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Fini de jouer ! Séparons banques d’affaires et banques de dépôts


Le procès Kerviel qui vient de se ré-ouvrir nous rappelle, opportunément, la longue série des pertes de trading subies par les banques ces dernières années. Parmi les plus spectaculaires : la Société Générale, justement, en janvier 2008 : 4,9 Milliards d’€ ; UBS, en septembre 2011 : 2 milliards de $ et le mois de mai dernier, JP Morgan Chase : 2 milliards de $ mais qui pourraient aller jusqu’à 5, la banque ne sait pas encore ; elle fait des vérifications. C’est quand même cocasse de ne pas savoir, à 3 milliards près, ce qu’on a dans sa caisse.



Alain Goetzmann
Alain Goetzmann
Alors quand nos grands banquiers nous jurent, la main sur le cœur, que la banque d’investissement leur est nécessaire et qu’elle est sous contrôle, on peut légitimement s’interroger. Qu’elle soit nécessaire à justifier leurs rémunérations pharaoniques, c’est certain ; à assouvir leur besoin d’adrénaline, c’est probable ; mais le service au client, sûrement pas.

Un brin d’histoire,

En 1933, après une crise économique et financière sans précédent, dans l’enthousiasme du New deal du Président Franklin D. Roosevelt, le Glass-Steagall Act décide de la séparation totale des activités de banques d’affaires de celles de banque de dépôt et de financement. Sage décision qui nous autorisera 66 années de calme et de confiance dans le système bancaire. Aux banques de dépôt la préservation des économies des déposants et le financement des entreprises, aux banques d’affaires les délices et frissons du trapèze volant sans filet. En 1999, dans la foulée du libertarisme incarné par Alan Greenspan, alors Président de la Réserve fédérale, Bill Clinton, pourtant un démocrate, abroge le fameux Glass-Steagall Act et ouvre la boîte de Pandore. Méga-fusions, introductions en bourse mythiques, les milliards valsent pour construire de formidables usines à gaz financières. L’imagination n’a plus de limites : les mathématiciens prennent le pouvoir dans les banques et créent des produits d’une complexité inouïe au point que même les financiers les plus aguerris ont du mal à les comprendre. C’est la fête dans la finance mondiale. Tout est permis, et la démesure devient telle que tout ce beau monde mettra moins de 8 ans pour faire sauter le système. C’est, en effet, au printemps 2007 qu’a démarré la crise des « sub-prime » et nous n’avons pas fini de la payer. Entretemps, bien sûr, de nombreuses banques ont fait faillite ; la plus grande compagnie mondiale d’assurance aussi. Les Etats ont du intervenir en catastrophe pour soutenir un système bancaire au bord de l’apocalypse.

Plus jamais ça !

Il faut donc en finir avec cette confusion des genres. Une banque n’est pas une entreprise comme une autre. Elle s’inscrit dans un système institutionnel au même titre que certaines des fonctions régaliennes de l’Etat et, quelque part, assume une mission de service public. Elle est dépositaire de la confiance de ses clients mais aussi du public et n’a donc pas le droit de solliciter leurs économies pour aller les jouer au casino.

Nos gouvernants doivent maintenant exiger que nos groupes bancaires organisent un « spin-off » et distribuent leur banque d’affaires à leurs actionnaires en l’inscrivant à la cote. Ceux-ci pourront alors choisir de conserver les actions ainsi reçues ou de s’en débarrasser. Mais ils sauront au-moins ce qu’elles représentent. Les clients, eux, pourront faire leur choix : un dépôt de père de famille, sans risque, dans une banque de dépôt ou un placement plus risqué et, éventuellement, plus rémunérateur, dans une banque d’affaires.

Que les banquiers ne viennent surtout pas nous expliquer que ces dispositions conduiront à une perte de valeur. Depuis 2007, la capitalisation des quatre plus grandes banques françaises a perdu plus de 80%. Alors, un peu plus, un peu moins, pour être tranquille, ce n’est plus le sujet.

Voilà une réforme pour laquelle nous n’avons pas besoin d’attendre un consensus communautaire. En l’appliquant, nous ne serions d’ailleurs pas en mauvaise compagnie. La nation européenne dont l’industrie financière est la plus active, la Grande Bretagne, a décidé de mettre en œuvre le rapport Vickers qui recommande justement la séparation des banques d’affaires des banques de dépôt.

 

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Jeudi 21 Juin 2012
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