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L’amnésique


Lettre du 19 juin 2020 par Eric Galiègue - VALQUANT.



Imaginons un investisseur amnésique qui découvre les conditions actuelles de marché. Tourné vers le futur, il prend connaissance des perspectives d’activité et de bénéfices des entreprises pour l’année prochaine et l’année suivante. Il s’enthousiasme de la croissance du PIB de la France : +5,9% en 2021, et + 1,8% en 2022 ! Voilà une belle économie en forte croissance…
Quant aux perspectives bénéficiaires des entreprises, sa surprise est encore plus grande : un fabuleux +43% en 2021, suivi par une belle hausse de +19% en 2022 !
Comme il gère un patrimoine diversifié, qui comporte naturellement des investissements obligataires, il consulte les taux et n’en revient pas : 0% pour les OAT France à 10 ans, et des taux d’obligations d’entreprises limités compris entre 1,5 et 2,5% seulement., alors que ses clients exigent une rentabilité « raisonnable » de 5 - 6% par an. Il consulte les dernières nouvelles, et apprend que les ventes au détail de mai sont en hausse de près de +18% aux USA, et que la BCE vient d’allouer 1 308 Mds€ aux banques européennes, soit 13% environ de PIB de la zone €. Croissance et liquidité réunies, notre amnésique se croit au paradis …

Son sang ne fait qu’un tour, et rapidement sa décision est prise : il achète massivement des actions françaises, dont les perspectives sont si attrayantes, et qui n’ont pas de concurrents dignes de ce nom parmi les autres classes d’actifs.

Voilà donc les arguments bien connus des investisseurs optimistes, qui achètent aujourd’hui les actions : la conjonction de la liquidité avec la reprise économique crée forcement les conditions de la hausse des cours. Il est inutile de chercher plus loin. Certains acteurs du marché se complaisent dans ces illusions d’optique, qu’ils utilisent et exploitent à l’envi. Elles sont le quotidien des marchés, qui n’ont d’yeux que pour ce qui se voit, et ont un biais optimiste naturel s’agissant d’actifs dont la valeur est fondée sur la génération de flux à long terme.

Les investisseurs connaissent bien le cycle des prévisions de bénéfices : dès le milieu de l’année, et surtout à partir du mois de septembre, les yeux se tournent résolument vers l’année suivante. L’année en cours n’a plus grand intérêt, et d’ailleurs la publication même des comptes n’a de sens que pour mieux valider la prévision qui est faite pour l’année suivante. Lorsque l’économie est en contraction, comme les bénéfices, l’effet de ce phénomène est maximal : on oublie la baisse des profits et on ne regarde que leur hausse, qui est forcément impressionnante. Elle l’est d’autant plus que la base de calcul a été fortement abaissée par la chute précédente. Ainsi, la séquence des bénéfices de 2020 à 2022 est la suivante : -41%, +43% et +19%. Il se trouve que le niveau de bénéfice basé à 100 en 2019, revient précisément à 100 en 2022, après donc prise en compte de ces trois variations, dont la somme est bien de +20%. Cette illusion d’optique est suffisante pour stimuler fortement les cours des actions.
C’est consternant mais c’est bien la réalité.

Dans un marché sans tendance, dans une économie sans croissance significative, il n’y a de hausse qu’à la suite d’une baisse. C’est en quelque sorte la baisse qui explique la hausse. C’est une interprétation économique et financière du principe d’Archimède : « Tout corps plongé dans un fluide reçoit vers le haut une force verticale, dont l'intensité est égale au poids du volume de fluide déplacé ».


Tendance sur les marchés de taux et de devises : Les taux ont très légèrement progressé cette semaine. Ils restent négatifs pour l’OAT 10 ans France, et très bas aux USA (0,7%). L’€ a baissé de -1,2% contre le dollar : il consolide sa forte hausse des 2 semaines précédentes.

Tendances récentes sur les matières premières : Les cours du pétrole ont monté de près de 10%, alors que le prix du cuivre est inchangé.

Investisseurs : Nous recommandons de sous-pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 4 904 et 5 100

Spéculateurs : La consolidation ne remet pas en cause la tendance haussière du Cac 40
Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'ACIFTE, association agrée par l' AMF
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
75 008 PARIS
01 42 93 23 68
06 82 84 78 61
eric.galiegue@valquant.fr


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Mardi 16 Juin 2020
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