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Krach de 2015 : le jour d'après…


Pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : après le FMI, la BCE et de nombreux instituts de conjoncture, la commission européenne a relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro et pour la France en 2015. Magnifique !



Marc Touati
Marc Touati
Seulement voilà, comme nous l'avons souvent démontré, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c'est lorsque tout le monde pense la même chose qu'il faut commencer à s'inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu'en 2007 et jusqu'au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l'économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009, accompagnée d'une forte inflation. C'est d'ailleurs en partie à cause de ce dynamisme annoncé que la BCE a augmenté ses taux directeurs fin 2007 et jusqu'en juillet 2008. Mieux, dans la plupart de ses rapports depuis 2006, la Commission européenne et le FMI ne cessaient d'encenser la réussite économique de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce !

A l'évidence, il aurait été difficile de faire pire. C'est pourtant ce qui s'est produit lorsqu'en 2011 ces institutions annonçaient le fort redémarrage de la croissance dans la zone euro, la BCE joignant même le geste à la parole, en remontant par deux fois son taux refi. Si le passé est mort et s'il ne sert pas à grand-chose de remuer le couteau dans une plaie toujours ouverte, ces erreurs consensuelles de prévisions rappellent néanmoins qu'il faut prendre les dernières annonces du FMI, de la BCE et de la Commission européenne avec beaucoup de précaution.

N'ayons pas peur d'aller jusqu'au bout du raisonnement : la révision haussière des prévisions de ces trois institutions ou encore l'affirmation de Monsieur Draghi selon laquelle il n'y aura absolument pas de bulle obligataire constituent d'excellents indicateurs avancés de ce qui va se produire, mais en sens inverse.

Les dernières données d'enquêtes, notamment des directeurs d'achat, de l'institut IFO, de l'INSEE, mais aussi de la Commission européenne (!), sont d'ailleurs formelles : les perspectives d'activité sont déjà à la baisse. Dès lors, après un premier trimestre 2015 de croissance appréciable, une nette décélération, voire une baisse, du PIB devrait se produire dans la zone euro et en particulier en France dès le deuxième trimestre.

Mais ce n'est pas tout, car si les investisseurs et le monde économico-financier dans son ensemble sont habitués à la mollesse économique de la zone euro, ils restent apeurés par le ralentissement qui se dessine aux Etats-Unis et en Chine. Dans ce cadre, et comme cela a déjà commencé depuis une dizaine de jours, les marchés financiers pourraient connaître de multiples tempêtes, préfigurant un krach qui se déclencherait d'ici l'automne prochain.

Au-delà de dégonfler les bulles obligataires et boursières qui se sont formées ces derniers mois, ce krach clôturerait un nouveau cycle de sept ans, comme cela s'observe depuis 1973 (cf. notre Economie & Stratégie du 13/04/15). Après le premier choc pétrolier de 1973 qui marquait la fin des « Trente glorieuses », le second choc pétrolier et la récession mondiale de 1980, le krach d'octobre 1987, le krach obligataire et l'effet Tequila de 1994, le 11 septembre 2001, et enfin la faillite de Lehman Brothers et la crise mondiale de 2008, le krach de 2015 pourrait ainsi constituer la septième crise, ou encore le « big one » tant redouté sur les marchés.

Car si un krach se produit cette année, la croissance mondiale s'effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D'où une question simple : que se passera-t-il le jour d'après ?

Dans une de ses recommandations de 2013, le FMI a déjà annoncé la couleur : taxer les dépôts bancaires et l'épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d'un certain seuil, par exemple 100 000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100 000 sur n'importe quel type de comptes bancaires se verraient ponctionner 10 % de leur « surplus ». Et ce « overnight », c'est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation.

Cela ramènerait par exemple plus de 700 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat français. A l'évidence, la tentation est forte. Et lorsqu'on entend certains hommes politiques ou économistes proches du gouvernement ou de certains partis politiques souligner à répétition que les Français sont riches, que leur patrimoine dépasse les 12 000 milliards d'euros, on comprend que cette mesure d'urgence est déjà dans les tuyaux et qu'elle se produira immanquablement lors de la prochaine grave crise.

D'où trois grands enseignements. Primo, la mise en pratique de ce bazooka ne pourra se faire qu'une fois. Elle engendrera effectivement un fort mouvement de fuite de capitaux vers des pays moins confiscatoires et finira par affaiblir les autres.

D'où notre secundo, à savoir : rien ne prouve que cette ponction permettra de relancer durablement la croissance et de réduire durablement les déficits publics. Bien au contraire, puisqu'elle pourrait aggraver encore la récession dans les pays ayant fait ce triste choix. Il s'agira donc d'un fusil à un coup particulièrement inefficace.

Tertio, mieux vaut prévenir que guérir. Autrement dit, pour ceux qui le peuvent, il serait plus prudent de limiter les dépôts sur comptes, sur livrets et sur tous types d'épargne à 100 000 euros, quitte à en multiplier le nombre. Nous sommes prévenus, il ne faudra pas se plaindre le jour d'après…


Marc Touati
Economiste.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).

www.acdefi.com


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Monday, May 11th 2015
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