semaine son comité de politique monétaire. Cette réunion toujours très attendue a été l’occasion de présenter les nouvelles anticipations économiques. L’institut d’émission prévoit désormais une baisse de PIB limitée à -2,4% en 2020, un rebond de +4,2% en 2021 et une croissance de +3,2% en 2022. C’est une révision en hausse significative du scénario macroéconomique par rapport aux prévisions antérieures (2020 : –3,7% et 2021 : +4%). Elle nous stupéfait en ce sens que la baisse de PIB de 2020 est désormais en ligne avec les dernières récessions. Surtout, le rebond de 2021 est remarquable. Il permet au PIB de la première économique mondiale, de retrouver et dépasser son niveau d’avant crise dans les 6 prochains mois. Il en sera de même pour les bénéfices d’entreprises : le bénéfice annuel prospectif devrait retrouver son niveau d’avant Covid au cours du premier trimestre 2021. Enfin, le taux de croissance du PIB pour l’année 2022 atteint le chiffre élevé de +3,2%; cette croissance est superbe car elle ne correspond pas à un rattrapage.
Dans un contexte macro-économique aussi favorable, la Fed a pourtant confirmé sa posture « accommodante », pour ne pas dire totalement exubérante et irrationnelle en matière de politique monétaire. Elle a confirmé ses achats de 120 Mds$ par mois d’actifs financiers, qui sont financés, rappelons-le, par l’émission de nouvelle monnaie. La Fed a donc confirmé la création de nouveaux dollars équivalents à 10% du PIB en rythme annuel. La simple comparaison des chiffres est éloquente : l’économie américaine va galoper à plus de 4% (et plutôt 6% y compris l’inflation), alors que la création monétaire va atteindre 10%. La conjugaison de ces deux paramètres justifie amplement les performances de Wall Street, qui se retrouve au paradis. La Bourse américaine a le beurre et l’argent du beurre, le retour de la croissance et la surabondance de monnaie.
En creux, il faut rappeler que tant la dynamique de l’économie, que la surabondance de monnaie, est associée à la dépense publique. M. Powell lui-même ne cesse de demander la mise en place d’un nouveau plan de soutien de 900 milliards de $, soit plus de 7 mois de Quantitative Easing (à 120MDS$ /mois), et 6% du PIB. Ce n ‘est pas le moindre des paradoxes, que de voir le pays chantre du libéralisme et de la liberté d’entreprise, mettre en œuvre une politique de soutien public aussi massive et nécessaire pour les plus nécessiteux des citoyens américains. L’État fédéral a dépensé l’équivalent de 15% du PIB national pour obtenir une baisse finalement si limitée (-2,4%) de la création annuelle de richesse. Le déficit des comptes publics des USA devrait dépasser 15% du PIB cette année, soit un record depuis la seconde guerre mondiale, et le plus haut déficit des pays développés. Même sur ce plan, l’écart avec l’Europe devient vraiment considérable : le déficit des USA est bien plus profond que le déficit de la France, qui pourtant n’est pas le meilleur élève de la classe…Ainsi peut-on comprendre l’affaiblissement du dollar contre l’€. En ce sens, le marché des changes n’est pas dupe d’une croissance apparente qui est due à la dépense publique et à la création monétaire. Le mouvement de baisse du dollar est l’arme ultime (fatale ?) de ce pays qui veut demeurer quoiqu’il coute la première puissance mondiale, devant la Chine. A 1,225$ ce matin, l’€ vient de progresser de 2% contre le $, et d’un point de vue technique confirme le franchissement à la hausse d’une résistance majeure.
La voie semble donc royale pour Wall Street et Corporate America : une croissance forte, de 7,5% en deux ans, des taux d’intérêt très bas, des GAFAM conquérantes et championnes du numérique, et un dollar de combat qui va favoriser les profits des entreprises américaines et la hausse de leurs cours.

Investisseurs : Nous sommes normalement investis sur les actions pour un CAC 40 compris entre 5 228 et 5 630.

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux souverains à 10 ans sont stables, proches des plus bas en Europe, et autour de 0,9% aux USA.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole a encore progressé de 5%. Le prix du cuivre est au plus haut historique à près de 8 000$ la tonne.
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


www.valquant.fr





No Offer, Solicitation, Investment Advice, or Recommendations

This website is for informational purposes only and does not constitute an offer to sell, a solicitation to buy, or a recommendation for any security, nor does it constitute an offer to provide investment advisory or other services by FINYEAR.
No reference to any specific security constitutes a recommendation to buy, sell or hold that security or any other security.
Nothing on this website shall be considered a solicitation or offer to buy or sell any security, future, option or other financial instrument or to offer or provide any investment advice or service to any person in any jurisdiction.
Nothing contained on the website constitutes investment advice or offers any opinion with respect to the suitability of any security, and the views expressed on this website should not be taken as advice to buy, sell or hold any security. In preparing the information contained in this website, we have not taken into account the investment needs, objectives and financial circumstances of any particular investor.
This information has no regard to the specific investment objectives, financial situation and particular needs of any specific recipient of this information and investments discussed may not be suitable for all investors.
Any views expressed on this website by us were prepared based upon the information available to us at the time such views were written. Changed or additional information could cause such views to change.
All information is subject to possible correction. Information may quickly become unreliable for various reasons, including changes in market conditions or economic circumstances.





Finyear: latest news, derniers articles


Inscription à la newsletter

Flux RSS