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Lundi 6 Septembre 2021

Des actualités défavorables en août


Lettre du 3 septembre 2021 rédigée par Eric Galiègue - VALQUANT.



Eric Galiègue
Eric Galiègue
Depuis près de 10 ans nous avons mis en place un suivi systématique des actualités, classifiées en 2 grands thèmes (la sphère réelle et la sphère financière) et 5 chapitres : économie, entreprises, politique, monétaire et financier. Ce suivi permet de mettre à jour chaque semaine notre méthodologie d’allocation par scénario, en modifiant les probabilités de réalisation de chaque scénario selon la notation des actualités. Cette notation a été particulièrement négative depuis 3 semaines, puisque nous avons affecté la plus mauvaise note possible (-4) au cours des trois dernières semaines. Le cumul sur les trois dernières semaines est donc de -12, ce qui constitue la plus forte dégradation depuis 10 ans, à l’exception du choc du printemps 2020 lié au déclenchement de la crise sanitaire. Que s’est-il passé depuis le début la seconde semaine du mois d’Aout ? Plusieurs nouvelles nous ont alerté.

La première concerne la conjoncture économique. Il apparait clairement que la crise sanitaire n’est pas terminée, et que le « variant delta » est particulièrement insidieux. Le coup de frein conjoncturel associé au regain épidémique n’est pas anodin. Nous avons ainsi relevé le retournement de plusieurs indicateurs, et notamment cette semaine, l’inflexion négative du sentiment économique calculé par la Commission Européenne, et la chute de la Confiance du Consommateur aux USA. La baisse de cet indicateur avancé américain est probablement associée à la dégradation de la situation sanitaire Outre Atlantique et au retrait des forces américaines d’Afghanistan. En Chine, le ralentissement économique est désormais patent. Il est lui aussi causé en partie par la dégradation de la situation, sanitaire, mais reflète aussi un phénomène plus structurel et inquiétant. Les indices PMI officiels comme privés reflètent une contraction de l’activité, et elle fragilise encore plus la situation des entreprises en difficulté comme le groupe Evergrande.

La seconde concerne l’inflation. Certes, elle a eu tendance à se réduire tout en restant élevée aux USA, mais elle a été publiée à 3% dans la zone € par Eurostat, ce qui est très élevé. La nature transitoire du phénomène ne fait pas de doute et a été suffisamment décrite par les banques centrales. Pourtant, la hausse des prix, à la consommation ou à la production, pourrait avoir un impact négatif sur la formation des bénéfices des entreprises : si les hausses de prix à la production, qui correspondent en partie à des hausses de couts, ne sont pas répercutées dans les prix à la consommation, ils affecteront forcément les profits des entreprises. De ce point de vue, les révisions de bénéfice ont été particulièrement positives tout l’été. La publication de l’activité et des résultats du premier semestre a été exceptionnellement favorable. Au total, il apparait que les révisions, cumulées du BPA 2021 depuis le début de l’année ont dépassé 20% en Europe comme aux USA, ce qui constitue un record historique. Elles justifient aussi la hausse des cours cette année. Mais il semble que le phénomène doit s’arrêter en raison justement de l’impact du ralentissement évoqué dans le paragraphe précèdent, et des pénuries de certains intrants comme les composants. Plusieurs groupes automobiles dont Stellantis ont annoncé cette semaine des réductions de production pour cette raison, mais d’autres matériaux sont concernés.

La troisième raison est que la réduction des dispositifs monétaires des banques centrales se rapproche. Si Jerome Powell a été évasif pendant la conférence de Jackson Hole, la BCE en revanche devrait évoquer la réduction progressive du dispositif PEPP avant la fin de l’année. Les déclarations de certains membres du conseil des gouverneurs de la BCE vont dans ce sens. Ainsi, l’affaiblissement économique associé au variant delta pourrait affecter la conjoncture et éventuellement les profits des entreprises, mais ne remettrait pas en cause le principe de la réduction des dispositifs monétaires d’exception.
De plus, le début de la baisse du levier financier des investisseurs américains, et le signal négatif envoyé par les deux baisses quotidiennes de plus de 2% depuis la mi-juillet, sont des éléments techniques négatifs. Malgré de telles actualités défavorables, le cours des actions a progressé en août : une telle divergence explique pourquoi nous recommandons désormais de sous pondérer les actions.


Investisseurs : Nous proposons de sous pondérer les actions pour un CAC 40 compris entre 6 686 et 6 954

Tendance sur les marchés de taux et de devises : Le taux des obligations a légèrement monté en Europe et baissé aux USA.

Tendances récentes sur les matières premières : Le cours du pétrole Brent et du cuivre a marginalement baissé cette semaine.

Eric GALIEGUE
Analyste financier indépendant,

Président de VALQUANT EXPERTYSE SAS
Membre de l'AFITE
Enregistré à l' ORIAS sous le N° 11059738

7 rue Greffulhe
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